Mardi 9 mai 2006
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Atelier de Paul Cézanne
Après des études laborieuses à la faculté de droit d'Aix-en-Provence - qui portera son nom - Paul Cézanne entre à la banque paternelle. Ayant toujours rêvé d'être peintre, et suivant en parallèle des cours à l'école municipale de dessin, il abandonne son poste de banquier dès 1862 et s'installe à Paris où il retrouve son ami Emile Zola (1). Il y fait la connaissance de Pissaro, Guillaumin, Guillemet, mais ses oeuvres ne sont pas acceptées dans les Salons de la capitale. C'est en 1874 et 1877 qu'il expose enfin aux côtés des impressionnistes qu'il côtoie régulièrement. Traditionnellement rattaché au courant impressionniste, il se distingue cependant de ce groupe par l'importance qu'il accorde à la couleur et par la géométrie rigoureuse qui ordonne ses toiles. Paul Cézanne a amorcé d'une part le fauvisme, d'autre part le cubisme et le constructivisme. Portraits, natures mortes, paysages et baigneuses constituent ses principaux motifs. Ainsi, entre 1882 et 1887 il consacre une série à la montagne Sainte-Victoire (44 huiles et 43 aquarelles témoignent de l'attachement de Cézanne à
la Sainte-Victoire ...), qui reste son sujet de prédilection. Il s'éteint à Aix en 1906 ; dès 1907, le Salon d'Automne lui consacre une rétrospective posthume, présentant 56 de ses oeuvres.
(1) Emile Zola fera le compte-rendu de l'Exposition consacrée aux Peintres impressionnistes dans ses Notes Parisiennes du 19 avril 1877, et aura pour Cézanne les paroles suivantes :
« Je citerai ensuite M. Paul Cézanne, qui est à coup sûr le plus grand coloriste du groupe. Il y a de lui, à l'exposition, des paysages de Provence du plus beau caractère. Les toiles si fortes et si vécues de ce peintre peuvent faire sourire les bourgeois, elles n'en indiquent pas moins les éléments d'un très grand peintre. Le jour où M. Paul Cézanne se possédera tout entier, il produira des oeuvres tout à fait supérieures. «
Il faut dire que Zola et Cézanne ont grandi ensemble et ont été très liés, jusqu'à ce que Zola s'inspire de son ami pour le personnage de Claude Lantier, archétype du peintre raté dans son premier roman. Ce que Cézanne ne lui pardonna jamais.
La Ste Victoire
Mardi 9 mai 2006
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Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, est probablement né à Milan en 1571. Sa vie dissolue, riche en scandales, conserve encore aujourd'hui une réputation sulfureuse. Il grandit à Caravaggio avec sa famille, ce qui lui vaudra son nom d'artiste, avant de s'installer à Rome. Dès ses premières années dans la capitale, il se forge une réputation d'homme violent et querelleur, à la sexualité scandaleuse, fréquentant les bas-fonds et les tavernes. Il est souvent obligé de fuir les conséquences judiciaires de ses rixes et duels.
Vivant dans le dénuement, il copie des tableaux religieux, avant d'être remarqué par le Cardinal Del Monte, qui le met sous sa protection et l'héberge dans son palais. Grâce à cet influent mécène, il reçoit des commandes importantes, notamment pour le clergé. Bien que plusieurs de ses oeuvres soient refusées par leurs commanditaires, jugées trop vulgaires, voire scandaleuses, les commandes continuent à affluer. Toujours aussi bagarreur, il connaît plusieurs séjours en prison et à l'hôpital. Il peint une grande partie de ses tableaux les plus réputés à cette période.
En 1607, suite à une rixe, il tue en duel son adversaire. Il doit alors fuir et commence un long périple en Italie. Rattrapé par sa réputation, il est rapidement jeté en prison et ne doit son salut qu'à son évasion. N'ayant d'autre souhait que de rentrer à Rome, il cherche à obtenir la grâce du Pape. Apprenant que ce dernier serait disposé à la lui accorder, il s'embarque sur un bateau pour se rapprocher de la capitale. Mais, arrêté, il tombe malade en prison, et, relâché, se retrouve seul, perdu et fiévreux. La légende dit que, dépité, il erra sur la plage en plein soleil et finit par mourir dans des conditions mal élucidées.
(Tableau : Garçon à la Corbeille de fruits - Le Caravage)
Vendredi 21 avril 2006
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Aujourd'hui, je vous propose de découvrir Magritte.
La peinture de Magritte s'interroge sur sa propre nature, et sur l'action du peintre sur l'image. La peinture n'est jamais une représentation d'un objet réel, mais l'action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l'enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité. Magritte excelle dans la représentation des images mentales. Pour Magritte, la réalité visible doit être approchée de façon objectale. Il possède un talent décoratif qui se manifeste dans l'agencement géométrique de la représentation. L'élément essentiel chez Magritte, c'est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel. « L'art de la peinture ne peut vraiment se borner qu'à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. Pour lui, la réalité ne doit certainement pas être approchée sous l'angle du symbole.
Mon tableau préféré est celui-ci (the human condition) :
Vendredi 21 avril 2006
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Je vous en avais parlé dans un précédent article, voici un complément :
Picasso peignant "Guernica"
"Avec près de 250 œuvres issues de collections publiques et privées, le Musée Picasso restitue à travers l'exposition " Picasso-Dora Maar. 1935-1945." cette relation passionnelle et déchirante qui unit le peintre à la photographe. C'est l'occasion de découvrir l'influence qu'exerça cette femme sur les peintures de l'artiste durant leur idylle qui s'étend de
la Guerre d'Espagne à
la Libération. Or , il s'agit d'une décennie très importante dans la carrière de Picasso puisqu'elle marque un tournant dans sa vie et sa manière de peindre. En effet, à cette époque, il réalise ses grandes toiles comme "Guernica", "L'Aubade" ou "Le Charnier". En abordant cette relation amoureuse, cette exposition embarque le visiteur à l'intérieur même de la création artistique de ce maître du surréalisme. Construite de manière chronologique et thématique, elle met en lumière tant les transformations de l'art picassien que les grands événements marquant ce tournant du siècle.
Une rencontre sous le signe du surréalisme
Dora Maar, de son vrai nom Henriette Markovitch, est connue pour ses travaux de photographe de mode et de publicité ainsi que pour ses portraits mondains et ses photoreportages. Elle côtoie de nombreux artistes tels que Henri-Cartier Bresson, Man Ray ou encore André Breton et fréquente les mouvements d'extrême gauche. C'est en 1935 qu'elle fait la connaissance de Picasso. Leurs affinités avec les milieux surréalistes, une culture hispanique et les mêmes engagements politiques les rapprochent. Or, cette relation est une aubaine pour le peintre enclin à de nombreux doutes. Ce passage à vide le conduit vers la voie de l'écriture poétique tout en suivant toutefois les protocoles de création surréaliste. Sur les conseils de Dora, il renoue avec la vie artistique de l'avant-garde. Elle lui fait tout d'abord découvrir la photographie, avant de le ramener à ses premières amours, la peinture.
Dora à l'image d'une période sombre
La jeune femme joua un rôle important dans la création de l'artiste comme en attestent les nombreux portraits tels que "Femmes assises" ou "'Femmes au chapeau".
C'est une véritable muse pour Picasso. Il la peint de mémoire car la photographe ne posa jamais comme modèle. Ses œuvres sont le reflet des sentiments du peintre. Sa vie personnelle mais également les faits marquants de l'époque s'entremêlent. Les prémisses de la guerre constituent la toile de fond des œuvres de la période 1939-41 et dans ses portraits, la mort et la vie s'entrecroisent. Or, ces années marquées par la guerre civile espagnole, la guerre et l'occupation nazie sont des plus sombres. Des événements intimes ou historiques se superposent à sa création. Dans les représentations qu'il fait de sa dulcinée, elle apparaît très souvent en train de pleurer. Il s'agit des larmes du peintre et de celles de milliers de morts, de victimes et de femmes touchés par ces combats. Cette relation très fusionnelle a des conséquences également sur le travail de la photographe. Ainsi elle réalisa une série de photographies du peintre lors de la création de "Guernica" constituant un témoignage rarissime de l'exécution de la réalisation d'une œuvre. En montrant pour la première fois un artiste en train de créer, Dora Maar invente le "process de travail". Fascination, admiration et rivalité sont l'aboutissement d'une telle complicité qui se ressent dans leurs travaux. Cette attirance réciproque s'achèvera lors de leur rupture en 1943. "L'Histoire naturelle" symbolise la fin de cet amour passionnel. Dora y est représentée sous la forme d'une sphinge et Picasso en Minotaure.
Des centaines d'œuvres majeures du peintre mélangées à des toiles, des photographies et des documents inédits provenant du fonds Dora Maar reconstituent la chronique de cette tragique époque et de cet amour jusqu'alors très peu dévoilé au public. Le peintre s'est nourri de cette passion qui a su le transcender et le ramener vers la peinture."
A retrouver sur : Dora Maar, la sphinge larmoyante de Picasso,
Voir les oeuvres là.
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