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Courts récits (atelier d'écriture)

Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /2008 07:53

Consigne : logorallye à partir des 20 mots ci-dessous : Chat – logis – certitudes – ovaires – périple – légèreté – incohérence – nullipare – transparence – fidèle – assuétude – maniaque – fumée – balafre – carrefour – solstice – équivoque – masure – accointance – tendresse.
Dix mots minimum, au choix, devront être inclus dans votre texte. 
Pour ceux qui le souhaitent, nous proposons la contrainte supplémentaire suivante : commencer votre texte par un « démarreur » (J’ai oublié…, Je ne suis pas du genre à…, Je regrette de…, Je sais que…, Où ai-je lu que…, Je me demande si…).


Une âme libre

J’ai volontairement oublié d’être comme les autres, je ne suis pas un mouton de panurge. D’ailleurs, je n’aime pas les moutons.

Je suis plutôt une personne indépendante, qui n’a besoin de personne pour vivre. Un peu comme mon chat, finalement. Non pas que je me prélasse toute la journée sur le canapé, non, disons plutôt que je vis ma vie au gré des solstices et des saisons sans que jamais mon parcours n’ait d’incidence sur la rotation de la terre…. Comme ça, je suis sûre de ne faire du mal à personne. En résumé, je passe inaperçue, et me fonds dans le paysage à la manière d’un caméléon, dans la transparence la plus complète. Vous ne m’avez jamais remarquée ? C’est normal. En dehors de la balafre sur le bas-ventre due à une opération des ovaires,  opération qui a mis fin à tout espoir d’avoir un jour une progéniture digne de ce nom et qui m’a « rangée » aussitôt dans la catégorie des nullipares, je ne vois pas comment l’on pourrait deviner qui se cache sous le camouflage équivoque que j’arbore avec fierté lorsque je sors de mon logis. N’avez-vous donc jamais vu un sac à patate asexué qui se balade dans les rues grises et sombres de la ville ?

C’est triste, pensez-vous ? Non, pas du tout. C’est une autre philosophie, tout simplement. Au carrefour des vies, je ne fais que passer. Je ne m’arrête jamais. Ne m’attache jamais. Je préfère me protéger des sentiments qui partent bien souvent en fumée.  Ne croyez pas que je m’ennuie. Une âme ouverte à tous les temps ne peut s’ennuyer ; et j’ai ce recul que personne ne peut avoir. Ainsi, lorsque je vous croise,  je dissèque chacune de vos vies, laissant libre cours à mon imagination,  vous laissant à vos certitudes de ce qui est bien ou mal, à vos incohérences et autres accointances avec le diable, et parfois même je vais jusqu’à éplucher vos habitudes de maniaques au bord de la folie, à étudier vos périples et autres assuétudes qui vous permettent de palier aux difficultés de la vie et à votre absence de satisfaction. Cela provoque en moi un plaisir réel dont je retranscris sur papier avec tendresse le moindre détail croustillant lorsque je rentre dans ma masure. Je me sens au-dessus de vous et de la légèreté de votre existence. Pourquoi ? Tout simplement parce je prends le temps de vivre et de vous regarder vivre. J’écoute la nature et les bienfaits qu’elle peut nous apporter, peu importe si je suis à contre-sens en matière de mode ou à l’opposé des archétypes de notre bonne société de consommation, tout ça n’est que du vent, une tornade de bêtises qui vous enroule dans son engrenage pour mieux vous asphyxier et prendre vos âmes. Non, moi j’ai décidé de vivre. De vivre en harmonie avec moi-même. Et toute ma vie je resterai fidèle à cette philosophie. Parce que j’ai choisi d’être moi, tout simplement.



 

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 07:27
Consigne :

Ecrire un texte commençant par "Dehors, l'orage grondait et je n'imaginais pas encore que la porte s'ouvrirait s'y violemment" et se terminant par la phrase suivante : "Il est des jours et des lunes, des saisons et des années où la poussière efface l'entendement".

Bien entendu, il n’y a aucune contrainte de longueur ni de style. C’est un exercice qui fait appel à l’imagination, et qui entraînera chacun sur des chemins certainement très différents.

A vos plumes !


Dehors, l'orage grondait et je n'imaginais pas encore que la porte s'ouvrirait s'y violemment.  

La journée avait mal débuté. Un réveil grincheux, un café trop léger pris au milieu de la vaisselle de la veille, des nids de poussière dans une maison au désordre ahurissant, et aucun programme de prévu, en dehors d’un footing pour me déstresser malgré le temps peu engageant qui s’offrait à moi dehors.  

Sous les gouttes déjà inamicales qui me tombaient dessus, je courais... à en perdre le sens de la réalité, comme d’habitude. Au milieu du matelas des feuilles automnales, j’essayais avant tout de ne pas perdre mon souffle dans cette course contre moi-même. Une course contre la solitude. Un moment de flottement intense. Le seul moment où je me parlais. Mon cerveau et moi ne cessions de faire le point sur ma vie, au rythme de mes pas qui semblaient porter mon corps comme par automatisme. Mais les engrenages avaient besoin d’être huilés.... ça crissait sec... ! 

C’est à ce moment là que je l’ai vu. Il faut dire que je ne pouvais le rater : il s’est imposé devant moi, sorti de nulle part...  arrêtant ma course brusquement, et manquant de me faire trébucher. Je ressentis à ce moment-là une émotion dévastatrice me brûler la gorge, quelle peur ! Et pourtant il souriait, un sourire malicieux et avenant... et tenant une pancarte dans sa main droite, il m’enjoignit de la lire : « Faites un vœu et votre vie, de sa poussière, renaîtra ». Je me frottai les yeux. Encore un mauvais rêve. T’as trop abusé des antidépresseurs ces derniers temps, me répétais-je inlassablement. La solitude te joue des tours... J’ouvris les yeux à nouveau, et... plus personne. Il s’était volatilisé. Faut que t’ailles consulter, ma vieille, ça devient grave, me dis-je. La pluie commençait à forcir, les feuilles jaune orangé à virevolter autour de moi sous le vent de plus en plus insoutenable. Allez, rentre maintenant, t’en as assez vu pour aujourd’hui 

De retour à la maison, après une douche longue bien méritée, j’essayai de trouver une place sur le canapé recouvert de livres épars que j’avais dû laisser traîner la veille. J’en pris un, puis un autre, et comme d’habitude, les reposai immédiatement, lassée. J’allumai la télé, zappai de chaîne en chaîne, ne restant que deux minutes sur chacune d’entre elles, et finis par être happée par les sanglots. Dur constat. T’es seule, ma fille, ta maison est un capharnaüm, et la journée va être longue sous cette pluie... Rien, il n’y avait rien qui ne m’intéressait. Cette journée n’était que la suite logique des autres, et vautrée sur ce qui restait du canapé, j’entamai une longue descente vers l’immobilisme et le désespoir. C’est alors que j’ai repensé à cet être dans le parc. Arrête, ma vieille, tout ça ce sont des conneries de ton esprit, oublie vite ce que tu as vu...Et pourquoi ne pas faire ce vœu, finalement, je n’ai rien à perdre, et ça m’occupera deux minutes de ce temps interminable... 

OK, je fais le vœu de me retrouver ce soir à 19 heures en charmante compagnie.  Je me mis à rire de ma propre stupidité. Mais après tout, j’étais toute seule dans ce fouillis incommensurable, perdue, sans appétit, sans envie aucune, et finalement, sans que personne ne se moque de moi en me voyant faire ce vœu... Premier rire de la journée. Ca ne peut me faire que du bien 

Et la journée passa ainsi, de fauteuil en fauteuil, du canapé au tapis, tantôt assise par terre à gribouiller quelques mots sur un vulgaire papier, tantôt debout à regarder, pétrifiée et pantoise, toute la poussière et le bordel accumulé depuis plusieurs semaines. Aucun goût à rien. Et l’orage grondait dehors, me clouant davantage dans ma torpeur. 

Et puis 19 heures arrivèrent. Dans mes absences intemporelles de la journée, j’avais totalement oublié que j’avais fait une rencontre lors de mon footing qui allait bouleverser ma vie. C’est ainsi que dans un fracas absolument intempestif, la porte d’entrée s’ouvrit avec une violence inattendue. Et là, devant moi, se dressa un homme plutôt corpulent, plutôt dandy, au regard profond et au sourire ravageur, qui fit accélérer mes battements cardiaques jusqu’à m’amener à la limite de l’évanouissement.  

- Tu as fait un vœu ce matin, me voilà. Je suis la pièce qu’il manque à ta vie, et à partir de maintenant, je ne te quitterai plus....

Il se mit à claquer des doigts, et chaque meuble retrouva sa place, la vaisselle se rangea toute seule, la penderie retrouva des allures impeccables, les livres retournèrent sur leur étagère et la poussière disparut.  

Et c’est là que, dans un délire euphorique et telle une actrice de théâtre dans un mauvais rôle, je déclamai: « Il est des jours et des lunes, des saisons et des années où la poussière efface l'entendement ».

 

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /2008 07:12

Consigne d' Ecriture Créative :


Ecrivez un texte à partir des deux vers indiqués ci-dessous. Le premier doit être la première phrase de votre texte, et le second, doit être la dernière. Votre texte peut-être aussi bien écrit sous forme de poème (libre ou avec des rimes), ou de prose, mais ce doit être de la prose poétique

 

- 1er vers :  "Ami, cache ta vie et répands ton esprit." (Victor Hugo - A un poète - Recueil Les rayons et les ombres

 

- 2ème vers : "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent" (Baudelaire - Correspondances)

 


 

 


Le lit de la poésie

Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Ta source est inépuisable, laisse les gouttes d’encre se mêler au lit de cette rivière qui chemine dans les terres de ce monde extraordinaire qu’est la poésie.  A l’embouchure des mots, ton encre se fera vie. Tu rencontreras certainement des zones arides où la rivière s’asséchera et des torrents de mots où le courant rapide t’entrainera vers d’incontournables doutes dans un tracé sinueux au sein d’une vaste zone inondable. Les plantes et les algues parfois seront aussi de redoutables ennemies.  Et pire encore, la pollution multimédia aux substances nocives et nuisibles, te sera fatale. Mais peu importe, ami, continue de répandre ton esprit. Toujours et encore. Inlassablement. Intelligemment. L’encre qui coule trop peu aujourd’hui se transformera un jour en de bouillonnants remous qui feront de notre vie la plus belle des victoires.  La force de ton encre est ta force intérieure. Et elle imposera la dynamique d’une société que tu vois différemment. Parce que tu es celui qui regarde, qui analyse, tu as ce don exceptionnel de capter ce que les autres ne captent pas et de le retranscrire dans un langage universel. Et ton devoir est de leur ouvrir les yeux, avec les mots, avec ta sensibilité, sur tout ce monde qui nous entoure et qu’ils ignorent. Tu croies en la divagation incessante des mots dans la poésie. C’est ta richesse. Et tu sais nous l’offrir. Parce que tu sais au fond de toi que la poésie est une profonde rivière, où les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 07:12
Dans le cadre d'Ecriture Créative, la consigne était d'écrire une lettre folle.... Celle-ci est un peu d'actualité, mais très caricaturée !!! Ca fait du bien de rigoler un peu...



Entretien d'embûches


Mademoiselle,

Nous faisons suite à votre candidature du 12 septembre courant  sur note site internet et vous en remercions.

Nous serions très désireux de vous rencontrer le 19 septembre 2008 à 12 heures, au restaurant "Bienvenue chez les demandeurs d'emploi" (dans la petite salle du fond), Route des Candidatures Spontanées, à Jechercheunboulotdesespérémentquoique-sur-Isère pour un entretien approfondi de votre candidature.

En effet, votre profil de superwoman dynamique, et la photo qui vous met particulièrement en valeur, ont retenu toute notre attention et il nous serait très agréable de pouvoir confirmer notre ressenti en vous rencontrant physiquement. Sachez, Mademoiselle, que notre société, leader sur le marché européen des sous-vêtements affriolants dont la clientèle est essentiellement composée d’hommes d’affaires pressés et désespérés en quête de sous-vêtements coquins pour leurs maitresses, est très sensible à l’apparence de ses vendeuses, et la vôtre semble totalement convenir à nos exigences.  Vous serez, nous n’en doutons pas, avec vos atouts physiques exceptionnels, une excellente ambassadrice de charme pour une société prestigieuse comme la nôtre.

Nous vous rappelons toutefois nos exigences pour ce poste :

-          qualités d’accueil et de contact facile, parfois tactile, et une expérience d’au moins 5 ans dans une fonction et un contexte similaire,

-          Une poitrine généreuse serait un bon atout

-          La mise en valeur optimale de nos produits sur vous,

-          Etre passionné par l’univers de la nuit et de ses dessous (cachés...)

-          Savoir faire des démonstrations personnalisées de nos produits

-          Savoir maîtriser ses atouts charme et s’en servir à bon usage

-          Savoir fidéliser notre clientèle avec comme priorité, la qualité du service qui lui est apporté

-          Priorité des priorités : savoir satisfaire nos clients sans aucune limite afin de vous donner les moyens d’atteindre les résultats demandés. Une prime mensuelle au prorata du nombre de contacts tactiles par moi sera accordée.

Une dernière chose, n'oubliez pas votre petite jupette et vos talons aiguilles.... et préparez-vous d’ores et déjà à quelques tests pratiques sur place.  Ne mettez aucun sous-vêtement, nous nous chargerons de vous en amener.

Dans l'attente de vous rencontrer,

Cordialement,

Sté Atout Charme,

Le charme, autrement.


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