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Poétes espagnols

Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /2007 07:50

La poesía

Y fue a esa edad ... Llegó la poesía
a buscarme. No sé, no sé de dónde
salió, de invierno o río.
No sé cómo ni cuándo,
no, no eran voces, no eran
palabras, ni silencio,
pero desde una calle me llamaba,
desde las ramas de la noche,
de pronto entre los otros,
entre fuegos violentos
o regresando solo,
allí estaba sin rostro
y me tocaba.

Yo no sabía qué decir, mi boca
no sabía
nombrar,
mis ojos eran ciegos,
y algo golpeaba en mi alma,
fiebre o alas perdidas,
y me fui haciendo solo,
descifrando
aquella quemadura,
y escribí la primera línea vaga,
vaga, sin cuerpo, pura
tontería,
pura sabiduría
del que no sabe nada
y vi de pronto
el cielo
desgranado
y abierto,
planetas,
plantaciones palpitantes,
la sombra perforada,
acribillada
por flechas, fuego y flores,
la noche arrolladora, el universo.

Y yo, mínimo ser,
ebrio del gran vacío
constelado,
a semejanza, a imagen
del misterio,
me sentí parte pura
del abismo,
rodé con las estrellas,
mi corazón se desató en el viento.


La poesía

Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.


Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.


Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.


(Mémorial de l'île Noire, 1964)

 

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /2007 00:00

Rafael Alberti est né le 16 décembre 1902, " au cours d’un soir de tempête soudaine " (1) au Puerto de Santa Mar¡a, non loin de la baie de Cadix, où foisonnent les " vergers des bords du fleuve, port San Alejandro, étiers et marais salants (...) Tu resteras toujours dans mon souvenir pareille à une barque d’oillets, aux voiles de basilic, tanguant sur une mer de jasmins perdus " (2). Lorsqu’il part à Madrid, " cette cave à charbon ", Alberti se croit peintre. La mort de son père en 1920 lui fait alors troquer le pinceau pour la plume. Il se jette à corps perdu dans l’écriture, croise Machado, rencontre Jorge Guillén, Juan Ram¢n Jiménez, Vicente Aleixandre, José Bergam¡n, Federico Garc¡a Lorca. Ensemble, ils formeront la " Génération de 27 ", génération de poètes de l’entre-deux guerres liés par l’âge, une même soif d’écriture jamais inassouvie et une amitié profonde.

L’effervescence de la vie culturelle madrilène lui convient. Il publie son premier recueil de poème Marinero en tierra (" le Marin à terre ") qui lui vaudra le Prix national de littérature. Il a tout juste vingt-trois ans... Grand admirateur de Gongora, avec tous ceux de sa génération ils firent de son tricentenaire un manifeste de modernisme : scandale. Qu’importe ! Cette période qui court jusqu’à la guerre civile, Alberti la vit à cent à l’heure. Il écrit, la Amante (1926) Cal y Canto (" De chaux et de chants ", 1927), Sobre los angeles (" Sur les anges ", 1929).

Plutôt que " génération de 27 ", il préférait parler de " génération de la République ", " puisqu’elle s’était formée très librement ; très libérale, elle avait coïncidé avec la lutte contre le franquisme " (3). Jusqu’en 1930, le poète est à la recherche de lui-même. L’Espagne, ses écrivains sont soumis à la censure, ce qui n’exclut pas le bouillonnement littéraire. C’est alors que Rafael Alberti s’inscrit au Parti communiste espagnol. Un engagement suscité par l’envie de mettre son ouvre " au service du peuple et du prolétariat international ". En 1931, la création de l’Homme inhabité suscite une vive polémique : il y montre l’homme aux prises avec les forces du mal, dans une société hostile, mécanisée, hiérarchisée. Il définit son ouvre comme un autosacramental sans sacrement : la créature, au lieu du repentir de rigueur, crie sa haine contre le Créateur et nie le libre arbitre, qui n’est qu’apparence. La même année, il publie une pièce politique à thèse, Fermin Galan.

Beaucoup de ses écrits alors sont des ouvres de combats révolutionnaires : plaquettes de poésies, farces politiques. Lorsqu’éclate la guerre civile, en 1936, il prend une part ardente aux activités de l’Alliance des intellectuels anti-fascistes. Il compose une adaptation de la Numance, de Cervantès et s’attache à écrire les trois actes de un Momento a otro (" D’un moment à l’autre "), qui retrace sa propre histoire. Entretemps paraît, Verte y no verte (" Te voir et ne pas te voir ", 1936), chant mortuaire à son ami et torero Sanchez Mejias. En 1939, comme beaucoup de ses pairs, il est contraint à l’exil. Il demeurera vingt-quatre ans en Argentine, quinze années en Italie.

Pour cet homme qui avait la passion de son pays, de ses hommes et de ses femmes, de ces terres arides parsemées d’oliviers et de ces oasis de verdures où les effluves d’orangers embaumaient l’air, l’exil est douloureux. " Le malheur, c’est quand l’exil vous conduit hors de vos frontières, que nul ne sait quand il pourra revenir ni s’il pourra revenir. Quand vous quittez une guerre, après un million de morts, que le gouvernement vous interdit de revenir, quand passe dix ans, quinze ans, vingt ans, là vous éprouvez le sentiment du retour impossible (...) J’ai cru ne jamais pouvoir revenir en Espagne. " (3) Il est de ceux qui purent fouler à nouveau le sol de la terre d’Espagne. À la mort de Franco, en 1977. Il a alors soixante-quinze ans. L’Espagne ne l’a pas oublié et lui réserve un accueil extraordinaire, sublime.

Candidat au Parlement espagnol, il est élu député. De cette campagne pour son élection, il garde un souvenir amusé : " J’étais revenu pour être député du Parti communiste, encore que je n’ai rien d’un leader politique. Un leader poétique, oui... Enfin, j’ai fait une très jolie campagne en récitant des poèmes, des vers, etc. " Une fois élu, il démissionne quelques mois après : " Je cédais mon siège à un paysan de Cadix. Je revins à ce qui était ma vie. Je ne me voyais pas assis au Parlement, je suis trop remuant pour cela... Mais cette campagne me permit de renouer avec une Espagne populaire et l’Andalousie, où je ne suis pas un marin à terre. Je suis un marin près de la mer de Cadix. "

Poète, homme de lettres, il se voit remettre en 1983 le prix Cervantès, la plus haute distinction internationale de la littérature en langue castillane. En 1983, l’université de Toulouse le Mirail lui décerne le grade de docteur honoris causa. Ce fut un grand moment d’émotion. Lorsqu’il apparut, imposante carrure, longs cheveux blancs balayés par le vent, le silence se fit. Nous étions là, à boire ses paroles qu’il prononçait d’une belle voix chaude, profonde. Il n’hésitait pas à ponctuer ses phrases de traits d’humour dont il était friand. Nous l’écoutions quasi religieusement. L’instant d’après, les applaudissements et les cris de joie rompaient cet instant solennel, dans une franche hilarité. Pour son plus grand bonheur.

Article signé : Zoé Lin

(1) et (2) Dans la Futaie perdue, éditions Belfond.

(3) Dans un entretien accordé à Denis Fernandez-Recatala pour Révolution, paru le 17 février 1984.

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /2007 00:00

A las brigades internacionales


Venís desde muy lejos... Mas esta lejanía,

 

¿ qué es para vuestra sangre, que canta sin fronteras?

 

La necesaria muerte os nombra cada día,

 

no importa en qué ciudades, campos o carreteras.

 

 

De este país, del otro, del grande, del pequeño,

 

del que apenas si al mapa da un color devaído,

 

con las mismas raíces que tiene un mismo sueño,

 

sencillamente anónimos y hablando habéis venido.

 

 

No conocéis siquiera el color de los muros

 

que vuestro infranqueable compromiso amuralla.

 

La tierra que os entierra la defendéis, seguros,

 

a tiros con la muerte bestida de batalla.

 

 

Quedad, que así lo quieren los árboles, los llanos,

 

las mínimas particulas de la luz que reanima

 

un solo sentimiento que el mar sacude:

 

¡ Hermanos !

 

Madrid con vuestro nombre se agranda y se ilumina.

 

 

Aux Brigades Internationales (traduction)

 
 

Vous êtes venus de très loin... Pourtant, cette distance

 

Qu’est-elle pour votre sang, qui chante sans frontières ?

 

Nécessaire, la mort chaque jour vous appelle.

 

 

De ce pays, de l’autre, du grand, du petit,

 

De celui dont on devine à peine le ton pâle sur la carte,

 

Avec les racines communes d’un rêve commun,

 

Anonymes — rien d’autre — en parlant vous êtes venus.

 

 

Vous ne connaissez même pas la couleur de ces murs

 

Que votre parole donnée, infranchissable, fortifie.

 

Ce sol qui vous enterre, vous le défendez, fermes,

 

A coups de feu avec la mort en tenue de bataille.

 

 

Restez : ainsi l’exigent les arbres, les plaines,

 

Les minuscules feux de cette clarté qui ravive

 

Un unanime sentiment qui agite la mer :

 

Frères ! Madrid à votre nom grandit et s’illumine.

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 14:49
Voici une rubrique consacrée à la poésie espagnole.... et particulièrement au poètes de la "Génération 27" dont je ne me lasse pas.. J'y inclue Pablo Neruda, bien que né au Chili.
Je vous laisse découvrir certains de ces auteurs et quelques-uns de leurs textes. Certains seront traduits, d'autres non.



EN COURS DE REALISATION

Auteurs Biographie
Poésies
Rafael Alberti Biographie Aux brigades internationales /
Antonio Machado Biographie Tout passe et... Saeta /
Federico Garcia Lorca Biographie  Paso / La solea /
Jorge Guillén Biographie  Desnudo /
Juan Ramon Jiménez Biographie
Desnudos /
Vicente Aleixandre Biographie  Se querían /
José Bergam¡n Biographie


AGUA sólo es el mar; agua es el río /


Luis Cernuda Biographie Portrait de poète (A Ramon Gaya)
Pablo Neruda Biographie Poesía / El viento de la isla / Tu ne ressembles à personne /




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