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Biographies

Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /Juin /2007 07:27

Rimbaud.jpg "L'homme était grand, bien bâti, presque athlétique, au visage parfaitement ovale d'ange en exil, avec des cheveux châtain clair mal en ordre et des yeux d'un bleu pâle inquiétant"

Paul Verlaine : les Poètes Maudits

Poète français. Jean Nicolas Arthur Rimbaud, né à Charleville, a sept ans quand son père, capitaine d'armée abandonne sa famille de cinq enfants. A l'école et au collège, il est remarqué par sa très grande précocité et remporte tous les prix dont le concours général de composition latine sur le thème "Jugurtha". George Izambard, un de ses professeurs le guide sur la voie de la poésie dans laquelle le jeune Arthur Rimbaud qui voudrait devenir Parnassien s'oriente. Meurtri par la tragédie de la Commune, il fugue pour rejoindre Paris et devenir journaliste, mais il est rapidement ramené chez sa mère. Etouffant sous la coupe d'une mère autoritaire et atteint d'un besoin maladif de marcher, toujours plus et toujours plus loin, il commence une longue série de fugues.

Le jeune Arthur Rimbaud mène alors une vie de bohème à Paris. Dans son poème "L'orgie parisienne", il dénonce la lâcheté des vainqueurs après l'écrasement de la Commune. En 1871, de retour à Charleville, il écrit un "Projet de constitution communiste" qui ne nous est pas parvenu et devient encore plus sarcastique après la défaite contre les Prussiens. Arthur Rimbaud commence à rejeter la poésie des parnassiens, et, après avoir écrit "Le Bateau ivre", s'installe chez Paul Verlaine. Commence alors avec son mentor une vie de scandale et de vagabondage en Angleterre et en Belgique. Leur relation passionnée et tumultueuse se termine en 1873 quand, lors d'une dispute, Paul Verlaine blesse légèrement avec une balle de revolver, Arthur Rimbaud qui retourne à Charleville et écrit "Une saison en Enfer".

A vingt-quatre ans, Arthur Rimbaud abandonne le monde de la poésie et de la littérature pour celui de l'aventure comme remède à son ennui. Il voyage en Europe, puis au Yémen, à Djibouti, en Ethiopie, en Erythrée, où il exerce divers métiers. En 1880 il devient gérant d'un comptoir commercial à Harar en Abyssinie où il réalise des échanges de produits et du commerce d'armes entre l'Afrique et la France. En 1891, atteint d'une tumeur au genou, il se fait rapatrier et est amputé. Atteint de gangrène et d'un cancer généralisé, il meurt le 10 novembre 1891 à Marseille dans d'atroces souffrances. Sa mère et sa soeur, toutes deux bigotes, qui avaient tenté de le convertir au catholicisme sur son lit de mort lui donnent un enterrement religieux de première classe mais sans publier d'avis de décès. "De tous les poètes maudits, Rimbaud est celui qui eut le plus de luxe et le moins de monde à sa cérémonie funèbre." (Jean-Jacques Lefèvre dans la biographie "Arthur Rimbaud" 2001)

Blasphémateur, écrivant "Mort à Dieu" sur les églises, anticlérical très critique envers les prêtres et la société du XIXe siècle qui enferme l'individu, Arthur Rimbaud est depuis son adolescence un libre penseur et un athée.

Sur le plan poétique :

L'écriture de Rimbaud donne l'exemple universel d'une expérience des limites, chacun ayant au cours de son existence ressenti cette révolte que le poète maudit, larguant toutes les amarres, pousse à son comble alors que l'homme se contente de l'abriter frileusement sous le masque social.

Rimbaud a aussi inventé une langue nouvelle, comme il la souhaitait : "de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant" (Lettre du voyant). Pas de description minutieuse : une forme, une violence charnelle dans la couleur éclatante. Par ses visions, les êtres, les objets s'animent et s'unissent dans la vie de l'image. Ce nouveau verbe poétique a fait sauter les normes de la civilisation et de la détermination sociale.

Avec lui, la poésie a la couleur de la musique et de la peinture, le mouvement de la danse et du rêve. Il souhaitait que d'horribles travailleurs lui succèdent. Et ils sont venus, les Jarry, les Artaud, les Vitrac et tous les Surréalistes, sans oublier les poètes du Grand Jeu comme René Daumal, ou encore Henri Michaux ! Comme "Le Bateau ivre", ils ont plongé au fond de l'inconnu, ouvrant la voie à la poésie contemporaine.
(wikipedia.org)



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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 07:06

Du-bellay.jpg Le poète appartient à la célèbre famille qui compte notamment le cardinal Jean Du Bellay (1492-1560) et le diplomate Guillaume Du Bellay (1491-1543). Après des études auprès de Marc-Antoine Muret, il rejoint le collège de Coqueret. La Deffense en 1549, fait figure de manifeste. La personnalité de Du Bellay, son style ironique et incisif, la dédicace de l'ouvrage au cardinal Du Bellay, dont l'aura est importante en politique comme dans les lettres, vont jouer leur poids dans la "réception" de cette oeuvre.

L'Olive, dédié à Marguerite de France, paraît la même année et constitue l'illustration pétrarquiste et néoplatonicienne de la Deffense. Mais l'ironie de Du Bellay ira aussi jusqu'à se moquer plus tard de cette mode. En 1553, il accompagne son oncle, le cardinal Jean Du Bellay à Rome. Voyage initiatique pour un poète de la Renaissance, ce séjour romain semble avoir laissé Du Bellay aussi perplexe que son retour à Paris en 1557. Il publie alors deux recueils dont les thématiques auront un long destin littéraire : Les Regrets peinture de la Rome pontificale en proie aux intrigues de cour dominée par le portrait du poète en Ulysse, et Les Antiquités de Rome (1558), quête de la Rome païenne, mais surtout méditation sur le destin des empires.

Divers jeux rustiques (1558) vient tempérer l'image mélancolique des deux autres livres. Du Bellay a conçu son recueil comme un divertissement, multipliant les imitations, mêlant les tons, y faisant figurer un Hymne à la surdité qui visait bien évidemment Ronsard mais aussi Du Bellay lui-même.

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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 07:36

Pr--vert.gif

Prévert, Jacques (1900-1977), poète, parolier et scénariste français dont l'œuvre, composée pour un large public, est une célébration des thèmes de la justice, de la liberté et du bonheur. Né à Neuilly-sur-Seine dans un milieu modeste, il passa sa jeunesse à Paris, où il exerça différents petits métiers avant de se lier avec les artistes d'avant-garde et de rejoindre Marcel Duhamel, Yves Tanguy, Raymond Queneau et Georges Sadoul dans le groupe surréaliste dissident de la rue du Château. En 1931, il fit paraître Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France, un poème fantaisiste composé de contrepèteries et de calembours. Il écrivit également pour le théâtre de courtes pièces, jouées notamment par la troupe du groupe Octobre, composa des chansons qu'interprétèrent plus tard Juliette Gréco, Yves Montand ou les Frères Jacques. Il se passionna aussi pour le cinéma et rédigea (souvent en collaboration avec son frère, Pierre) plusieurs scénarios de films pour Marcel Carné (Drôle de drame, Quai des brumes, les Visiteurs du soir, les Enfants du paradis). Ce n'est toutefois qu'après la guerre que le poète rencontra son plus grand succès, avec la parution du recueil Paroles (1945). Ayant résolument pris ses distances avec les débats intellectuels et politiques, il laissa libre cours à son sens de l'image insolite et à sa gouaille populaire. Dans un style proche de la langue parlée, il réhabilita la vie ordinaire, invitant le lecteur à se fier au pouvoir de la "!parole!" pour accéder au bonheur, individuel et collectif. Son œuvre s'enrichit alors de nombreux poèmes (Histoires, 1946!; Spectacle, 1951!; la Pluie et le Beau Temps, 1955), évoquant tour à tour l'amour, la liberté, le rêve et l'imagination, tout en témoignant de son attachement et de sa compassion pour les humbles et les malheureux. Ses assauts verbaux contre les hommes de pouvoir, et les institutions en général, accréditèrent l'image d'un poète libertaire : il était seulement hostile à toutes les forces d'oppression sociale. L'humour dont il fit preuve dans ses différents textes ainsi que les collages de Fatras (1966) et de Choses et autres (1972) rappellent son adhésion, moins fortuite qu'il n'y paraît, au surréalisme. Il consacra la fin de sa vie à son activité de parolier (Cinquante Chansons Prévert-Kosma, posth., 1977). Il a également laissé des textes pour les enfants (Contes pour enfants pas sages, posth., 1977); Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied, posth., 1985).

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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /Mars /2007 07:00

Jean de La Fontaine est né le 8 juillet 1621, à Château-Thierry. Ses fables en ont fait un des poètes les plus originaux de notre littérature ; sa vie était aussi originale que son génie : c'est un des écrivains qui se font le mieux aimer par leurs livres, et dont l'on désire le plus connaître la personne et la conduite.

Son enfance n'offrit rien de remarquable. Il arriva jusqu'à l'âge de vingt-deux ans sans que ni sa famille, ni ses amis, ni lui-même, ne se doutassent de son génie. Sa vocation poétique lui fut révélée la première fois par la lecture de Malherbe, qu'il entendit lire à un officier en garnison à Château-Thierry : il se passionna pour ce poète, qu'il apprenait par cœur la nuit, qu'il allait déclamer le jour dans les bois ; il voulut même l'imiter, mais son bon goût l'arrêta : Il pensa me gâter, dit-il.

A cette lecture il joignit celle de Rabelais et de Marot ; puis un de ses parents lui fit connaître quelques auteurs anciens, Térence, Horace, Quintilien, Plutarque et Platon ; ces deux derniers surtout étaient ses auteurs favoris. La littérature italienne était fort en vogue du temps de La Fontaine, il en prit aussi le goût : Elle le divertissait beaucoup, disait-il ; il avait une prédilection particulière pour les comédies de Machiavel, pour l'Arioste et Boccace.

Le temps de La Fontaine se passait à lire tous les auteurs que nous venons de nommer, à faire quelques vers et à rimer, quand son père lui transmit sa charge de maître des eaux et forêts, et le maria. La Fontaine se laissa faire ; il s'occupait fort peu de son emploi et de sa femme, Marie Héricart. La Fontaine mangeait son fond et son revenu, comme il le dit dans son épitaphe ; mais il fut toujours soutenu par l'amitié.

Malgré sa paresse et son insouciance, il savait trouver le courage pour défendre ses amis et ses bienfaiteurs quand ils étaient malheureux. Louis XIV venait de disgracier le surintendant Fouquet, qui protégeait La Fontaine : la foule des courtisans s'éloignait du ministre déchu ; La Fontaine, seul, avec l'avocat Pellisson, osa, dans une touchante élégie adressée au roi, plaindre le sort de Fouquet et demander sa grâce.

Malgré toutes les pensions que le poète recevait, il était toujours pauvre et dénué de tout, à force d'insouciance et de dissipation, lorsque madame de La Sablière le prit chez elle, et le garantit de tous les embarras et des soins de sa vie. La Fontaine passa chez cette dame, qu'il a immortalisée dans ses vers, les vingt années les plus heureuses de son existence, et composa auprès d'elle la plupart de ses chefs-d'œuvre. Il fut reçu à l'Académie le 2 mai 1684 : il avait déjà publié les six premiers livres de ses fables en 1668, le poème d'Adonis et Psyché en 1669, le poème de la Captivité de saint Malo en 1673, le poème du Quinquina en 1682.

La Fontaine remplaçait Colbert à l'Académie, et l'avait emporté sur Boileau, son concurrent. Louis XIV, mécontent de l'élection du fabuliste, refusa longtemps de la ratifier ; il se fit présenter au roi, auquel il voulut donner lui-même une pièce de vers, afin d'obtenir son autorisation. Il est introduit devant Louis XIV, mais il cherche vainement sa pièce de vers : il l'avait oubliée. « Monsieur de La Fontaine, ce sera pour une autre fois » lui dit le roi.

On ferait un long recueil de toutes les naïvetés et de toutes les distractions de La Fontaine. Après la mort de madame de la Sablière, il se trouvait sans asile ; Monsieur et madame d'Hervart vinrent pour lui offrir un logement chez eux ; ils le rencontrent dans la rue : « Venez loger chez nous, lui disent-ils. - J'y allais », répond La Fontaine.

En 1692 il tomba dangereusement malade, et se convertit à la vie chrétienne. Il brûla à cette époque une comédie, et fit publiquement amende honorable de ses écrits licencieux ; depuis, il n'a plus composé que des sujets religieux. Il est mort le 13 avril 1695.

Dans le monde, La Fontaine était distrait, rêveur, préoccupé. Il se laissait difficilement aller à la conversation ; cependant quelquefois il s'animait, alors sa causerie était charmante de grâce, d'esprit naïf et de bonhomie. Les femmes surtout recherchaient sa société. Il travaillait beaucoup ses fables ; les traits en apparence les plus simples, les plus facilement spirituels, lui demandaient force patience. Un des plus grands poètes de notre époque, Béranger, a été souvent cité pour sa ressemblance de génie et de caractère avec le fabuliste.

Outre ses fables, La Fontaine a composé une imitation de Térence ; quatre comédies, dont une seule, le Florentin, est restée au théâtre, deux opéras ; des poèmes, des odes, des élégies, des balades, des contes, des épîtres, des épigrammes ; mais ses fables sont les chefs-d'œuvre qui l'ont immortalisé.

                       

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