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Courts récits (atelier d'écriture)

Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /2008 07:34

Sur une idée de la Communauté Ecriture Ludique à laquelle j'appartiens, il s'agissait dans cet exercice, à partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", d'écrire un texte qui viendrait s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) : fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.

Cet exercice me donne l'occasion, suite à mon licenciement économique récent des Papet's, entendez par là, des Papeteries dans lesquelles je travaillais depuis 17 ans en tant qu'assistante commerciale export, d'exorciser toute la peine que je ressens aujourd'hui.

Pour en savoir plus, vous trouverez un court reportage vidéo ici.(ensuite, cliquez à droite de l'écran).

 



La grande Dame

Machine à papier
Caisse de tête
Papet's
© Nanou 2008

Il éteint la lumière, regarda une dernière fois au travers de l’atelier dans lequel il venait de passer les vingt dernières années de sa vie, et soupira un bon coup laissant échapper de ses poumons une plainte abyssale. Soudain il sentit une vague de froid l’envahir. Peut-être était-ce le vent qui s’évanouissait au travers des fenêtres fatiguées ? Peut-être...

Il avait tout donné dans cette usine à papier. Tout. Son temps, d’abord, n’hésitant pas à faire des heures supplémentaires pour régler un détail mécanique sur la « grande Dame », son énergie aussi, à courir en tous sens du matin au soir et parfois jusque tard dans la nuit. Enfin, il y avait laissé toute sa sueur. « La grande Dame » était le joli nom que les ouvriers et autres employés des Papeteries donnaient à leur machine à papier. Elle avait vécu, la « grande Dame ». Crachant du papier à longueur d’année, tantôt blanc, tantôt écru,  s’emballant à chaque mise au bon, puis reprenant son souffle en maintenant des cadences régulières. .. Elle en avait connu des familles entières. Tous ses collègues avaient connu au moins une personne dans leur famille ou parfois même plus qui avait travaillé ici sur des générations et des générations...  Il faut dire que l’usine avait vu le jour en 1821. Avec elle était né le petit village Isérois à la périphérie duquel elle s’inscrivait dans une fière allure. A l’époque, il y avait même sur le site un dortoir pour que les ouvrières puissent se reposer, une crèche pour leurs enfants et même une école. Et ce décor n’avait pratiquement pas changé au fil du temps. Les ateliers étaient restés les mêmes, les fenêtres ébréchées par les souillures des intempéries, les murs lézardés ; quelques coups de peinture ça et là avaient à peine suffit à étouffer les stigmates du passé.

Parfois lorsqu’il faisait une pause, Vincent se remémorait les histoires que lui racontait son grand-père, et il était fier d’être aux petits soins de la « grande Dame » comme l’avaient été avant lui ses ancêtres. Cette usine avait une âme, et c’est pour cela qu’il l’aimait. Mais la « grande Dame » avait fait son temps, les pages de son histoire étaient toutes cornées, le contexte économique étant difficile, avec le prix des matières premières qui avait totalement flambé, la concurrence qui devenait de plus en plus forte, il fallu un jour l’arrêter et refermer définitivement la porte d’un passé dont Vincent écornerait les pages encore certainement longtemps.

Alors, il reprit son souffle, les yeux rougis par trop de larmes amères et injustes, et ferma la porte lentement. Là, il observa la cour qui se vidait de voitures. Il voulait partir le dernier. Prendre son temps. Respirer une bonne fois pour toutes ces odeurs de papier qui l’avaient accompagné tout au long de son parcours. Dehors la vie semblait continuer. Mais il n’en voulait pas. Célibataire endurci, il n’y avait personne pour l’accueillir et apaiser sa tristesse.  Aucun autre avenir que celui des Papeteries qui lui avait été tout tracé dès l’âge de 16 ans. Dans l’enceinte de l’usine, il s’assit à côté du vieux locotracteur Gaston Moyse qui gisait là depuis l’époque de la reconstruction, après la Seconde guerre mondiale, et ramassa un bout de papier qui tournoyait à ses pieds. Un bout de sa vie. Il le tritura, le froissa, puis le déchira dans un sanglot profond.





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Communauté : Ecriture Ludique - Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 07:43


Je regarde le mur. Cette femme étrange. Son reflet m’interpelle. Les couleurs du graffiti sont délavées. Le mur craquelé par les outrages de la vie. Cela fait tant de temps qu’elle erre sur cette façade décrépie.  Les badauds ne la voient même plus. Son corps est en mouvement. Le mien est raide. Elle est celle que je ne suis plus. Belle, pure, inattendue. Pleine de vie. Fraîche. Je suis ce mur, ridé, fané.

Je m’étais promis.... mais l’on se promet toujours tant de choses que l’on ne fait pas.

Je m’étais dis.... mais l’on dit tant de choses que l’on ne dit pas.

Surtout lorsque l’on est amoureux.

Et me voilà, vingt ans après, devant celle que tu as tant aimée, celle que je ne suis plus.  L’ombre d’une vie froiséee.

Je me souviens du jour où tu m’as dessinée. Nous étions encore des enfants, je croyais  innocemment que nous finirions notre vie ensemble ; nous avions passé toute la nuit devant ce mur. Toi, de la peinture plein les mains et le visage, moi, la guitare à la main, le corps en transe. Nous refaisions le monde. Tu écoutais cette musique violente et douce à la fois qui t’impressionnait, qui te déstabilisait. Elle était ma vie, ma culture, mon origine. Chez les gitans, nous manions l’art du flamenco, je dansais et vivais flamenco, j’aimais la liberté. J’étais Liberté. J’étais flamenca.

Tu m’as dis : «L’ombre, c’est toi aujourd’hui. Elle s’estompe, elle a fait son temps. L’autre, c’est toi demain, celle qui volera de ses propres ailes et m’abandonnera ».

Je n’ai pas compris tout de suite. Et pourtant, tu avais raison. Tu me connaissais mieux que moi-même. J’étais celle que l’on aimait, celle à qui l’on promettait monts et merveilles, mais pas celle que l’on gardait. Ce besoin insatiable de ne jamais m’arrêter en cours de route, de ne jamais m’attacher aux choses et au gens, allait détruire ma vie, et la tienne aussi.

Je m’étais pourtant promis.... mais l’on se promet tant de choses que l’on ne fait pas.

Je m’étais dis.... mais l’on dit tant de choses que l’on ne dit pas.

Surtout lorsqu’on est amoureux.

Nous avons grandi, et nous nous sommes égarés. Toi, sur le chemin d’un destin qui t’attendait depuis ta naissance, formaté que tu étais par la vie, par ton entourage, tu as emprunté la voie dite « classique », celle qui rassure, celle qui bannit les risques. Les mêmes études, puis le même métier que ton père. Un mariage tout tracé, et des enfants autour de vous qui grandiront sur le même chemin. De mon côté, j’ai parcouru différents sentiers, tous plus embourbés les uns que les autres, majestueux aussi parfois, me menant de Madrid à Séville, de Bogota à Cartagena, de petits boulots en petits riens, un amant dans chaque ville et aucune descendance. Mais libre, j’étais.

Et pourtant, cet amour d’enfant était si fort qu’il ne s’était jamais éteint vraiment. Tout simplement, parce que malgré nos choix, nous n’étions pas heureux. Tu avais réussi. Mais l’appel de la liberté et de la fougue que je t’avais apportés te manquaient aujourd’hui profondément. Quant à moi, j’étais libre, oui, mais seule et amère.

Je m’étais promis de ne jamais y revenir, et me voilà à contempler le mur de nos vingt ans.

Je m’étais dis, ne te retourne pas, n’y reviens jamais, et me voilà à pleurer sur celle que j’étais.

Il est vingt heures maintenant, l’heure du rendez-vous. Je ne ressemble plus à cette jeune-femme et je me demande si c’était une bonne idée que celle de nous revoir. Nous avons vécu vingt ans sur des souvenirs que nous avons sans doute embellis chacun de notre côté, à notre manière, la plus jolie bien évidemment.

En se quittant, tu m’avais dis : rendez-vous dans vingt ans, ici même, quoiqu’aient pu devenir les enfants que nous sommes.  Je n’avais pas répondu, je m’étais juste dérobée en te faisant un sourire en coin qui valait bien plus qu’un grand point d’interrogation.

Et finalement, je suis la première arrivée. Tu n’es pas là. Tu ne viendras pas. Trop peur que ta vie bascule de l’autre côté, et qu’un ras de marée détruise tout ce que tu t’es acharné à construire, pour combler le vide. Car je sais que tu m’aimes encore. Je le sens. Je l’ai toujours su. Même en te quittant. Et maintenant je voudrais que cette ombre réintègre le personnage du premier plan. Et que l’on ne se quitte plus. Si tu ne viens pas, je te promets que je balance un saut de peinture sur cette fresque maudite !

Vingt heures dix. Juan était en retard. D’ordinaire si ponctuel, le voilà qui courait après les taxis dans les embouteillages de la Avenida America. Je n’y arriverais jamais, hurla-t-il en son fort intérieur. Il était sorti tard de son bureau d’études, accaparé par un de ses sous-fifres qui voulait faire un excès de zèle. Putain de vie !

Vingt heures quinze. Patricia est effondrée. Elle a tout gâché. Tout. Son cerveau ne cesse de lui balancer des souvenirs qui lui font mal, qui la déchire jusque dans ses parties les plus intimes.  Depuis plusieurs années qu’elle le recherche en vain, elle comptait sur cette dernière chance, cette promesse de rendez-vous pour le revoir. Juste le revoir. Juste savoir si c’est bien lui l’homme de sa vie. 

Vingt heures trente. Il se dit qu’il est trop tard. Mais, tel un vrai athlète qui jouerait sa médaille d’or aux Jeux Olympiques, il y croit et court comme un dératé, oubliant les flaques qui salissent son joli costume noir sorti tout droit du pressing. Le mur est toujours là. Mais Patricia a disparu. Une espèce de barbouillage à la peinture rouge recouvre son Esméralda. La peinture est fraiche. Elle dégouline encore le long des briques usées.

Il ne désespère pas. Il tourne la tête dans toutes les directions. Pas de Patricia. Il devient fou.

Dans la rue d’à-côté, derrière le mur, juste une femme vêtue de noir, courbant le dos comme l’on porte un lourd fardeau, s’en va, seule, des larmes de sang coulent sur sa silhouette fanée.

 

 

 


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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 07:32
Texte écrit au cours d'une proposition d'Ecriture Créative "Au fil des rues" : Louis-Ferdinand Céline a dit un jour "Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C'est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c'est notre sanctuaire moderne, la Rue."
Choses vues, choses vécues, autant de noms de rues qui saccrochent à nos souvenirs. Certaines rues portent en elles des parfums de notre enfance, des regrets, des rencontres fleurissantes, des surprises, etc.. Leurs noms sont parfois synonymes de vagabondages, peut-être même ont-elles été le théâtre de votre vie, là où tout a commencé, là où tout sest arrêté...
Racontez-nous, dans le style qui vous plaira le plus.




Cache-cache.

 

La guerre était là, aux portes de la rue.

Le soleil, d’un rouge orangé nébuleux, s’attardait sur les trottoirs éventrés par les éclats d’obus.

La chaussée ressemblait à une mosaïque de formes humaines échouées sur les pavés craquelés par l’horreur. Ce pot-pourri de couleurs chair dégageait une puanteur indescriptible.


Je me souviens, tu es venu me chercher au fin fond de ma cave aux murs décrépis et déjà fragilisés par les secousses incessantes des bombes. Recroquevillée dans mon coin, le visage poussiéreux et sale soutenant l’horizon depuis mon soupirail, je t’attendais. Comme si je l’avais toujours su. Je n’attendais que toi. Tu m’as tendu la main, et j’ai senti toute la vie qui s’en dégageait, nos futurs enfants et petits-enfants, nos soirées de vieillards au coin du feu... Tes veines brûlaient ma peau blême. Ton regard était scintillant comme une bougie frétillant dans la nuit. Je t’ai suivi, comme je le faisais à chaque fois que nous jouions dans la rue. Les cachettes ne manquaient pas : derrière le bosquet, un peu avant l’échoppe du boulanger, ou dans le magnolia qui trônait depuis des siècles devant la cour de chez Paul, derrière la fourgonnette de chez Lucette, la fleuriste, entre les pots d’impatiens, de bégonias ou bien encore au milieu des œillets blancs, des galantes et autres spatiphyliums. C’était le temps de l’insouciance, le temps de nos dix ans. C’était avant, tout simplement ; avant que les corps déchiquetés et criblés d’éclats ne jonchent le sol pour ne plus jamais se relever ; avant que le sang de la ville ne se répande à travers les caniveaux et que l’odeur de la mort n’investisse l’horizon.

Je ne saurai dire combien de temps je suis restée hébétée dans cette cave où mes parents m’avaient enfermée pendant le premier assaut. Je pouvais les apercevoir par le soupirail, allongés dans la rue. Ils semblaient dormir comme des braves. Je ne les ai pas appelés. Surtout ne pas les réveiller. Je ne voulais pas qu’ils affrontent l’univers de déchéance que je devinais : toutes ces rangers sales et usées avançant comme une armée de rats au milieu des corps. C’est à peine si on distinguait encore le macadam.  De temps en temps, à l’aide de coups de pieds, les soldats soulevaient les dépouilles pour libérer de l’espace sur leur passage. Parfois même, certains de ces hommes se baissaient pour fouiller leurs poches ou leur arracher leurs bijoux. Avec un regard presque complice puisque je n’avais pas bougé de ma cachette et que je me faisais le témoin de cette descente aux enfers.

 

1…2…3…4….5….onze….quatorze… quarante-deux….cent !

Tu me disais toujours en plaisantant « je compte jusqu’à 100, va te cacher, et dès que je te trouve, je te fais mienne » !

Alors j’ai attendu… comme je le faisais, tapie dans l’ombre de ton coeur.  Je me suis nourrie pendant tout ce temps-là de rêves et d’espoirs fous, tantôt  je nous imaginais nous promenant main dans la main dans cette rue qui avait vu nos corps se transformer au fil du temps, tantôt nous asseyant au bord du trottoir, en face de l’église où nous nous étions promis de nous unir. Nous en connaissions le moindre pourtour, la moindre faille, le moindre bout d’asphalte.  Je savais que tu me retrouverais, parce que j’étais une tricheuse et que lorsque nous jouions à cache-cache, au lieu de me cacher dans la rue, grâce à ma petite corpulence je passais par les soupiraux pour me dissimuler dans les caves. Ma préférée était celle qui était juste en dessous du bistrot. Un jour tu m’avais sermonnée :

-       Tricheuse, on doit se cacher dans la rue, pas dans les caves de la rue. Pourquoi tu te caches ici ?

Tu te souviens de ce que je t’avais répondu avec mon air malicieux ? :

-       parce qu’au dessus il y a la vie, ça chahute, ça discute, parfois même ça chante et comme ça je n’ai pas le temps de m’ennuyer pendant que tu me cherches…

Tu te souviens, hein ? Dis moi que tu vas t’en souvenir et que tu vas venir me trouver. Parce qu’ici, la musique a disparu, les discussions vives se sont volatilisées dans l’air vicié de la cité.  Et je m’ennuie. Je crois bien que j’ai un peu peur aussi.

 

1…2…3…6….7….douze….treize… quarante-trois….cent !

Et puis tu es venu, dégageant les gravas pour pouvoir accéder à ma tanière, et tu m’as balancé sur un air enjoué :  

-       Trouvée : je te fais mienne !

Tu as rajouté :

-       Pour la vie !

 

 

 

 

 

 


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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /2008 07:18

Sur une idée d’Ecriture Ludique, il s’agissait réaliser un texte à l'aide de 30 titres de chansons du groupe Indochine (ou de l'album solo de Nicolas Sirkis - leader du groupe) J'ai choisi d'utiliser les 30 titres ci-dessous :
Leila - A l'est de Java - Des ombres sur l'O - 3 nuits par semaine - Le train sauvage - La chevauchée des champs de blé - La machine à rattraper le temps - Une maison perdue - Punishment Park - Soudain l'été dernier - Les plus mauvaises nuits - La colline des roses - Savoure le rouge - Sur les toits du monde - La main sur vous - D'ici mon amour - Candy prend son fusil – Drugstar - Les silences de Juliette - Petit Jésus - La nuit des fées - Un singe en hiver - J'ai demandé à la lune - Anne et moi - Le seigneur des toits - Entrez dans le rêve - Les portes du soir - Alice et June - Aujourd'hui je pleure - Justine à l'heure dite





Aujourd'hui je pleure Leila...  Je viens de passer les plus mauvaises nuits de ma vie. D'ici mon amour ne ressemble plus à rien. Les portes du soir se sont définitivement refermées sur la colline des roses. Alice et June m’avaient pourtant prévenu : si vous entrez dans le rêve,  le seigneur des toits ne vous fera pas de cadeau… Mais qu’importe… c’était ma seule façon de revoir Leila.  Alors j’ai construit la machine à rattraper le temps, puis grâce à elle, j’ai pu prendre le train sauvage pour finalement arriver à  Drugstar, à l'est de Java. Je devais y rencontrer Justine, la fée des songes, qui me mènerait à Punishment Park , où se trouvait emprisonnée Leila. J’ai bien retrouvé Justine à l'heure dite, mais c’était trop tard… Quand la vilaine Candy prend son fusil et pose la main sur vous, inutile de vous dire que vous êtes déjà mort. J’ai passé des jours, des semaines et des mois à pleurnicher sur mon sort. J’étais perdu dans cet univers. Heureusement j’y ai rencontré Anne et Juliette, deux fidèles de la Communauté du  Petit Jésus,  qui m’ont recueilli dans une maison perdue, durant la nuit des fées. J’y ai passé des mois et des mois. 3 nuits par semaine, Anne et moi faisions la chevauchée des champs de blé, au travers des ombres sur l'O, mais aucune trace de Leila. Les silences de Juliette en disaient long. Soudain l'été dernier, dans une dernière prière, j'ai demandé à la lune qu’elle m’aide à retrouver Leila. Mais inutile de vous dire que c’était comme trouver un singe en hiver… La lune m’a seulement renvoyé chez moi,  sans ma Leila… Elle devait être de connivence avec le Seigneur des toits… Depuis, la vinasse est ma seule compagne et je savoure le rouge sur les toits du monde, cherchant désespérément d’un œil celle qui fut mon seul et unique amour.


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