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Venez découvrir mon deuxième blog : 
En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

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Les trois grâces, Nanou 2008


 
Nanou - Portrait de femmes

 Ma dernière peinture
Ma dernière création graphique



Vendredi 6 juin 2008
Cet article a été supprimé pour respecter les commentaires ci-dessous.
Un prochain va venir remplacer celui-ci.
Sachez que je cite toujours mes sources, j'avais d'ailleurs mis un lien sur le site de la personne qui m'a demandé de supprimer cet article. J'avais donc donné ma source sous forme de lien mais sans en donner le nom.... Erreur gravissime !  Je vous prépare donc un nouvel article, à partir d'autres sources, que je citerai bien entendu et vers lesquels je ferai des liens de la même façon. Las fallas, ça ne s'invente pas... 
 
Nanou

Mercredi 4 juin 2008
Cette vue là ne vous donne-t-elle pas envie d'écrire un petit poème ?

© jacqueline HUYGHE


Je vous propose, si le coeur vous en dit, d'écrire un court poème en fonction de ce que vous inspirera cette photo. Vous pouvez me l'envoyer , et ensuite, je le publierai sur mon blog avec un lien sur le vôtre...

Lundi 2 juin 2008
Texte écrit au cours d'une proposition d'Ecriture Créative "Au fil des rues" : Louis-Ferdinand Céline a dit un jour "Que fait-on dans la rue, le plus souvent ? On rêve. C'est un des lieux les plus méditatifs de notre époque, c'est notre sanctuaire moderne, la Rue."
Choses vues, choses vécues, autant de noms de rues qui saccrochent à nos souvenirs. Certaines rues portent en elles des parfums de notre enfance, des regrets, des rencontres fleurissantes, des surprises, etc.. Leurs noms sont parfois synonymes de vagabondages, peut-être même ont-elles été le théâtre de votre vie, là où tout a commencé, là où tout sest arrêté...
Racontez-nous, dans le style qui vous plaira le plus.




Cache-cache.

 

La guerre était là, aux portes de la rue.

Le soleil, d’un rouge orangé nébuleux, s’attardait sur les trottoirs éventrés par les éclats d’obus.

La chaussée ressemblait à une mosaïque de formes humaines échouées sur les pavés craquelés par l’horreur. Ce pot-pourri de couleurs chair dégageait une puanteur indescriptible.


Je me souviens, tu es venu me chercher au fin fond de ma cave aux murs décrépis et déjà fragilisés par les secousses incessantes des bombes. Recroquevillée dans mon coin, le visage poussiéreux et sale soutenant l’horizon depuis mon soupirail, je t’attendais. Comme si je l’avais toujours su. Je n’attendais que toi. Tu m’as tendu la main, et j’ai senti toute la vie qui s’en dégageait, nos futurs enfants et petits-enfants, nos soirées de vieillards au coin du feu... Tes veines brûlaient ma peau blême. Ton regard était scintillant comme une bougie frétillant dans la nuit. Je t’ai suivi, comme je le faisais à chaque fois que nous jouions dans la rue. Les cachettes ne manquaient pas : derrière le bosquet, un peu avant l’échoppe du boulanger, ou dans le magnolia qui trônait depuis des siècles devant la cour de chez Paul, derrière la fourgonnette de chez Lucette, la fleuriste, entre les pots d’impatiens, de bégonias ou bien encore au milieu des œillets blancs, des galantes et autres spatiphyliums. C’était le temps de l’insouciance, le temps de nos dix ans. C’était avant, tout simplement ; avant que les corps déchiquetés et criblés d’éclats ne jonchent le sol pour ne plus jamais se relever ; avant que le sang de la ville ne se répande à travers les caniveaux et que l’odeur de la mort n’investisse l’horizon.

Je ne saurai dire combien de temps je suis restée hébétée dans cette cave où mes parents m’avaient enfermée pendant le premier assaut. Je pouvais les apercevoir par le soupirail, allongés dans la rue. Ils semblaient dormir comme des braves. Je ne les ai pas appelés. Surtout ne pas les réveiller. Je ne voulais pas qu’ils affrontent l’univers de déchéance que je devinais : toutes ces rangers sales et usées avançant comme une armée de rats au milieu des corps. C’est à peine si on distinguait encore le macadam.  De temps en temps, à l’aide de coups de pieds, les soldats soulevaient les dépouilles pour libérer de l’espace sur leur passage. Parfois même, certains de ces hommes se baissaient pour fouiller leurs poches ou leur arracher leurs bijoux. Avec un regard presque complice puisque je n’avais pas bougé de ma cachette et que je me faisais le témoin de cette descente aux enfers.

 

1…2…3…4….5….onze….quatorze… quarante-deux….cent !

Tu me disais toujours en plaisantant « je compte jusqu’à 100, va te cacher, et dès que je te trouve, je te fais mienne » !

Alors j’ai attendu… comme je le faisais, tapie dans l’ombre de ton coeur.  Je me suis nourrie pendant tout ce temps-là de rêves et d’espoirs fous, tantôt  je nous imaginais nous promenant main dans la main dans cette rue qui avait vu nos corps se transformer au fil du temps, tantôt nous asseyant au bord du trottoir, en face de l’église où nous nous étions promis de nous unir. Nous en connaissions le moindre pourtour, la moindre faille, le moindre bout d’asphalte.  Je savais que tu me retrouverais, parce que j’étais une tricheuse et que lorsque nous jouions à cache-cache, au lieu de me cacher dans la rue, grâce à ma petite corpulence je passais par les soupiraux pour me dissimuler dans les caves. Ma préférée était celle qui était juste en dessous du bistrot. Un jour tu m’avais sermonnée :

-       Tricheuse, on doit se cacher dans la rue, pas dans les caves de la rue. Pourquoi tu te caches ici ?

Tu te souviens de ce que je t’avais répondu avec mon air malicieux ? :

-       parce qu’au dessus il y a la vie, ça chahute, ça discute, parfois même ça chante et comme ça je n’ai pas le temps de m’ennuyer pendant que tu me cherches…

Tu te souviens, hein ? Dis moi que tu vas t’en souvenir et que tu vas venir me trouver. Parce qu’ici, la musique a disparu, les discussions vives se sont volatilisées dans l’air vicié de la cité.  Et je m’ennuie. Je crois bien que j’ai un peu peur aussi.

 

1…2…3…6….7….douze….treize… quarante-trois….cent !

Et puis tu es venu, dégageant les gravas pour pouvoir accéder à ma tanière, et tu m’as balancé sur un air enjoué :  

-       Trouvée : je te fais mienne !

Tu as rajouté :

-       Pour la vie !

 

 

 

 

 

 


 
 
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