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Courts récits (atelier d'écriture)

Jeudi 8 mai 2008 4 08 /05 /2008 07:32

Jef, Huguette, Fernand et les autres...

Je n’ai plus rien à craindre désormais. Ils sont morts. Je peux enfin revenir de mon exil, où ils m’ont condamné, un soir d’octobre 1978… C’était le 9, je m’en souviens bien, on n’oublie pas une date comme celle là….  Brel venait de nous quitter…Et je buvais en boucle les paroles de ses chansons qui avaient un arrière goût de vécu, comme vieux vin tannique ou plutôt satanique…

 

« Non Jef t'es pas tout seul

Mais arrête de pleurer

Comme ça devant tout le monde

Parce qu'une demi vieille

Parce qu'une fausse blonde

T'a relaissé tomber » (1)

 

Eh bien, si.

Jef était tout seul… et ni la mère Françoise ni la madame Andrée n’auraient pu me consoler. J’avais chaviré dans les abîmes du désespoir, dans les méandres de la vinasse et de ses vapeurs  illusoires. Je n’étais pas parti très loin, non… j’étais juste à côté. En marge.  Mais le public se faisait rare dans la salle de spectacle que j’avais fait mienne… trop de débris de verre, de relents écœurants, de bouteilles cassées étalées sur un parterre de souvenirs impurs et propices aux ombres fantômes.

 

Le choix avait été vite fait…

 

« Comment tuer l'amant de sa femme

Quand on a été comme moi élevé

Dans les traditions?

Il y a l'arsenic ouais

C'est trop long.

Il y a le révolver

Mais c'est trop court.

Il y a l'amitié

C'est trop cher.

Il y a le mépris »

Et puis il y a la lâcheté.

Mais c’est trop bête.

Ivre du soir au matin et du matin au soir. Je n’avais pas trouvé mieux. Sur un vinyle, seul le vieux Jacques trinquait à ma santé au travers du mange-disque des années 60 qu’Huguette m’avait offert pour mes 20 ans.

 

Aujourd’hui je viens de l’enterrer, mon Huguette… et je suis sobre, pour la première fois depuis trente ans. Un accident. Parait que le Fernand et elle, ils allaient au marché quand c’est arrivé, enlacés comme au premier jour où ils m’ont trahi. Après on ne sait pas trop. Leur voiture a quitté la chaussée. Enfin, je crois.

 

« Dire que Fernand est mort

Dire qu'il est mort Fernand

Dire que je suis seul derrière

Dire qu'il est seul devant

Lui dans sa dernière bière

Moi dans mon brouillard

Lui dans son corbillard

Moi dans mon désert » (3)

 

Peut-être que c’est moi. Je ne sais plus, je ne sais pas. Le brouillard épais a désormais fait place aux doutes liquoreux. Mais ça fait longtemps que j’attendais ça…

 

« Parfaitement à jeun
Je reviens d'une belle fête
J'ai enterré Huguette ce matin » (4)

 

Je n’ai plus rien à craindre, désormais ils sont morts… Et pourtant. Une infâme écume blanchâtre de remords floconne dans mon cœur et tapisse maintenant mon corps d’un rouge visqueux de vin ignoble …. Maudite Huguette. J’aurais du épouser la Germaine… Avec sa laideur légendaire, aucun autre homme ne l’aurait attirée dans ses filets, pas même avec des bonbons…..



Alors…

 

« Ami remplis mon verre

Encore un et je vas

Encore un et je vais

Non je ne pleure pas

Je chante et je suis gai

Mais j'ai mal d'être moi

Ami remplis mon verre

Ami remplis mon verre » (5)

 

 

 

 

(1)            Jef

(2)            Comment tuer l’amant de sa femme ?

(3)            Fernand

(4)            A jeun

(5)            L’ivrogne

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /2008 07:02
Texte écrit aucours d'un atelier d'écriture.
Consigne : "Parti du jour au lendemain sans avoir donné de nouvelles à quiconque pendant 30 ans, vous revenez… d'où, où, pourquoi, comment, vers qui, dans quel but ? Autant de questions auxquelles vous répondrez dans un récit où le futur de votre héros aura forcément un rapport avec son passé ou bien en sera la conséquence. A vous de nous dire ce que cache votre mystérieux revenant… Vous aurez le choix de rédiger un texte de longueur et de structure libre, et pour ceux qui aiment bien les contraintes, pourquoi ne pas écrire une histoire qui comportera 7 paragraphes ou 7 parties plus longues correspondant aux 7 jours de la semaine qui suivront le retour de votre mystérieux revenant. Et si seul le passé avait vocation à éclairer le présent, à rassembler les êtres, à donner du sens à nos actes ? A vous d'y répondre.

Pour elle.

L’ombre nonchalante de Sylvain s’agrippait aux murs comme des poux sur la tête d’un pauvre. Sa démarche était lente, presque trop. Lourde, aussi. Sa silhouette était ridée, vieillie, pourtant il n’avait que 54 ans et en paraissait quinze de plus. Cloîtré dans un hospice la nuit, vagabondant le jour, il marchait, marchait et marchait encore. Pour oublier. Ne jamais s’arrêter. Un pas devant l’autre. Pour elle. . .

***

Depuis son retour, il y a une semaine, il passait son temps à rôder autour de la dernière demeure où ils avaient vécu quatre années de passion, de fièvre et de violence, cherchant un regard, une brindille de vie, un espace à lui. Un signe. Il la guettait toujours, alors qu’elle étendait son linge dehors avec une sensualité qui lui était familière ou bien lorsqu’elle faisait son jardin, méthodiquement, méticuleusement, malgré sa jambe brinquebalante… 

Sylvain l’avait quittée. Du jour au lendemain. Je me souviens, la veille de son départ, nous prenions encore une bière, accoudés au comptoir du bar du coin comme à notre habitude, à la sortie de l’usine. Un petit moment entre amis après une dure journée de labeur dans la chaleur moite et le bruit incessant des machines. Et puis, plus rien. Plus de Sylvain. Et d’ailleurs, personne en dehors de moi, son meilleur ami,  ne chercha à le retrouver, pas même sa femme, Mathilde, écrasée par le poids de la honte, je ne le compris que plus tard. Il avait quitté le pays. Définitivement. Je l’ai su par Paul, qui l’avait vu à l’aéroport le soir même de sa disparition. Ha, le Paul ! Ivrogne du matin au soir, il n’a jamais su me dire sur quel vol il était parti. Avec le temps, j’avais même fini par douter de la véracité de son récit. Mathilde, elle, se referma sur elle-même, ne parla plus aux amis. Au début, j’essayais de lui rendre visite régulièrement, mais parler de Sylvain était un sujet tabou. Alors, je me suis essoufflé, comme tout le monde dans le village.

Lundi, lorsque je vis sa silhouette hanter la rue Madeleine, j’eus du mal à le reconnaître. Trente ans après et des yeux plus fatigués, j’ai cru un instant que je me trompais, mais rapidement, et malgré les rides, la saleté et les habits déchirés, son regard aux yeux de braise flanqués au milieu de son visage comme deux saphirs étincelants exposés dans une vitrine de bijoutier, dissipa tous mes doutes. C’était bien Sylvain. Mon ami. Je restai tapi derrière mon arbre comme si j’avais vu un revenant. Sans bouger.

Le lendemain, mardi, je retournai rue de la Madeleine. Il était toujours là, à faire les cent pas dans la rue. Je le détestai. Il m’avait trahi. Il avait trahi tout le monde, même sa femme. Le voir me devenait insupportable.  

Mercredi, n’en pouvant plus, je me décidai enfin à l’accoster. Ca me faisait mal mais je devais savoir. Avec sa désinvolture habituelle, il se montra peu surpris de me retrouver là. L’accueil fut plutôt étrange, voire glacial.

-         Je t’attendais, Vincent…

-         …..

-         Tu mérites une explication, renchérit-il.

-         Oui… je l’attends depuis 30 ans, espèce de connard ! Et je ne suis pas le seul ! Tu as pensé à ta femme, à tes amis, à ta famille ? J’espère que tu as une bonne explication à me donner parce que sinon….

-         Retrouve-moi demain au bar des Braves. Tu sauras tout.

 C’est ainsi, qu’après une nuit mouvementée, nous nous retrouvâmes le jeudi soir au bar du coin, comme par le passé. Sauf qu’il s’était écoulé trente ans. Trente ans d’incompréhension, de suspicion, et finalement, de non-dits. A partir du moment où il prit la parole, je restai subjugué et surtout suspendu à son récit.

-         Tu sais, j’ai appris à mes dépens que partir libre n’existe pas. Tu crois laisser ton passé derrière toi, mais où que tu sois finalement, il te suit partout comme un petit chien à sa mémère. Peu importe où je suis parti. Ca ne regarde que moi… Ce qui compte, c’est pourquoi je suis parti. Je pensais que tôt ou tard Mathilde t’en parlerait, mais à ta tête que tu es en train de faire, je pense qu’elle ne l’a pas fait. Je la comprends, tu sais. Il ne faut pas lui en vouloir. Une dispute, un soir en rentrant un peu éméché du café… puis très vite, des coups…. Je ne voulais pas, tu sais. C’est parti tout seul. Le ton est monté. Des deux côtés. Tu sais pourtant combien nous nous aimions passionnément…. Un couteau était posé sur la table…. Elle l’a pris… J’ai eu peur… dans la bagarre j’ai essayé de la repousser, et je ne sais comment… tout est allé si vite, elle a reçu un coup dans la jambe qui l’a déstabilisée avant qu’elle ne s’effondre à terre. Et là, la dernière parole qu’elle m’ait dite, c’est….  tu viens de tuer notre enfant….

-         ….

-         Je ne savais pas, tu comprends…. J’ai appelé une ambulance, quitté la maison sur- le- champ, passé une nuit dehors à vomir mon dégoût dans tous les caniveaux, et au petit matin je suis passé à la banque retirer du liquide, et j’ai pris le premier avion  que je trouvais… Ce que j’ai fait pendant trente ans là-bas c’est vivre dans le remord, la douleur, et la honte. Je n’ai cessé de penser à elle, à toi. A cet enfant que j’avais tué. A cette vie qui se détricotait au fil du temps. Au début je pensais que la police me retrouverait, mais très vite, sans nouvelles de personne (je scrutais les faits divers dans les journaux pour voir si l’on me recherchait), je compris vite que de son côté, Mathilde s’était tue pendant toutes ces années…. Il m’a fallu trente ans et autant de courage pour me décider enfin à revenir et faire table rase du passé…. Mais, comment va-t-elle réagir ?..... Cela fait quatre jours que j’erre dans notre ancien quartier sans arriver à franchir le seuil de la porte… tu es mon ami, aide-moi…

 

Vendredi.  J’avais décidé de parler à Mathilde, un peu comme pour me rattraper de toutes ces années où nous étions tous restés muets. J’avais promis à Sylvain d’essayer. Sans grande conviction. Quoique... pendant  toutes ces années elle était restée seule, n’avait jamais rencontré d’autre homme... Signe sans doute qu’elle ne vivait que dans le passé, en attente que celui-ci ressurgisse... du moins m’en étais-je convaincu.  J’ai mis toute la journée à élaborer un plan, un discours... j’avais imaginé toutes les questions de Mathilde et toutes les réponses possibles, mais le plus dur était le premier contact : me laisserait-elle lui parler ?

Samedi.  L’accueil était prévisible : un regard noir dans ses yeux si clairs. Et pourtant, je crus y entrapercevoir une étincelle furtive lorsque je prononçai le prénom de Sylvain, une sorte de « dépêche-toi de me dire ce que tu as à me dire avant que je ne referme ma coquille »... Je pris cette étincelle comme un feu vert.

Elle m’écouta. Attentivement. Au fil de mon récit, je sentais que j’entrouvrais des portes depuis bien longtemps fermées. Des relents d’émotion et de tendresses mêlées remontaient sur sa bouche sensuelle. Je la sentais revivre, reprendre son souffle,  ravaler ses larmes et soupirer. Au fond de moi, je savais déjà que j’avais gagné mon pari. J’avais le sentiment qu’un rayon de soleil lointain faisait fondre les remords peu à peu  sur son visage, le lissant de toute colère. Je compris que l’amour était comme le passé, qu’il suffisait d’ouvrir une faille pour qu’il ressurgisse à nouveau, embelli d’expériences et de rancœurs latentes.

Dimanche. Le café du coin. Trois amis se retrouvent comme au bon vieux temps, sous la tonnelle. Ca chahute. Ca parle fort. Des éclats de rire puis des pleurs. Des retrouvailles. Vincent prétexte un rendez-vous puis s’en va sur la pointe des pieds pour laisser deux amoureux rattraper le temps perdu.

 

 

 


 

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /2008 07:03
Consigne : Ecrire un texte en glissant les mots imposés ci-dessous :

Trappe – esthète – vaciller – quartier – varice – plastique – mièvre – plâtre – karaté – vidéo – modeler – désordre - volet – monnaie




Je suis un esthète. Alors je fais péter les varices, entendez par là que je donne le maximum de moi-même pour professer le culte du beau. La recherche du raffinement et de la beauté dans l’art m’obsède. Mais suis-je un artiste pour autant ?  Toujours est-il que je préfère le plâtre au plastique, car j’aime le souci du détail et la poésie du relief. Le plâtre, je le modèle, je le façonne, je le fais vivre sous mes mains alors que le plastique est un corps plutôt mièvre, qui manque de force, de vivacité. C’est un peu comme si on amputait le karaté de tous ses codes. L’art résiste mal au fade et sachez que la mauvaise monnaie chasse la bonne. Le plaisir esthétique que procure le beau pourrait faire vaciller n’importe quel être humain car il exalte l’imaginaire. Et l’imaginaire, c’est un bout de notre enfance qui est passé à la trappe. Aucune vidéo, même de technologie récente ultra moderne, ne pourra jamais vous procurer des images aussi belles et aussi fortes que ce que pourrait vous apporter l’Art. C’est comme si vous regardiez un seul quartier de lune, vous ne verriez alors qu’une moitié de face. Or l’art est un ensemble de faces que seul celui qui cultive le beau peut apprécier. Dans l’ordre ou le désordre, peu importe. Le beau peut souffrir d’incohérence et d’illogisme. C’est même parfois dans le désarroi, le trouble ou les émois passagers de l’artiste que l’œuvre porte ses plus beaux habits de noblesse. Proust disait « Un amateur d'art à qui on montre le volet d'un retable se rappelle dans quelle église, dans quels musées, dans quelle collection particulière les autres sont dispersés ».  Le concept du beau, c’est de le laisser jaillir en nous comme un véritable Art Poétique. Voir « beau », penser « beau », vivre « beau », pour moi, esthète de nature, c’est reconnaître la présence d’une vie, et accepter d’en perdre la conscience.  

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- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /2008 07:37

Jeanne regardait l’écran de son ordinateur où l’on pouvait voir encore se trémousser quelques lettres en surbrillance : « Message envoyé ». Les mains tremblotantes, elle scruta la pièce en profondeur pour voir si quelqu’un l’avait regardée pendant qu’elle avait écrit son message… Ses enfants étaient à l’école et son mari certainement occupé à voir débouler dans son bureau, à l’asile psychiatrique St Anne, des malades imaginaires en pantoufle toute la journée. Une fois rassurée sur ce point, elle se dit qu’elle aurait pu tout de même rédiger un brouillon avant.
 

Elle se leva, mit son casque sur les oreilles et se laissa entraîner par le tourniquet de la vie, presque étourdie par la voix qui hurlait dans ses oreilles. Puis, elle attrapa l’aspirateur qui traînait encore à terre depuis plus d’une semaine, et l’enfourcha violemment de ses mains avant de l’entraîner dans une danse effrénée dans tous les coins et recoins de la pièce où elle se trouvait. Une colonie de fourmis qui passait par là ne demanda pas son reste et s’enfuit à toute allure devant l’engin et sa propriétaire devenus subitement fous. Jeanne ressentait en elle le besoin presque brutal de tout effacer, de tout oublier, de refouler certains épisodes de sa jeunesse que ce foutu ordinateur venait de lui renvoyer en pleine poire.
 

- Ce message est une pure absurdité, se dit-elle intérieurement. Je n’aurais pas du y répondre.  A quoi cela sert-il de remuer les fantômes du passé ?
 

Elle reposa son « cavalier » à terre, reprit ses esprits, et se pencha par la fenêtre pour prendre une bonne bouffée d’air frais. Dehors, la vie poursuivait son bonhomme de chemin. Le carrefour du quartier ne désemplissait pas d’une file interminable de voitures et tous ces cylindres et autres formes géométriques qui s’agitaient dans tous les sens la ramenèrent à Madrid, vingt ans plus tôt, devant le Palacio de las Comunicaciones, sur la Place des Cibeles. C’est là qu’elle avait rencontré Pablo. Elle avait 20 ans, il en avait 24.  Tous deux étaient en vacances. La broche offerte par sa grand-mère qui faisait apparaître en relief, un très joli coquelicot,  venait de tomber à terre. Il passait par là. La ramassa. La lui tendit. Et chaque jour qui suivit cet évènement, ils prirent l’habitude de se retrouver dans un café situé sur la Plaza Mayor, devant un Desgranizado de Limón. Là, face à la statue de Philippe III, ils refaisaient le monde à la façon de Don Quichotte en se gardant bien de franchir la limite subtile entre l’amitié et l’amour, ce qui aurait été synonyme de fracture.  Fracture du charme. Fracture de l’instant présent. Fracture de l’enfance. Amour platonique, mais si intense.
 

Jeanne revint à la réalité. Le passé venait de la rattraper, pire, de la percuter de plein fouet. Elle aurait pu ne pas répondre. Se taire. Faire comme si... Mais ce message de Pablo, vingt ans après, contenait en lui tous les sentiments ambigus et refoulés de l’époque et le parfum qui s’en dégageait maintenant drapait peu à peu la pièce toute entière d’un étrange linceul.

Mais voilà, sans trop réfléchir, aveuglée par les volutes du passé, elle avait appuyé sur la touche « message envoyé » et s’attendait à ce que la situation ne dérive sous l’affluence des prochains messages qui suivraient forcément sa réponse.
 

Tout à coup, elle eut l’impression de devenir un jardinier qui aurait abusé de sulfate pour embellir son rosier, au lieu de déverser du poison pour en asphyxier les branchages, comme si…

…rien n’avait jamais existé. 

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