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Les origines
- XIe siècle : après la conquête chrétienne de l'Andalousie, la pratique de la mortification se répendit. Des confréries de disciples se constituèrent par quartier ou par corporation. Lors du vendredi saint, elles défilaient dans les rues en se flagellant avec des cordes nouées ou des chardons. Pratique interdite par le pape Clément VI, au XIVe siècle. Les confréries des pénitents remplacèrent alors les mortifications par le port de la croix et par la représentation graphique puis sculptée des scènes de la Passion du Christ.
- XVIIe siècle : les brancards transportant les ensembles statuaires sont remplacés par les actuels pasos (autels) en bois, portés de l'intérieur par une cinquantaine d'hommes, les costaleros (porteurs).
Le déroulement
Du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, toute l’Espagne est en fête. C’est à Séville que la tradition de la Semaine sainte est la plus forte : pas moins de 52 confréries et des milliers de visiteurs déambulent au rythme des processions vénérant, chantant, pleurant les reproductions de la Vierge et de Jésus-Christ. Une semaine où Séville revêt une nouvelle personnalité, où elle devient piétonne et sent bon la fleur d’oranger. La Semaine Sainte est une symbiose entre l’art, la spiritualité et la passion. Le pays, culturellement très catholique, vit cette semaine avec une grande ferveur religieuse. C'est la Passion des Espagnols envers le Christ et la Vierge Marie, et la Passion du Christ lui-même en route vers la crucifixion. La tradition des processions, qui perdure aujourd’hui, remonte au XVIe siècle. À l'époque, l’Église désirait accroître la foi du peuple. C’est pourquoi elle imagina le rapprocher du mystère de la Passion de Jésus, en lui faisant physiquement revivre son chemin de croix. Aujourd’hui encore, à l'occasion de la Semana santa, le peuple espagnol continue d’incarner nazaréens et pénitents avec somptuosité, pathétisme, douleur et résignation.
Tous les matins, au cours de la Semaine sainte, les frères sortent en tenue de procession et rejoignent leur confrérie. Les défilés débutent entre 13 et 19 h, selon les confréries, et se terminent parfois tard dans la nuit. Des sorties des différentes paroisses à la cathédrale, point ultime de leur parcours, les frères marchent au son des tambours, des clairons et des typiques et enivrantes saetas (court flamenco chanté par les femmes du haut de leur balcon). Les processions sont de véritables scènes théâtrales avec musique, tableaux et acteurs. Des membres de chaque confrérie portent deux pasos (plates-formes de bois richement ornées). Le premier paso représente une scène de la Passion du Christ, le second est consacré à la Vierge. Parmi les autres figures marquantes des défilés, il y a les Nazaréens, les fameux pénitents vêtus d’une tunique et d’un capuchon symbolisant la couronne d’épine portée par Jésus.Les festivités à ne pas manquer se déroulent le dimanche des Rameaux,( 4 avril) les jeudi et vendredi saints, (d’ailleurs fériés en Espagne) et particulièrement à la madrugada, (l’aube), en fait la nuit entre ces deux jours. C’est la nuit « des grands contrastes et de toutes les sensations ». C’est là que vous verrez la Esperanza de Triana, el Señor de Gran Poder et la Macarena, les statues les plus vénérées. C’est là que la fièvre et le mystère de la passion envahissent les rues. Les autres jours, la ville est plus calme, les plus sensibles pourront ainsi éviter les bullas, mouvements de foule autour des pasos.
Les Processions
Entre autres processions, la confrérie de la Amargura, ou du Silence blanc, qui doit son nom à la première madone couronnée. Sa marche est considérée comme l’hymne de la Semaine sainte.
- El Amor ouvre la scène avec des enfants, l’amour est représenté dans un paso où un pélican s’ouvre le poitrail d’un coup de bec pour donner à manger à ses bambins.
- La Candelaria, très typique : elle s’égare la nuit au son des clochettes dans les jardins de Murillo.
- Los Panaderos, pour sa Vierge illuminée par des chandelles.
- Los Negritos, dont la particularité est de défiler pieds nus.
- La Mortaja, qui avance au son de multiples sonnettes aux tintements différents
Avec son ronron incessant
Et son cortège de flâneurs
Ses effluves longs, saisissants
Fusant des terrasses en fleur,
La rue s’étire à l’horizon
Comme une haie d’accordéons
Egrenant là, quelques flonflons
Au rythme exalté des saisons.
Avec ses fous rires d’enfants
A en craqueler les pavés
Les échoppes des commerçants
Se lovant dans les contre-allées,
La rue foisonne de labeurs,
Du pâtissier jusqu’au coiffeur
Du cordonnier jusqu’au facteur
Sans oublier le vieux traiteur.
Avec ses réverbères hautains
Se déhanchant sous tous les toits
Sous la poussée du vent lointain
Comme de puissants magnolias,
La rue revêt ses apparats
De déesse citadine,
Et dans la nuit, belle Diva
Prend des airs de libertine.
Avec ses passants du bitume
Au bistrot voisin, accoudés,
Rompus à toute solitude
Derrière un café bien corsé,
Pétulante est la rue du Mai,
Comme un essaim d’âmes à saisir
De trottoirs étroits en pavés
Ma rue, ma vie, mon devenir.
Jacques Prévert

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l'enfant dans la vie.




