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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 00:00

D’origine provençale, je me devais de vous faire partager cette tradition qui se perpétue chez nous de mère en mère. Chaque année, en général pour la St Nicolas , nous faisons la crèche provençale. Mais cette crèche relève du grand art (je mettrai une photo en ligne après les fêtes). D’abord, il y a le fameux papier Rocher peint à la main qui sert de base au décor, lui-même minutieusement fabriqué avec des brindilles ou autres pour les arbres, des pierres pour les montagnes, etc... Nous mettons des livres sous le papier pour faire le relief. Une fois cette opération terminée, il faut ajouter les santons, qui sont transmis de générations en générations, et je peux vous dire que nous en avons une centaine à faire figurer et certains sont très anciens !

Mais au fait, d’où vient la crèche et les santons ? (un petit rappel historique ne fera pas de mal, en cette veille de Noël !)

Ce personnage insigne, le santon (du provençal "santoun", c'est-à-dire "petit saint"), est riche d'une longue histoire qui plonge ses racines au plus profond des premiers temps chrétiens. Ainsi, à Rome, dans une chapelle des catacombes de Saint-Priscille, une fresque de la première moitié du Ier siècle montre l'une des premières figurations connues de la crèche. Dans une salle contiguë, on voit l'Adoration des Mages que l'on retrouve, peinte au IIIè siècle, dans une galerie voisine. 
Au IVè siècle la crèche s'enrichit de l'âne et du bœuf que l'on trouve sur un mur du cimetière romain de Saint Sébastien. Des écrits apocryphes mentionnent cet âne, ce bœuf, qui sont absents de l'Evangile. Cette crèche un peu plus complète, la voici au grand jour sur des parois de sarcophages des IVè et Vè siècles aux lieux chrétiens les plus célèbres : Rome, bien sûr, Milan, Mantoue, Ancône, Syracuse, Arles, Saint Maximin où les provençaux la chérissent. Mais plus secrète, elle orne manuscrits, miniatures, tissus, ivoires, pierres et peintures orientales. 
Une opinion bien ancrée veut que la crèche soit un acte d'amour franciscain ; que ce soit François d'Assise lui-même qui, le premier, ait fait une crèche vivante à Greccio : celle que Giotto a prise comme sujet d'une de ses plus belles fresques. Comme on le sait, la mère de François était de Beaucaire (d'autres disent de Tarascon). 
C'est en tout cas sur le beau Pré de foire que Pica Bernardone rencontre le marchand drapier de Lombardie qu'elle épousa. S'il est vrai, qu'héritiers de ces santibellis de plâtre que vendaient les Napolitains en Provence et en Languedoc, les santons aient déjà existé en ce XIIIè siècle, dans les provinces du Midi et sur les bords du Rhône voyageur, il est possible que la jeune épousée, suivant son marchand de mari, ait emporté son humble crèche en Lombardie, Marseille, Arles, mais aussi bien plus loin au cœur des terres provençales. C'est à dire à Brignoles, Apt, Sisteron, Riez et bien d'autres cités au long et glorieux passé, qui l'assurent parmi beaucoup d'autres légendes. C'est ainsi qu'en 1806, des santonniers de Provence ont créé la foire aux crèches de Marseille. C'est la figuration des petites gens du peuple de Provence dans l'initiation au grand mystère de Noël.

(Texte rédigé par l'Atelier Simone Jouglas)

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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /2005 00:00

La terre est en danger et tous les peuples aussi. Je voudrais vous faire part d'un article que j'ai trouvé sur le net (je vous donne l'adresse plus bas pour ceux qui sont concernés par notre Terre Mère) et qui fait réfléchir sur ce que l'homme est en train de faire.

C'est une belle et longue complainte, celle du chef indien Seattle, des plaines du nord-ouest américain. Il répond par ces propos, en 1884, au président des Etats Unis de l’époque, Grover Cleveland, qui proposait une ‘réserve’ aux tribus indiennes en échange de l’achat de tous leurs territoires. Plus qu’un plaidoyer pour la nature et le respect de chacun, c’est un des derniers vestiges de l’humanité. Nos habitudes et notre société de consommation nous ont dépouillés du peu d’humanité-innée qui nous restait (la retrouver demanderait une discipline et un sens de l’effort hors du commun).

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"Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut-être est-ce parce que l'homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

I
l n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps ou le froissement des ailes d'un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant au-dessus de la face d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon.

L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit ou même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous parait étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisant, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge.

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme - tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. II sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérerons donc, votre offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l'enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous considérerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent.

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même.

Même l'homme blanc, dont le Dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. II y a une chose que nous savons, et que l'homme blanc découvrira peut-être un jour, c'est que notre Dieu est le même Dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le Dieu de l'homme, et sa pitié est égale pour l'homme rouge et le blanc. Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre, c'est accabler de mépris son créateur. Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu'à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l'homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d'hommes et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent. Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu.
La fin de la vie et le début de la survivance."

Extrait d'un article tiré de http://terresacree.org

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Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /2005 00:00

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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /2005 00:00

YASMIN LEVY

 Si vous ne la connaissez pas encore, alors laissez moi vous parler de cette chanteuse fabuleuse..
Elle exprime  une musique judéo-espagnole mi-flamenco, mi-arabisante, mi-fado, mi-ladino, mi...méditérannée au sens grand large... bref une chanteuse de Fusion au plein sens du terme ou de Blues... mais aux couleurs très méditerranéennes...

Elle est souvent accompagnée de quatre musiciens acoustiques, d'horizons très répartis : guitariste israélo-flamenco très mélodiste, percussionniste portugais, souffleur d'hanches arméniens ( doudouk, flûte, clarinette et divers vents ethniques), et percu israéliens pratiquant également las palmas du flamenco.

Pour l’écouter : http://www.yasminlevy.net/English/frameset.htm

Pour la petite histoire, Le ladino a survécu à cinq siècles d’éparpillement des Juifs chassés d’Espagne. Cette forme archaïque de l’espagnol s’est perpétuée au sein des communautés installées dans l’ancien empire ottoman, notamment à Smyrne (Izmir), Constantinople (Istanbul), Salonique (Thessalonique), Jérusalem et d’autres villes du pourtour méditerranéen. Légèrement altéré de mots hébreux et de termes empruntés aux langues des pays d’accueil, surtout le turc, le ladino a perdu de nombreux locuteurs au cours du XXe siècle. Un regain d’intérêt pour cette langue “en danger” s’est manifesté depuis deux décennies.
Yitzak Levy, feu le père de Yasmin, consacra une partie de sa vie au collectage des chansons, “romansas” (ballades poétiques et dramatiques) et “kantigas” (chansons lyriques), à travers le monde. Très jeune, sa fille les a chantées, puisant dans les quatorze recueils qu’il a réalisés. Son premier album, “Romance & Yasmin” (Connecting Cultures, 2004), est dédié à ce beau répertoire, riche et tout en douceur.
Mais avec “ La Juderia ” se découvre la personnalité flamboyante de cette jeune femme de 27 ans. Sa voix ressemble à ces chevaux purs-sangs s’enivrant de galops lâchés dans la nature. Sur les “palos” du flamenco, elle laisse libre cours aux cavalcades échevelées de ses passions. Si elle garde en mémoire la culture d’autrefois, son regard porte au loin, vers les générations futures. C’est à elles qu’elle pense en mariant au flamenco la chanson ladino. C’est à la réconciliation entre Chrétiens, Maures et Judéo-espagnols, dans une Andalousie future qu’aspire cette fille de Jérusalem. Et sa musique convaincante pourrait faire des merveilles… Bref, j'adore !

 

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