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Femmes artistes

Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /2008 07:11

Élisabeth Vigée Le Brun, autoportrait Élisabeth Vigée Le Brun est née Louise-Élisabeth Vigée le 16 avril 1755 rue Coquillière à Paris . Son père, Louis Vigée, était pastelliste et membre de l’Académie de Saint-Luc. Sa mère, Jeanne Maissin, était coiffeuse et d’origine paysanne. Son frère, Étienne Vigée, fut un auteur dramatique à succès.

 

On dit qu’elle était belle et sage. Baptisée à l’église Saint-Eustache à Paris, l’enfant est aussitôt confiée à des paysans des environs d’Épernon. Elle ne reviendra à Paris que six ans plus tard pour entrer comme pensionnaire à l’école du couvent de la Trinité, rue de Charonne dans le faubourg Saint-Antoine. Dès cet âge, on sait que la jeune Louise-Élisabeth dessine partout, sur ses cahiers, sur les murs de son école. Vers l’âge de sept ou huit ans, Louis Vigée s’extasie devant un dessin de sa fille et prophétise qu’elle sera peintre. À onze ans, la jeune fille quitte le couvent et vient vivre aux côtés de ses parents. On dit qu’à l’époque, elle se trouve laide et sans grâce, mais dès ses quatorze ans elle est une des plus belles femmes de Paris. Inconsolable, à la mort de son père le 9 mai 1767, elle décide de tout donner à ses passions que sont, la peinture, le dessin, le pastel.

 

Le premier professeur d’Élisabeth sera en effet, son père Louis Vigée. Mais très vite, alors qu’elle a tout juste 12 ans il meurt accidentellement. Après ce décès, dont elle mettra longtemps à se remettre, c’est un autre peintre, Gabriel-François Doyen, meilleur ami de la famille et célèbre en son temps, qui l’encouragera à persévérer dans le pastel et dans l’huile, conseil qu’elle suivra.

 

C’est certainement conseillée par Doyen, qui connaissait bien Gabriel Briard, pour avoir eu le même maître, qu’Élisabeth se rend en 1769, à l’âge de 14 ans, chez ce dernier. Briard est membre de l’Académie royale de peinture, et donne volontiers des leçons, même s’il n’est pas encore professeur. C’est un peintre médiocre, il a surtout la réputation d’être un bon dessinateur et possède en plus un atelier au Louvre. Elisabeth fait de rapide progrès et déjà, on commence à parler d’elle.

 

C’est au Louvre qu’elle fit la connaissance de Joseph Vernet, artiste célèbre dans toute l’Europe, c’est un des peintres les plus courus de Paris, ses conseils font autorités dans le milieu ; il ne manquera pas de lui en prodiguer « J’ai constamment suivi ses avis ; car je n’ai jamais eu de maître proprement dit » écrira-t-elle, quoi qu’il en soit, il consacrera de son temps à la formation de Mlle Vigée.

 

Et comme Joseph Vernet ainsi que Jean-Baptiste Greuze, qui s’intéresse aussi à elle, le lui ont conseillés, elle ira admirer les chefs-d’œuvre du Luxembourg ; de plus la renommée de ces peintres lui ouvrira toutes les portes des collections privées des grands seigneurs, ou des princes à Paris. Elisabeth pourra ainsi étudier à loisir les grands maîtres, copier des têtes de Rembrandt, Van Dick ou Greuze, étudier les semi-tons, ainsi que les dégradations sur les parties saillantes d’une tête, elle écrira : « On pourrait exactement me comparer à l’abeille tant j’y récoltais de connaissances... » Toute sa vie ce besoin d’apprendre ne la quittera pas, car elle a compris qu’un don se travaille. Déjà on lui commande des portraits et elle commence à gagner sa vie.

 

En 1768, sa mère, se remarie avec un riche joaillier, Jacques-François Le Sèvre.

En 1770, Le dauphin Louis-Auguste, petit-fils du roi Louis XV épouse la fille de l'empereur, Marie-Antoinette d'Autriche à Versailles.

 

À la même époque, la famille Le Sèvre-Vigée s’installe rue Saint-Honoré, face au Palais-Royal. Louise-Élisabeth s’établit comme peintre professionnelle et les commandes affluent. Elle a quinze ans. Deux grandes dames la prendront alors sous leur protection : Mme de Verdun, épouse d’un fermier général mais surtout une princesse du sang, Louise Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, duchesse de Chartres.

 

Nonobstant, Louise-Élisabeth est une demoiselle sérieuse. Elle refuse fréquemment les commandes de portraits que lui font les galants pour la rencontrer. Cette petite bourgeoise trouve étonnamment bien sa place au milieu des grands du royaume. En 1775 elle offre à l’Académie Royale deux portraits. En récompense, elle est admise aux séances publiques de l’Académie.

 

Le 7 août 1775, Louise-Élisabeth Vigée épouse Jean-Baptiste-Pierre Le Brun qui, certes, se révèlera être un joueur invétéré, coureur de jupons insatiable et peintre à ses heures, qui exploitera la célébrité de son épouse, mais également un marchand de tableaux très talentueux qui sera pour beaucoup pour sa carrière.

 

Le 12 février 1780, Élisabeth Vigée-Lebrun donne naissance à sa fille Jeanne-Julie-Louise. Elle continue à peindre pendant les premières contractions et, dit-on, lâche à peine ses pinceaux pendant l’accouchement.

 

Le succès d’Élisabeth ne se dément pas. Ses portraits de femmes à la fois ressemblants et flatteurs finissent par lui attirer la sympathie de la reine qui fait d’elle son peintre favori. Les deux femmes sont nées la même année, sont enceintes à la même période et adorent leurs enfants ce qui les rapproche.

 

Ce sera la protection de Marie-Antoinette, traduite par un ordre de Louis XVI qui lui permet d’être reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 31 mai 1783 en même temps que sa concurrente Adélaïde Labille-Guiard et contre la volonté de Pierre, premier peintre du roi. Elisabeth présentera une peinture (alors qu’on ne lui en demandait pas), la Paix ramenant l’abondance (tableaux aujourd’hui au Louvre), pour être admise en qualité de peintre d’histoire. Cette belle composition, réalisée trois ans plus tôt, aurait implicitement dû lui donner le titre convoité de peintre d’histoire, mais elle sera reçue sans qu’aucune catégorie ne soit précisée.

 

Un tel succès a des contreparties : on médit, on présente l’artiste comme une débauchée, suspectée d’être de toutes les orgies, d’être une dépensière qui se chaufferait en brûlant des billets et des lambris dorés, d’être l’amante de tout Paris. Le même genre de rumeur, à la même époque, frappait Marie-Antoinette.

 

Parmi ses portraits de femmes, on peut citer notamment celui de Catherine Noël Worlee la future princesse de Talleyrand qu’elle réalisa en 1783 et qui fut exposé au Salon de peinture de Paris de cette même année 1783.

À l’été 1789, Élisabeth Vigée-Lebrun se trouve chez la comtesse du Barry, l'ultime maîtresse de Louis XV dont elle a commencé le portrait, lorsque les deux femmes entendent le canon tonner dans Paris. L’ancienne favorite se serait écriée : « Du temps du roi Louis XV, les choses ne se seraient pas passées ainsi ! » Élisabeth, qui se méfie des foules hostiles, n’attendra pas qu’on vienne l’importuner. Dans la nuit du 5 au 6 octobre 1789,alors que la famille royale est ramenée de force à Paris, elle quitte la capitale avec sa fille et cent louis, laissant derrière elle son époux, ses peintures et sa fortune. Plus tard elle dira de la fin de l’Ancien Régime : « Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées. »

 

L’artiste visitera Rome, Vienne, Londres, Saint-Pétersbourg, invitée par toutes les cours d’Europe, peignant sans cesse. Elle se refuse à lire les nouvelles, car on y apprend que tous ses amis meurent guillotinés. En 1800, sa fille épouse (contre le gré de sa mère) un dénommé Gaëtan Bertrand Nigris.

 

Ce fut pour elle un déchirement. Déçue par son mari, elle avait fondé tout son univers affectif sur ce seul enfant. Les deux femmes ne se réconcilieront jamais totalement. En 1800, elle est rayée de la liste des émigrés et peut rentrer à Paris, chose qu’elle ne fera que deux ans plus tard.

En 1805 elle peint Caroline Murat, une des sœurs de Napoléon, et cela se passe mal : « J’ai peint de véritables princesses qui ne m’ont jamais tourmentée et ne m’ont pas fait attendre. »

 

En 1809, Élisabeth Vigée-Lebrun a 54 ans. Elle vit entre Paris, où elle tient salon, et Louveciennes où elle a une maison de campagne voisine du château de Madame du Barry dont elle avait peint trois portraits avant la Révolution. En 1813, son ex-mari meurt, sa fille en 1819 et son frère Étienne Vigée en 1820.

 

Vers 1835, elle publiera ses Souvenirs qui connaîtront un grand succès et restent un très intéressant document sur les bouleversements de cette époque qu’elle a si intensément vécus. Élisabeth a connu tous les gens de son temps, tous les artistes, toutes les cours.

 

Elle s’éteint à Paris à son domicile de la rue Saint Lazare le 30 mars 1842 et est enterrée au cimetière de Louveciennes. A noter que dans leur chronologie, les éditions Scala donne le 29 mai (1842) comme date de sa mort.

Voir quelques unes de ses oeuvres

Autoportraits (elle a en fait 37)

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- Publié dans : Femmes artistes
Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 07:58

Pratiquant le pastel à mes heures perdues, je me devais de vous présenter "La Rosalba".


Rosalba Giovanna Carriera
Autoportrait

Rosalba Giovanna Carriera, née le 7 octobre 1675 à Venise, où elle est morte le 15 avril 1757, est une peintre vénitienne, qui lança la mode du pastel en France lors de son passage à Paris en 1720.

Rosalba Giovanna Carriera - Autoportrait

 

Une des caractéristiques de cette artiste était de faire principalement des portraits féminins. Elle a été l’une des premières miniaturistes européennes. Sa technique consistait à peindre directement aux pastels, sans dessin préalable. Elle développa aussi une technique de peinture sur ivoire qui connut également un grand succès à Venise auprès des touristes britanniques.

 

Partie de Venise avec sa mère, sa sœur Giovanna, et son autre sœur Angela, épouse de Pellegrini, au commencement de mars 1720, elle arriva à Paris, par Lyon, vers la fin d’avril. La Rosalba, sa mère et sa sœur Giovanna, descendirent chez Crozat, dont l’hôtel était situé rue de Richelieu. À peine installée, l’artiste, spécialiste de portraits de la noblesse européenne de son époque, fut accablée de visites, et, pour ainsi dire, persécutée par les plus grandes dames et par les principaux seigneurs de la cour : tous voulaient aveuleurs portraits de sa main. Elle fit ceux du jeune roi Louis XV, du Régent, de Mmes de Parabère et de Prie ; de Law, de sa femme et de sa fille, des princesses de Conti, de la duchesse de Clermont, et de beaucoup d’autres.

 

La Rosalba n’eut pas un moment de répit pendant tout le temps de son séjour, et fit un grand nombre de mécontents et de jalouses, qu’elle ne put satisfaire. Toutes les beautés en vogue de la Régence, toutes les grandes dames, toutes les bourgeoises de qualité, voulaient leur portrait peint au pastel par la Rosalba. L’artiste était assiégée du matin au soir par une foule de demandes qu’elle était contrainte de refuser. Les femmes de la plus haute naissance et les plus exigeantes venaient poser chez elle dès six heures du matin. Elle était obligée, faute de temps, de refuser les instances de ses plus intimes amis. Le comte de Caylus, jeune alors et très grand admirateur du beau sexe, qui voulait avoir le portrait d’une des plus belles femmes de Paris, ne put l’obtenir, la Rosalba ne pouvant trouver un moment pour le faire pendant le temps fixé pour son séjour à Paris.

 

Dérangée à chaque instant par les plus grands seigneurs, qui, tout en l’honorant de leurs visites, la détournaient de son travail, la Rosalba raconte, en termes très laconiques et sans paraitre vouloir s’en faire honneur, que le 25 novembre 1720, le Régent vint à l’improviste chez elle, et qu’il y resta plus d’une demi-heure pour la voir peindre au pastel, probablement le portrait de Mme de Parabère. Les artistes français alors en vogue ne voyaient peut-être pas sans une certaine jalousie les succès de la Rosalba, et l’admiration que ses œuvres excitaient dans les plus hautes régions de la cour et de la société. Toutefois, ils ne laissèrent paraitre contre elle aucun sentiment d’hostilité. Antoine Coypel, Uleughels, François de Troy, le grand portraitiste Hyacinthe Rigaud, le pastelliste Vivien, Charles de La Fosse, Largillière, Watteau, Lemoine, le sculpteur Falconet, le graveur Gérard Edelinck, recherchèrent sa société et furent admis, chez Crozat, dans son intimité. Le journal de la Vénitienne est rempli de leurs visites. Ils firent plus : sur la proposition de Coypel, la Rosalba fut reçue de l’Académie Royale, dans le mois de février 1721. Rigaud lui fit cadeau du recueil de ses portraits gravés par Pierre Brevet jusqu’au n° 39, et il lui en envoya la suite à Venise. La Rosalba ne voulut pas se montrer moins généreuse : quelque temps après son retour dans sa patrie; elle fit passer à Mariette deux pastels, parmi lesquels Rigaud devait choisir celui qu’il préférerait.

 

 

Son autoportrait se trouve à Florence, dans le couloir de Vasari reliant le palais Vecchio au palais Pitti, où est accrochée une collection d’autoportraits.

Extrait de Wikipedia
Voir quelques unes de ces oeuvres :
http://www.snof.org/art/carriera.html

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- Publié dans : Femmes artistes
Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 07:18
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheu
r.
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- Publié dans : Femmes artistes
Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /2008 07:10

À Mademoiselle Marie Laurencin.

 

Marie Laurencin - Nu au miroir (1916)

 

« Frôlée par les ombres des morts

Sur l'herbe où le jour s'exténue

L'arlequine s'est mise nue

Et dans l'étang mire son corps

 

Un charlatan crépusculaire

Vante les tours que l'on va faire

Le ciel sans teinte est constellé

D'astres pâles comme du laie

 

Sur les tréteaux l'arlequin blême

Salue d'abord les spectateurs

Des sorciers venus de Bohême

Quelques fées et les enchanteurs

 

Ayant décroché une étoile

Il la manie à bras tendu

Tandis que des pieds un pendu

Sonne en mesure les cymbales

 

L'aveugle berce un bel enfant

La biche passe avec ses faons

Le nain regarde d'un air triste

Grandir l'arlequin trismégiste »

 

Guillaume Apollinaire, « Crépuscule », Alcools, Gallimard, Collection Poésie, page 37.


 

Sur le site officiel Guillaume Apollinaire, le poème « Marie », un chant d'amour et de douleur, écrit en 1912 (peu après la rupture avec Marie Laurencin) et dit par Apollinaire le 24 décembre 1913 ("Archives de la parole").

Marie Laurencin - Apollinaire

« Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine »



Guillaume Apollinaire, « Marie », Alcools, Gallimard, Collection Poésie, page 55.

 

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