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Espagne

Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /2007 07:07

Vous trouverez ci-dessous un article très intéressant sur "La feria de libros" à Madrid. J'avoue, malgré mes nombreux séjours et escales à Madrid, je n'ai jamais fait attention à cette feria, et je me promets d'y aller faire un tour à mon prochain voyage. J'ai choisi un article d'Azureva, site très intéressant, pour vous le faire découvrir :

"Prés du Musée du Prado et de la gare d’Atocha, entre le Jardin botanique et le Parc du Buen Retiro se trouve la Feria de Libros de Madrid. En passant devant les trente «casetas» on ne réalise pas qu’elles ont marqué l’histoire de la ville et que des générations de passionnés du livre ancien sont passés par la Cuesta de Moyano, à la recherche d’un volume non réédité ou d’un parchemin unique.


Nous sommes assis autour d’une caña au café de l’Alhambra. Txomin, propriétaire de la Caseta 10, me raconte l’histoire de la Feria avec ferveur. La Feria, c’est une grande partie de sa vie, très chaud l’été, froid l’hiver, mais la joie de vivre dans les livres, les choisir, les acheter, les transporter à bout de bras en s’essoufflant, les accumuler (surtout les accumuler), puis les vendre. C’est le bonheur de participer à une institution historique et d’être maître en sa caseta. Certains des vendeurs de la Cuesta sont là depuis plusieurs décennies, ils font partie du paysage et transmettent leur passion aux plus jeunes, comme Txomin.

La Feria
a été créée en 1925. Elle est une des rares institutions à être restée ouverte pendant les années de dictature, le fantôme de la censure en toile de fond. On peut encore trouver des photos de soldats en permission, venant faire un tour du coté de la Feria. Jusqu’en 1984 les cabanes étaient totalement en bois. Leur mauvais état, les risques d’incendies et les conditions de travail précaires des libraires ont poussé l’Ayuntamiento à lancer leur rénovation. C’est ainsi que sont apparues les nouveaux stands, construits en dur, et plus sûrs.
feria-livres.jpg

Dans leurs casetas d’aspect modeste et accueillant, les libreros font le lien entre leur amas de livres et l’animation de la rue. Parce qu’ils sont là tous les jours et que leurs maisonnettes sont ouvertes sur l’extérieur, ils sont des témoins exceptionnels de l’histoire madrilène.

Actuellement, à cause des travaux qui sont en cours
sur la Cuesta Montoya, les stands des libraires ont été déplacés sur le Paseo del Prado, mais ils retrouveront très bientôt leur emplacement originel.

Je remercie tout particulièrement Txomin, Caseta 10, grand passionné et grand connaisseur.

La Feria est ouverte tous les jours."

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /2007 07:16

GAUDI – La Sagrada Familia

Sagrada-familia-1.jpg Photo "L'internaute"


La Sagrada Familia
a de quoi marquer tant elle change des édifices religieux que l'on a l'habitude de voir: Gaudi signa là son style peut-être plus que sur ses autres réalisations. Il s'agit en effet de l'œuvre la plus évocatrice de sa pensée, de sa vision de l'architecture. Il y applique toute son expérience et donne aussi au connaisseur les moyens de découvrir clairement ses préférences, ses méthodes, l'aboutissement de ses recherches.

La Sagrada Familia garde un lien fort avec le "temps des cathédrales" par la reprise des formes de l'art gothique, ce qui s'inscrit dans un mouvement romantique espagnol valorisant le Moyen Age, tout en s'associant avec des éléments nés d'une pensée unique et moderne de l'artiste, se rapprochant de l'art nouveau. L'apport propre à Gaudi vient de son observation de la nature, une sorte de "style organique" puisque les éléments végétaux sont omniprésents, que ce soit au niveau du détail, comme sur le portique composé de figures naturalistes, ou à plus grande échelle puisque les quatre tours dominantes, avec leurs ramifications en parties hautes, donnent l'image d'une forêt ou d'un épis de maïs. Gaudi s'inspira aussi, mais plus discrètement, d'éléments cubistes ou surréalistes.

 Il n'est pas faux de dire que Gaudi a vécu pour la Sagrada Familia puisqu'il obtient le projet à 31 ans et s'en occupe entièrement, refusant tout autre proposition, les seize dernières années de sa vie. Mais toutes ces années n'ont pas suffi pour achever l'édifice: il reste en chantier après sa mort, n'est toujours pas terminé aujourd'hui et les prévisions estiment l'achèvement autour de 2025, un siècle après la mort de Gaudi.

 Le projet était d'envergure… car s'il n'existe aujourd'hui que quatre tours de 100 et 150 mètres, Gaudi en avait prévu 19 dont la répartition se basait sur les grands personnages de la Bible : 12 pour les apôtres, 4 pour les évangélistes, une, plus haute, pour symboliser la Vierge, et une dernière, la tour culminante à 170 mètres qui représente le Christ. En attendant la réalisation de cet aspect du projet, Gaudi a fait couronner les quatre tours d'une mosaïque de couleurs, laissant d'ailleurs par cette polychromie la marque de l'importance qu'il portait aux couleurs.

Le mélange des styles donne à ce curieux édifice un aspect qu'il revient à chacun de juger selon sa sensibilité, palais troglodyte ou bougie fondante, la Sagrada Familia reste cependant l'exemple du "modernisme", un style artistique qui se définit par la recherche de l'exubérance des formes pour certains, de la créativité pour d'autres mais qui reste de toutes manières un apport original à l'histoire de l'art.

Source : http://www.clioetcalliope.com/art.htm

 

Pour en savoir plus, un site très intéressant et très détaillé :

http://www.gaudiallgaudi.com/FA012.htm#Histoire:

Vous y trouverez, l’histoire de la Sagrada Familia, les informations pratiques, et toutes sortes d’informations détaillées sur chacune des façades.

 

 

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /2007 00:00

LA GENERATION DE 1927

Dans les années 1920, le vent régénérateur de l'esthétique avant-gardisme souffla avec force à travers l'Europe de l'Ouest. D'incroyables personnalités espagnoles tels que Pablo Picasso, Salvador Dali, et Luis Bunuel, figurent au mouvement. Le travail du dernier était intimement lié à ses racines espagnoles et à un tempérament excessif et baroque, rempli de contrastes paraissant caractériser l'art Espagnol. C'est Picasso, qui, avec le Cubisme, écrivit les premières pages de la peinture du 20è siècle. Les admirateurs de ce peintre de Malaga peuvent apprécier son « Guernica », tableau dépeignant l' horreur du bombardement Nazi de cette ville durant la Guerre Civile, au Musée d'Art Reina Sofia de Madrid. A Barcelone, les amoureux d'art peuvent visiter la rue Avino, berceau symbolisme du Cubisme, concrétisé dans « Las señoritas de Avignon ». il y a aussi le splendide Musée Picasso au centre du quartier Gothique, qui abrite certaines de ses oeuvres de jeunesse, ainsi que beaucoup de gravures et les séries de toiles inspirées par « Las Meninas » de Velasquez.

Madrid est le lieu de naissance du Cubiste Juan Gris, qui parvint à réduire les objets qu'il peignait à leurs masses chromatiques et leurs propriétés géométriques élémentaires. La Catalogne peut revendiquer la paternité de Juàn Mirò, le maître du Surréalisme, qui fut profondément poétique et original, avec sa vision infantile révélant une vision plus sage. Une large partie de ses oeuvres est exposée à la Fondation Mirò de Barcelone, dont les superbes édifices furent dessinés par l'architecte Josep Luis Sert.

Salvador Dali est aussi associé au Surréalisme. Artiste exceptionnel aimant provoquer la sensibilité bourgeoise avec des gestes choquants et calculés. Dali vécu avec Luis Bunuel et Federico Garcia Lorca dans les années 1920 à la Résidence Estudiantine (Residencia de Estudiantes) de Madrid. Cette institution très importante pour son ambiance intellectuelle et la grande fertilité artistique de ses locataires, reste encore aujourd'hui un centre culturel prospère et le site du Consejo Superior de Investigaciònes Cientificas. C'est ici que le groupe de poètes connu sous le nom de la Génération de 27 vit le jour.

Pour la première fois depuis le début du 17è siècle, un groupe prééminent de talents lyriques coïncida en Espagne : Jorge Guillen, Pedro Salinas, Federico Garcia Lorca, Rafael Alberti, le lauréat du Prix Nobel Vicente Aleixandre, Luis Cernuda, Damaso Alonso, Gerardo Diego,... Culturellement parlant, la Génération de 27 représenta un moment unique où les impressions prédominantes étaient celles d'une attitude insouciante de l'avant garde, d'une illusion de l'art moderne et de l'optimisme du Vieux Continent entre les guerres. En Espagne, l'ambiance se développa éphémèrement dans l'atmosphère grisante provoquée par la proclamation de la Seconde République. Les jeunes artistes étaient transportés par le monde du cinéma, les « Lumières de la ville », la rupture avec la bourgeoisie, l'art du réalisme et l'illusion d'une révolution politique et esthétique.

Plusieurs années plus tard, tous souffrirent les déchirements de la Guerre Civile. Federico Garcia Lorca, assassiné par les Nationalistes, symbolisa de par sa mort, celle de l'ensemble d'une génération créative. Rafael Alberti, Luis Cernuda, Pedro Salinas, Jorge Guillen, Rosa Chacel et Maria Zambrano furent forcés de s'exiler. Leur poésie, qui avait apportée au lyrisme espagnol la perfection idéale en « poésie pure », devint plus temporelle, plus réfléchie. 

http://www.sispain.org/french/language/1927.html

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Samedi 11 mars 2006 6 11 /03 /2006 08:00

J'en avais envie depuis longtemps, voici un extrait de l'aventure des moulins à vent..

En ce moment ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a dans cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer: "La fortune conduit nos affaires mieux que ne pourrait y réussir notre désir même. Regarde ami Sancho ; voilà devant nous au moins trente démesurés géants, auxquels je pense livrer bataille et ôter la vie à tous tant qu’ils sont. Avec leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir ; car c'est prise de bonne guerre, et c'est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre. "

 

—Quels géants ? demanda Sancho Panza.

 

 

— Ceux que tu vois là-bas, lui répondit son maître, avec leurs grands bras, car il y en a qui les ont de presque deux lieues de long.

 

 

—Prenez donc garde, répliqua Sancho, ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, lesquelles, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.

 

 

—On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je et, si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille. "

 

 

En parlant ainsi, il donna de l’éperon à son cheval Rossinante, sans prendre garde aux avis de son écuyer Sancho, qui lui criait qu’à coup sûr c'était des moulins à vent et non des géants qu'il allait attaquer. Pour lui, il s’était si bien mis dans la tête que c'était des géants que non seulement il n'entendait point les cris de son écuyer Sancho, mais qu’il ne parvenait pas, même en approchant tout près, à reconnaître la vérité.

 

 

Au contraire, et tout en courant, il disait à grands cris : "Ne fuyez pas lâches et viles créatures, c'est un seul chevalier qui vous attaque."

Un peu de vent s’étant alors levé, les grandes ailes de ces moulins commencèrent à se mouvoir, ce que voyant don Quichotte, il s’écria : " Quand même vous remueriez plus de bras que le géant de Briarée: vous allez me le payer. "

 

 

En disant ces mots, il se recommanda du profond de son cœur à sa dame Dulcinée, la priant de le secourir en un tel péril ; puis, bien couvert de son écu, et la lance en arrêt, il se précipita au plus grand galop de Rossinante, contre le premier moulin qui était devant lui ; mais au moment où il perçait l’aile d’un grand coup de lance, le vent la chassa avec une telle furie qu'elle mit la lance en pièces et qu’elle emporta après elle le cheval et le chevalier, qui s'en alla rouler un bon dans la poussière en fort mauvais état.

 

 

Sancho Panza accourut à son secours de tout le trot de son âne et trouva en arrivant près de lui qu'il ne pouvait plus remuer tant le coup et la chute avaient été rudes.

 

 

" Miséricorde ! » s’écria Sancho; n’avais-je pas bien dit à Votre Grâce qu’elle prît garde à ce qu’elle faisait, que ce n’était pas autre chose que des moulins à vent ? "

 

 

—Paix, paix ! ami Sancho, répondit Don Quichotte, les choses de la guerre sont plus que d'autres sujettes à des chances continuelles ; d'autant plus que je pense, que ce sage Freston, qui m'a volé les livres et mon cabinet, a changé ces géants en moulins pour m’enlever la gloire de les vaincre : tant est grande l'inimitié qu'il me porte ! Mais, en fin de compte son art maudit ne prévaudra pas contre la bonté de mon épée.

 

 

—Dieu le veuille, comme il le peut " répondit Sancho Panza ; et il aida son maître à remonter sur Rossinante qui avait les épaules à demi déboîtées.

 

 

En conversant sur l’aventure, il suivirent le chemin du Port-Lapice, parce, disait don Quichotte, comme c’est un lieu de grand passage, on ne pouvait manquer d’y rencontrer toutes sortes d’aventures.

 

 

Don Quchotte - Cervantes - Chapître XI

 

 

 

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