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Arts

Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /2006 00:00
Toujours dans la catégorie de ces artistes qui passent d'un art à l'autre, je voudrais vous présenter HENRI MICHAUX, par le biais de ce portrait, réalisé par  Nathalie Jungerman :

L’univers poétique et pictural d’Henri Michaux est animé par la même exigence. Celle d’une non-pesanteur, d’une dynamique où la parole et la peinture comme énergie donne à voir et à éprouver. Toujours à la recherche d’une langue intime, Michaux désémantise le langage pour atteindre l’essentiel. La parole poétique est à la fois le dire sans parler, lieu de passage et de silence, et le parler pour ne rien dire, avec l’exploitation des ressources phonétiques qui met à l’épreuve le langage. Ecriture instable qui refuse le figé, qui relance perpétuellement le mouvement et percute de plein fouet les conventions traditionnelles du discours. Eclats d’encre noire ou formes humaines qui restent fantomales, imprécises, voire diaphanes, qui d’un instant à l’autre semblent disparaitre et s’évanouir dans l’abstrait. Ses peintures, aquarelles, gouaches, encres, ses dessins mescaliniens ou de "désagrégation", ses idéogrammes...projettent sur le papier une vie immédiate qui est au plus profond de l’intime. Peinture abstraite à la limite de la figuration, peinture référentielle qui renvoie au langage du corps, qui englobe l’intérieur et l’extérieur, transmet l’affect dans son intensité et n’a pas pour fin la ressemblance mais la métamorphose, la déformation de ce qui lie la forme à l’être. Le texte poétique de Michaux ne s’embarrasse pas non plus du respect de la ressemblance, il ne recrée pas l’image de l’amour, de la souffrance ou d’un tempérament mais l’exprime - écriture de l’affect. Ainsi, la langue s’allège des règles logiques de la syntaxe et s’opère sur le mode du mouvement et du dynamisme.

Extrait de "Ma vie"

MA VIE
 
Tu t'en vas sans moi, ma vie.
Tu roules.
Et moi j'attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi. 
Je ne t'ai jamais suivie.
Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.
A cause de ce manque, j'aspire à tant.
À tant de choses, à presque l'infini...
À cause de ce peu qui manque, que jamais n'apportes.

(Extrait de "La Nuit Remue" Poésie/Gallimard)

 

Quelques oeuvres

 


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- Publié dans : Arts
Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 00:00

Passionnée de culture espagnole et du fait de mes origines nîmoises, de tauromachie, je souhaitais vous faire découvrir ce milieu, souvent contesté, autrement que par des enseignements techniques, mais plutôt d'un point de vue artistique, vu que je suis une passionnée de peinture. Pour cela, j'ai choisi de vous présenter quelques artistes peintres dont les oeuvres sont à mes yeux des véritables chefs d'oeuvre. Qu'on aime ou que l'on n'aime pas la tauromachie (et vous l'aurez compris, ce n'est pas mon but dans cet article d'influencer votre jugement), on ne peut qu'être interpelé devant le travail accompli de tous ces peintres, que je remercie vivement d?avoir accepté que je leur accorde une petite place dans mon blog. Aujourd'hui, je vous présente donc : 

1. Catherine FARVACQUES - Artiste animalier.


Au départ, Catherine est une cavalière de dressage qui s'est peu à peu intéressée au travail des chevaux de corrida équestre. Au fil du temps, en lisant beaucoup sur ce sujet et en rencontrant des écrivains taurins et des toreros, elle a finit par plonger dans cet univers que je qualifie d'artistique. Pour en savoir plus sur son parcours, vous pouvez vous rendre .

Le taureau est pour moi le plus noble animal, celui qui a le plus de bravoure et Catherine, dans ses peintures, lui rend un très bel hommage. Ses traits sont clairs et puissants. En lui rendant visite sur son site (à voir ), vous découvrirez également sa passion pour le monde animalier en général.

Je vous laisse parcourir quelques unes de ses oeuvres tauromachiques, que vous pourrez également retrouver ici : 

     
   
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- Publié dans : Arts
Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 00:00
Saviez-vous que Baudelaire était très narcissique... ?
Il aimait faire des caricatures, et surtout de lui-même !
Il a notamment fait une caricature de lui-même se représentant sous l'influence du haschisch. A 23 ans, Baudelaire nous offre une vision de sa personne sous les traits d'un fier dandy tournant le dos au monde, peut-être même au dessus du monde.
Il en a fait d'autres également, à l'encre et à la plume et aussi au crayon. Celle de l'encre provient de la collection littéraire du XIXe siècle léguée en 1907 par le vicomte belge Charles de Spoelberch de Lovenjoul.
Il avait quand même un joli coup de crayon, vous ne trouvez pas ? Etait-il narcissique ou avait-il un sens aigu de l'auto-dérision ?
 
Voici les caricatures en question :
     

Baudelaire par lui-même (crayon)

 Baudelaire par lui-même (encre et plume)

 Baudelaire par lui-même

 Baudelaire sous l'effet du haschisch

 

Merci au site Litteratura.com pour ces magnifiques caricatures
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- Publié dans : Arts
Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 00:00

Les poètes ne dessinent pas. Ils dénouent l’écriture et la renouent ensuite autrement. C’est ainsi qu’en 1924, dans la dédicace à Picasso de son album Dessins, Jean Cocteau marque le caractère essentiellement linéaire de sa poésie graphique qui n’a recours ni au clair-obscur, ni à la tache (comme celle d’Hugo), et s’exprime complètement par la pureté du trait, la justesse du cerne. 

Toute sa vie, le poète a pourtant dessiné autant qu'il a écrit, son graphisme est connu dans le monde entier : dessins, décors de théâtre, lithographies, gravures, sculptures, fresques... Cette œuvre est considérable.

"Pour tracer une ligne vivante et ne pas trembler de la savoir en danger de mort sur tous les points de sa route, il me faut dormir d’une sorte de sommeil, laisser descendre sans réserve les sources de ma vie dans ma main, et que cette main finisse par travailler seule, par voler en rêve, par se mouvoir sans se soucier de moi."

Les recherches de Cocteau sont souvent proches de celles des surréalistes quoiqu’il se soit et qu’ils l’aient - toujours tenu à l’écart de leur groupe. De l’exploration par le poète des domaines de la nuit intérieure et du mystère résultent maints dessins, et spécialement ceux de l’exposition de février-mars 1937 sur le thème : mandragores et mains chevalines. "Les dessins que j’expose à la galerie les Quatre Chemins ont été faits cet été à Fourques, où je voyais des lézards verts plus rapides que la foudre, des chevaux de campagne gesticulant comme une belle main, et en pensant aux mandragores que les indigènes élèvent dans une île proche de Singapour."

Cocteau dessinateur, transcripteur exact de sa mythologie, est aussi l’idéal illustrateur de ses livres.

Le graphisme de Cocteau n’évolue qu’insensiblement. Dans les années 20, le trait présente d’abord ce léger tremblement défini par Paul Fierens à propos de Dessins : (Cocteau) rêve en même temps qu’il voit, flottant entre la conscience claire et l’inconscience. (..) De là ce tremblé de la main, de la ligne ». Il semble, très curieusement, qu’à chaque pas l’équilibriste hésite et que sa marche, sa démarche, d’un bout à l’autre du parcours, soit parfaitement assurées. Dans les années 30, le trait s’affermit, puis s’émancipe jusqu’à retrouver la liberté et la rapidité de L’esquisse dans Portraits Souvenir et dans les illustrations des Enfants terribles ou des Chevaliers de la Table ronde. Exceptionnellement, et comme pour se prémunir contre les facilités d’une manière trop cursive, Cocteau s’applique alors, dans un certain nombre de dessins, à rendre minutieusement le modelé.

Vers 1944, la sûreté, la vigueur et l’aisance auxquelles atteint le dessinateur témoignent d’une maîtrise qui donne lieu à trois réussites majeures : le portrait de Colette, d’une acuité digne de Lautrec, les lithographies d’Orphée et les dessins sur le thème de la licorne (1947), où triomphe le mouvement lyrique de la ligne. Le traitement déjà pictural du portrait de Colette et de plusieurs lithographies d’Orphée annonce les prochaines expériences plastiques.

Pour le plaisir, quelqu'uns de ses dessins :

     

 Cocteau - Baiser

 Cocteau - Le Patineur

 Cocteau - Oeil en coin

 

   

 Cocteau - Personnage

 Cocteau - Visage

 Cocteau - Le chevalier

 

 

 

 

 

 

 

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