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Poétes espagnols

Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 07:26


“Nous ne ferons rien d'autre que poignarder la vie” Cernuda

De cette glorieuse génération de 1927 des poètes espagnols, celle des Jorge Guillen, Federico Garcia Lorca, Rafael Alberti, Vicente Alexandre, Maria Zambrano, Luis Cernuda demeure l’un des plus mal connus en France.

L’ombre d’un autre andalou, Lorca, si proche de lui, l’aura précipité dans les fossés oublieux de nos mémoires, et lui aura fait grand tort. Condamné lui aussi comme poète, comme républicain, comme homosexuel, il sera toujours en fuite réelle ou intérieure. Lui aussi aura « assisté vivant à la mort de l’espoir ».

Moins miroitant, moins séduisant et plus secret, Luis Cernuda est le poète de la quête, de l’exil vécu jusqu’au tréfonds.

Il était en fait différent, fasciné par les marges du monde et des amours autres, amours homosexuelles, qu’il va célébrer avec lyrisme, mais sans ces « éjaculations exaltées » comme chez André Gide qu’il lisait avidement et considérait comme son père « adoptif ».

Il a amplifié son exil intérieur par l’exil des terres, loin de son lopin andalou de soleil, de jasmin et d’olives noires. Mais loin aussi de la pourriture franquiste qui va momifier si longtemps son Espagne.

Il s’en ira solitaire en 1938 en Grande-Bretagne. Lui le républicain parti en février 1938 pour militer contre la peste franquiste, il va s’établir comme lecteur d’espagnol dans plusieurs collèges, à Londres, Cranleigh, et à l’Université de Glasgow. Il va y rester neuf ans !

La suite sera une longue route aux Etats-Unis, pour enfin le port d'attache au Mexique, en terre de langue espagnole, mais toujours volontairement loin de cette Espagne devenue mythique et effrayante, étrangère pour avoir été trop chantée, trop aimée de loin.

Il lui fallait le déracinement pour amplifier son combat avec la solitude, à la fois subie et tant désirée. Poète et homosexuel, il se brisait sur les rochers du quotidien et des échecs inéluctables du désir érotique. Ses « amours particulières » comme le dirait Lluis Llach, le tiennent en lisière de ce monde machiste qui lui refusait toute vie sociale, à lui qui voulait vivre de façon tout à fait ouverte son homosexualité. Sans illusions, il veut croire à "Los Placeres Prohibidos" (Les plaisirs interdits), qu’il sait éphémères et sans issue.

Et puis poète voici une autre grande raison suffisante pour être écarté de la société. Cette société il la vomit :

« De même que la ville, façades rouges tachées de suie qui se répètent rétrécies par la perspective, comme un coffre chinois en contenant un autre plus petit, et celui-ci un autre, et celui-ci un autre, de même les êtres qui l’habitent : monotonie, vulgarité repoussante partout. Comment remplir les heures de cette existence sans fond ?

Divinité à deux faces, utilitarisme, puritanisme, c’est à elle que de tels gens peuvent rendre culte, pour eux tout ce qui ne procure pas un profit tangible est un péché. L’imagination leur est aussi étrangère que l’eau pour le désert, ils sont incapables de tout acte superflu, généreux, libre, raison première de l’existence. Et là-bas, au fond de ton être, où vivent des instincts cruels, tu trouves que tu ne saurais condamner ce rêve: la destruction de cette accumulation de niches administratives” (Ocnos).

Tiré du site http://www.espritsnomades.com

 

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 07:41


Álvaro Delgado - Jorge Guillén, En la Ciudad (***) (Ref: DEL-006)

Punta seca y aguatinta, 32 x 24,5 cm mancha, 48,5 x 38 cm soporte


 

Jorge Guillén fut l'un des représentants les plus illustres de la génération poétique espagnole des années 1920 qui, autour de Federico García Lorca, a groupé une pléiade de poètes parmi lesquels se détachent, outre Guillén, Pedro Salinas, Vicente Aleixandre, Luis Cernuda et Rafael Alberti.Admirateur et ami de Paul Valéry, superbe traducteur du Cimetière marin, Guillén, à l'instar de l'auteur de Charmes, semble avoir recherché d'abord cette même quintessence de la sensation qui, délivrée du phénomène et de son mouvoir, se résout dans la clarté tout idéale de l'esprit.(...) – (Source : encyclopédie Universalis)

Jorge Guillén 1893-1984 poète espagnol de la Génération de 27.

Pour son inclination à la poésie pure, quelques critiques le considèrent comme le disciple le plus direct de Juan Ramón Jiménez.

Guillén fut introduit tardivement à la création littéraire : à trente-cinq ans il publia son premier livre, Cántico, qui sera augmenté en plusieurs éditions. Il sera suivi de Clamor et Homenaje.

Cántico fut édité pour la première fois en 1923 dans la revue de l'Occident et incluait seulement 75 poèmes. La version finale publiée en 1950 à Buenos Aires en contient 334 divisés en cinq parties : « Al aire de tu vuelo », « Las horas situadas », « El pájaro en la mano », « Aquí mismo » et « Pleno ser ». Dans cette œuvre, le poète exalte l'existence, l'harmonie du cosmos, la luminosité, la plénitude de l'être et l'intégration du poète dans un univers parfait où souvent fusionnent l'aimé(e) et le paysage. L'optimisme et la sérénité marquent les différents poèmes qui composent le livre.

Dans Clamor, Guillén prend conscience de la temporalité et entre les éléments négatifs de l'Histoire : la misère, la guerre, la douleur, la mort... Si Cántico est le fait d'être reconnaissant au poète pour la perfection de la création, dans Clamor se partage la croyance en la perfection du cosmos. Néanmoins, ce n'est pas une affliction ou un livre pessimiste car dedans domine le désir de vivre. Cet ouvrage se divise en trois parties Maremágnum (1957), avec le noyau central - « Luzbel desconcertado » et « La hermosa y los excéntricos » - présente le manque d'harmonie ; Que van a dar en el mar (1960), où se développe l'idée de la continuité qui fournit la mort, et A la altura de las circunstancias (1963), où apparaît la lutte pour rétablir l'équilibre.

Homenaje fut publié en 1967. Comme l'indique son titre, Guillén exalte les personnes phares du monde des arts et les sciences.

Avec Aire nuestro qui est le titre de la compilation de son œuvre jusqu'en 1968. Furent ensuite publiés Y otros poemas (1973) et Final (1982).
 

La complexité de l'œuvre guillénienne réside dans son idéal de poésie pure, qui se résume en:
 

   1. suppression des anecdotes,
   2. substantivation des adjectifs,
   3. manque de verbes,
   4. précision linguistique et
   5. concentration thématique.

 
(Source : wikipedia)

 

 Deux de ses poèmes (en espagnol)

PERFECCIÓN

 

Queda curvo el firmamento,

Compacto azul, sobre el día.

Es el redondeamiento

Del esplendor: mediodía.

Todo es cúpula. Reposa,

Central sin querer, la rosa,

A un sol en cénit sujeta.

Y tanto se da el presente

Que al pie caminante siente

La integridad del planeta.

 

Cántico (1928-1950)

 

ESTATUA ECUESTRE

 

Permanece el trote aquí,

Entre su arranque y mi mano.

Bien ceñida queda así

Su intención de ser lejano.

Porque voy en un corcel

A la maravilla fiel:

Inmóvil con todo brío.

¡Y a fuerza de cuánta calma

Tengo en bronce toda el alma,

Clara en el cielo del frío!

 

Cántico (1919-1950)




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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /2008 06:52

Vierge en crinoline,
Vierge de la Soledad,
épanouie comme une immense tulipe.
Dans ta barque de lumières
tu vas
sur la marée haute
de la ville,
parmi les saetas troubles
et des étoiles de cristal.
Vierge en crinoline,
tu vas
sur le fleuve de la rue
jusqu'à la mer!


 ******

VIRGEN con miriñaque
virgen de la soledad,
abierta como un inmenso Tulipán.
En tu barco de luces
vas
por la alta marea
de la ciudad
entre saetas turbias
y estrellas de cristal.
Virgen con miriñaque
tú vas
por el río de la calle,
¡hasta el mar!

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- Publié dans : Poétes espagnols
Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /2007 07:54
Pour mon amie Russalka, un petit poème de Vicente Aleixandre (en Espagnol).

SE QUERÍAN

 

Se querían.

Sufrían por la luz, labios azules en la madrugada,

labios saliendo de la noche dura,

labios partidos, sangre, ¿sangre dónde?

Se querían en un lecho navío, mitad noche, mitad luz.

       

Se querían como las flores a las espinas  hondas,

a esa amorosa gema del amarillo nuevo,

cuando los rostros giran melancólicamente,

giralunas que brillan recibiendo aquel beso.

       

Se querían de noche, cuando los perros  hondos

laten bajo la tierra y los valles se estiran

como lomos arcaicos que se sienten repasados:

caricia, seda, mano, luna que llega y toca.

       

Se querían de amor entre la madrugada,

entre las duras piedras cerradas de la noche,

duras como los cuerpos helados por las horas,

duras como los besos de diente a diente sólo.

       

Se querían de día, playa que va  creciendo,

ondas que por los pies acarician los muslos,

cuerpos que se levantan de la tierra y flotando...

se querían de día, sobre el mar, bajo el cielo.

       

Mediodía perfecto, se querían tan   íntimos,

mar altísimo y joven, intimidad extensa,

soledad de lo vivo, horizontes remotos

ligados como cuerpos en soledad cantando.

 

Amando. Se querían como la luna lúcida,

como ese mar redondo que se aplica a ese rostro,

dulce eclipse de agua, mejilla oscurecida,

donde los peces rojos van y vienen sin música.

       

Día, noche, ponientes, madrugadas,  espacios,

ondas nuevas, antiguas, fugitivas, perpetuas,

mar o tierra, navío, lecho, pluma, cristal,

metal, música, labio, silencio, vegetal,

mundo, quietud, su forma. Se querían, sabedlo.

 



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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Poétes espagnols
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