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Espagne

Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /2006 00:00
 Antonio Machado

Les deux plus grands poètes espagnols du XXème siècle, Federico Garcia Lorca, assassiné à Grenade en 1936 et Antonio Machado  mort en exil à Collioure en 1939, furent tous deux victimes du Franquisme. Moins éclatante et audacieuse que la poésie de Lorca, mais empreinte d'une sagesse et d'une profondeur qui lui donne une portée égale à celle des plus grand poètes de tous les temps, de Khayyam (Perse) à Umberto Saba (Italie), l'oeuvre de Machado interroge constamment les grands mystères de la vie humaine, dans une contemplation attentive des hommes et du monde.






« Imprévisible parcours que celui de cet Andalou, né à Séville en 1875! Rien ne laissait prévoir qu'il finirait ses jours "Tras el Pirineo", à Collioure, pour y reposer à tout jamais à quelques kilomètres de la frontière le séparant de son pays d'origine. Après la prime enfance passée à Séville assombrie par le décès de son père, sa mère et son oncle vont lui prodiguer affection et soins attentifs et il poursuivra des études primaires et secondaires sous la houlette de maîtres et de professeurs qu'il tiendra toujours en grande estime. Puis il accompagne son frère à Paris à qui la maison Garnier vient de proposer un emploi de traducteur. De retour en Espagne, il sera affecté à Soria pour y enseigner le français, où il rencontre celle qui va devenir, le 30 juillet 1909, sa femme, Doña Leonor. Ses poèmes traduisent alors la joie et le bonheur de vivre avec celle qu'il aime passionnément. L'interlude sera de courte durée. Au cours d'un second voyage à Paris, où il fait la connaissance de Ruben Darío et suit les cours de Bergson à la Sorbonne , sa jeune femme contracte la tuberculose. Elle mourra le 1er août 1912. Désormais, le poète va se consacrer à traduire au moyen de l'écriture poétique l'inquiétude intérieure d'un esprit entièrement voué à la réflexion philosophique, qu'il livrera dans des ouvrages en poésie et en prose intitulés : "Champs de Castille", "Les Complémentaires", "Juan de Mairena", "Abel Martin". A Ségovie, où il vient d'être muté, son cœur s'enflamme à nouveau pour celle qui passera à la postérité sous le nom de Doña Guiomar. Pour lors, il partage son temps entre ses activités professionnelles et ses escapades à Madrid où, dans les "tertulias" littéraires, il rencontre l'intelligentsia espagnole de l'époque -Unamuno, Valle Inclán, Alberti- et il collabore avec son frère Manuel à la rédaction de pièces de théâtre. Cette fièvre créative ne l'empêche pas de s'intéresser aux mouvements politiques et sociaux qui secouent l'Espagne, et qui la diviseront  bientôt en deux camps fratricides. Républicain de toujours, Machado se retrouve naturellement dans le camp des opposants à Franco et met sa plume au service du peuple, collaborant à plusieurs journaux dont " La Vanguardia " de Barcelone. La guerre le sépare de Doña Guiomar, qui part pour le Portugal, et à mesure de l'avance des troupes factieuses, ses amis conduisent le poète à abandonner Madrid pour Valence, puis Barcelone. Il accuse de plus en plus la fatigue physique et morale: Lorca a été fusillé. Unamuno, qu'il admirait, n'est plus. Les fascistes gagnent du terrain. Il lui faut se résoudre à quitter Barcelone, cette fois pour l'étranger. La mort dans l'âme, le voici sur le chemin de l'exode, accompagné par sa mère octogénaire, son frère José et la femme de celui-ci, au milieu de tout un peuple -le sien- de fugitifs. Dans la cohue, il perd une valise contenant des travaux inédits. Le groupe est épuisé. Il fait froid. Un ami explique au Commandant du poste de Perthus qui est Machado. Le gradé réussit à leur procurer une voiture qui, péniblement, conduit les quatre rescapés jusqu'à Cerbère. Ils se voient contraints de passer la nuit dans un wagon où règne une température glaciale. Le lendemain, ils descendent à Collioure, où un employé des chemins de fer, Monsieur Baills, les aiguille vers l'hôtel Quintana. Pourquoi cette halte à Collioure? Pourquoi le poète n'a-t-il pas essayé de rejoindre Paris, qu'il connaissait et où il était connu? La question reste sans réponse. Sans doute faut-il en attribuer la cause à l'épuisement. Collioure marque en tout cas le point final de son parcours. Ainsi en a décidé son destin. Arrivé le 2 février 1939 il y mourra le 22 du même mois. Dans l'intervalle, M. Baills a reconnu en Machado le grand poète qu'il avait eu l'occasion - à l'époque, déjà - d'étudier en classe d'espagnol. La nouvelle s'était répandue et on lui fit un enterrement digne de sa personne et de ce qu'elle représentait. Son frère trouva dans une des poches de son pardessus un bout de papier chiffonné sur lequel il avait écrit ce que l'on considère comme son dernier vers:
Esto días azules y este sol de la infancia. "
Miguel Martinez
Secrétaire général de la fondation Machado

 

 

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Jeudi 1 décembre 2005 4 01 /12 /2005 00:00

MADRID, Alfred de Musset, 1ères poésies

Madrid, princesse des Espagnes,
Il court par tes mille campagnes
Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs.
La blanche ville aux sérénades,
Il passe par tes promenades
Bien des petits pieds tous les soirs.

Madrid, quand tes taureaux bondissent,
Bien des mains blanches applaudissent,
Bien des écharpes sont en jeux.
Par tes belles nuits étoilées,
Bien des senoras long voilées
Descendent tes escaliers bleus.

Madrid, Madrid, moi, je me raille
De tes dames à fine taille
Qui chaussent l'escarpin étroit ;
Car j'en sais une par le monde
Que jamais ni brune ni blonde
N'ont valu le bout de son doigt !

J'en sais une, et certes la duègne
Qui la surveille et qui la peigne
N'ouvre sa fenêtre qu'à moi ;
Certes, qui veut qu'on le redresse,
N'a qu'à l'approcher à la messe,
Fût-ce l'archevêque ou le roi.

Car c'est ma princesse andalouse !
Mon amoureuse ! ma jalouse !
Ma belle veuve au long réseau !
C'est un vrai démon ! c'est un ange !
Elle est jaune, comme une orange,
Elle est vive comme un oiseau !

Oh ! quand sur ma bouche idolâtre
Elle se pâme, la folâtre,
Il faut voir, dans nos grands combats,
Ce corps si souple et si fragile,
Ainsi qu'une couleuvre agile,
Fuir et glisser entre mes bras !

Or si d'aventure on s'enquête
Qui m'a valu telle conquête,
C'est l'allure de mon cheval,
Un compliment sur sa mantille,
Puis des bonbons à la vanille
Par un beau soir de carnaval.

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Mercredi 30 novembre 2005 3 30 /11 /2005 00:00


Plaza Mayor,

Plaza de tous les décors,
Depuis la Plaza de la Provincia
S’offre à nos yeux ton envoutement :
Terrasses, et bar à tapas,
Toits pointus, balcons et clochetons,
Décors théâtral de caractère castillan.
La Casa de la Carniceria y la Casa de la Panaderia
Aux façades peintes par Luis Velazquez
Se font face sous tes arcades tandis que
Philippe III y règne en maître sur sa statue équestre
Au milieu des peintres et caricaturistes, et des  joueurs de violon.

Plaza Mayor,

Décor de mes 25 ans,
Combien de fois ai-je foulé ton pavé ?

Combien de fois ai-je dégusté un desgranizado de limón

Tandis que je succombais sous la chaleur de ton corps ?
Combien de fois me suis-je arrêtée devant ce peintre

Au pinceau presque immobile
Mais dont l'éclat me faisait vibrer ?
Combien de fois ai-je rêvé me pencher sur ton enceinte animée
Depuis tes hautes fenêtres et tes balcons ouverts au soleil ?

Combien de fois m'as-tu fait frissonner,
Incontournable rectangle des mes pensées ?

Avant de mourir je te veux une dernière fois
Dans mes yeux te refléter..

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /2005 00:00


El Rastro


El Rastro,
Fourmilière de mon cœur,
Lavapiès hétéroclite,
Marché surréaliste
Au milles couleurs et senteurs,
Déballage en tout genre,
Marchands aux milliers d’étals,
Et autres trésors inestimables
Foisonnant entre la Calle ambajadores
Et la puerta de Todedo
Antiquités, cours intérieures,
Marée humaine du bonheur,
Joyeusement animée
Derrière la Grand Cathédrale
J’aimais me perdre dans ta foule
Seule, je me sentais plus forte
Et fière de faire partie de ta fourmilière.
Puisse un jour m’accorder le bonheur
De me faire petite fourmi
Et de déambuler encore et encore
Au milieu de tes fastueux étals

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Communauté : Espagne et flamenco - Publié dans : Espagne
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