Edito


BIENVENUE SUR MON BLOG

Ces pages sont mes empreintes, mon coeur, mon sang. Elles sont nées de ce désir insatiable d'exister et de me sentir exister et surtout de laisser une trace.
Vous pourrez à tout moment me faire part de vos commentaires en cliquant ICI .






Merci aux FreeCompteur.com personnes qui m'ont déjà rendu visite depuis l'installation de ce compteur (21.09.05)



De vous à moi...


NOUVEAUTE

Venez découvrir mon deuxième blog : 
En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

****

Creative Commons License


Ce site est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.
Aucune reproduction, même partielle, autre que celles prévues à l'article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle, ne peut être faite de ce site sans l'autorisation expresse de l'auteur"


 

Annuaire des arts

Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Courts récits (atelier d'écriture)

Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 07:26

Ce texte a été écrit à l'occasion de la proposition 44 d'Ecriture Créative


La lune, la gitane et l'enfant

La lune maintenant, dispersait au loin sur les monts enneigés son voile d’argent, faisant scintiller leur robe immaculée de mille reflets identiques à ceux d'un soleil matinal s'épanchant sur un lac gelé. Il n'était pas plus beau spectacle pour Soledad chaque fois que la lune lui laissait entrapercevoir son visage large et rond, parsemé de tâches de rousseur. Accoudée à la fenêtre de sa caravane, le nez collé contre les carreaux givrés, elle pouvait la scruter du regard pendant des heures entières et partir dans une rêverie intemporelle pendant de longues minutes durant. Elle ne ratait jamais ce rendez-vous nocturne depuis qu'une de ses camarades, gitane de sang comme elle, lui avait confié qu'un jour de pleine lune, cet astre mystérieux lui avait offert son sourire. En revanche, depuis ce soir-là, Maria elle, évitait la lune, obsédée pare le poème de F. Garcia Lorca "Romance de la Lune", que son grand-père lui avait lu, dans lequel la lune avait ravi un petit gitan qui la contemplait avec fascination.  Mais Soledad, du haut de ses sept ans, était une rêveuse, et déjà aussi une grande poète. Elle ne l'entendait pas comme ça, la lune ne pouvait pas être une voleuse d'enfants. Elle n'était pas effrayée par cette histoire, bien au contraire. Sa fascination pour la lune en était d'autant plus gonflée. A tel point qu'elle aurait bien aimé être cet homme, qui trente ans auparavant, avait fait ses premiers pas, et avec lui, l'humanité entière, sur le sol craquelé de l'astre. C'est sûr, elle aussi un jour, marquerait l'humanité et serait la première femme à poser ses talons aiguilles sur la lune. Elle se l'était promis. En attendant, elle guettait la moindre mimique de la grande dame blanche, épiant le moindre changement de face.

 

Colombie - SANTIAGO DE CALI – Quelques années plus tard.

 

Dans une longue avenue ombragée où traîne habituellement une faune bigarrée à la recherche du plaisir de vivre, un corps est découvert, gisant contre les murs du cloître de l’église de La Merced. Il s’agit d’une femme à la peau basanée, les cheveux longs très noirs. Une marre de sang encercle son visage. Elle ne respire plus. Elle tient dans sa main comme un trésor caché, une paire de talons aiguilles.

Les gens du quartier diront qu’il s’agit d’une gitane, qui se faisait appeler Soledad. Qu’elle vivait seule, et qu’elle avait perdu la tête. Elle passait son temps à arpenter les rues du quartier en hurlant que la lune lui avait pris son enfant.  On retrouvera quelques mois plus tard le tableau d’un peintre qui aura immortalisé la scène : une femme sensuelle aux longs cheveux soyeux couleur d’ébène, de grands yeux en amande, vêtue de noir des pieds à la tête, tenant un enfant dans un bras, et sa jolie paire de talons aiguilles de l’autre.

Un autre voisin la reconnaîtra en voyant sa photo dans la gazette du quartier après l’épouvantable meurtre dont elle sera victime, et racontera qu’il avait hébergé dans le temps une jeune femme lui ressemblant beaucoup, très jolie et toujours bien habillée, qui avait fait des études supérieures pour pouvoir réaliser son rêve de marcher sur la lune, et qui reniait ses racines au point de ne jamais parler de son passé. Il poursuivra en disant qu’un jour elle était partie juste après sa rencontre avec un homme de mauvaise vie, probablement d’origine gitane aussi, qui trempait dans la drogue, et qui l’aurait abandonnée juste après lui avoir fait un enfant. D’autres s’empresseront de rajouter qu’elle perdit la tête à ce moment-là. Enfin, une personne de sa communauté ajoutera à ce récit qu’une gitane digne de ce nom ne pouvait aller à l’encontre des croyances et que la lune est un astre sacré, qu’il faut respecter et que malheur arrive à celui qui voudrait la dompter.

 

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS - Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 07:00

Proposition d'Ecriture Créative : Pour commencer l'année, nous vous demandons de jouer avec les mots.

Bien entendu, il y a plusieurs façons de procéder, et celle qui nous intéresse plus particulièrement dans cette proposition, c'est la façon de manier les mots à la manière de R. Devos, c'est-à-dire en redonnant vie à des expressions.

Peut-être vous souvenez-vous de ce célèbre sketch :

"Je vois le portier de l'hôtel; je lui dis:

- Je voudrais voir la mer.

- Elle est démontée.

- Vous la remontez quand ?

- Question de temps."

A votre tour, écrivez un petit texte sous forme de dialogue, où vous prendrez au mot les clichés suivants :

-  "aller droit dans le mur"

- "passer entre les gouttes".

Vous pouvez écrire votre texte à partir d’une ou de plusieurs autres expressions avec lesquelles vous vous sentirez plus à l'aise.


 

 

Emile

 

-      Tu te souviens d’Emile ?

-      Quoi ? Celui qui avait la main sur le cœur ?

-      Oui. Il me l’a fendu.

-      La main ou le cœur ?

-      Mais non, l’âme…

-      Ca ne lui ressemble pas, mais maintenant qu’elle ne te sert plus, tu vas la vendre ?

-      Tu es fou ? Elle est en peine. Elle ne se vend pas. Elle est blessée, c’est tout. A moins de la rendre…

-      Ton estomac te fait tant souffrir que ça ?

-      Oui, ça me pèse cette histoire.

-      Raconte…

-      Nous nous étions rencontrés à la Saint Firmin, sous une pluie cinglante. Il m’a offert son parapluie. Et nous ne l’avons plus jamais fermé. Jusqu’à hier. Il m’a dit qu’il en avait assez, qu’il étouffait et qu’il voulait retrouver la liberté. Alors il est passé entre les gouttes et s’est jeté du pont.

-      C’est moche, il était suspendu ?

-      Non

-      Allez, va, laisse couler l’eau…

 

Les clefs

 

J’arrive dans le restaurant, je mets le dos au comptoir, scrute les gens, et dis au garçon :

 

-      J’ai perdu mes clefs.

-      Je les ai mises sous la porte.

-      Elle est fermée.

-      Et bien, ouvrez vos yeux.

-      Ils sont plissés

-      Et bien, repassez-les.

-      Ma mémoire est creuse, j’ai perdu mes clefs.

-      Allons, allons, remplissez vous le ventre, ça ira mieux

-      Je l’ai dans les talons et malheureusement il est bien bedonnant

-      Parce que vos yeux sont plus gros

-      Ils sont plissés, je vous l’ai déjà dit

-      Comme votre bouche, votre nez, vos paupières, votre front…. Tout est plissé chez vous, par l’inquiétude et le stress. Pas étonnant que vous ayez  perdu vos clefs..

 

L’oiseau

 

-      Je voudrais être un oiseau et voler dans le ciel

-      Il est couvert.

-      Vous le découvrez quand ?

-      Question de vocation.

-      Je l’ai ratée.

-      C’est un sale coup.

-      De grâce, ne soyez pas noir.

-      Je n’ai pas de lunettes.

-      Difficile alors de chausser un oiseau et de voler dans le ciel…

-      Implorez-le !

-      Je préfère pleurer.

-      A quoi bon, les torrents regorgent de boue.

-      Je voudrais passer entre les gouttes alors.

-      Elles font déborder le vase.

-      Pourquoi ne pas vider votre cœur?

-      Il est déjà fendu. Et mon âme est en peine.

-      Vous avez trop poussé des soupirs ?

-      Le dernier est pour bientôt.

-      Ah bon, vous nous quittez ?

-      Seulement d’une semelle…

-      Ah ?

 

Voir les commentaires - Ecrire un commentaire
- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /2009 07:40

 

Retrouvez la consigne de l'atelier Ecriture Créative : ICI

 

Avec son nez crochu, il passait son temps à renifler le doux feuillage qui s’éparpillait comme une rivière sur les landes abandonnées.

Avec ses yeux d’un vert perçant, il scrutait l’horizon et en dévorait les limites.

Avec ses jambes de géant, il passait d’un continent à l’autre avec une délicatesse infinie.

Avec des bras trop grands pour lui, il ne savait que faire.

Il s’ennuyait.

Et en plus il était immortel.

Mais à quoi bon être immortel avec un nez crochu, des yeux d’un vert perçant, des jambes de géant et des bras trop grands ?

Sans oublier son visage parsemé de boutons d’un rouge écarlate qui faisait même fuir les animaux sauvages.

Aucune vie sociale.

Une vie d’ennui.

Et une solitude démesurément trop grande pour lui.

Il s’adressa alors à la fée « Jolicoeur », son unique amie et se mit à lui déclamer une longue plainte qui se transforma en des pleurs gigantesques. Ceux-ci gonflèrent le niveau des fleuves et inondèrent la terre entière jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un immense océan.

C’est ainsi que se termine l’histoire de ce bien étrange personnage...

 

Mais non… vous suivez ou non ?

Je ne vous avais pas dit qu’il était immortel.... ?

 

Quelque part en ville, bien des siècles plus tard.

La fée a propulsé notre bonhomme sur un nouveau chemin, dans un costume de jeune-homme et un corps d’athlète. Rien à redire côté physique cette fois-ci, il assure ! Il vit de petits boulots, fait ses courses au supermarché comme tout le monde, va au ciné, possède son appartement, mais n’a ni famille ni amis.

Car quelque soit le lieu et le siècle où il soit envoyé par la petite fée, il est dit que ce personnage-là restera seul. C’est son destin mais aussi le drame de sa vie. Il faut dire qu’un immortel parmi les mortels, ça fait un peu peur... et les gens le sentent différent. Ils ne s’en approchent pas. Un bonjour, pas plus. Mais c’est tout de même un peu mieux que du temps où il vivait dans la nature. Son physique n’est plus ingrat.

Cela dit, il manque toujours d’amour, d’affection et ce besoin d’exister aux yeux des autres. Peut-être parce que les autres ne savent pas non plus ce que c’est que d’exister, de donner. Les gens se croisent, vivent leur vie, continuent leur chemin mais ne partagent rien. Et c’est comme cela depuis des siècles. Et je peux vous dire que depuis tout ce temps, il a appris à le connaître, le genre humain…Et à faire le constat que, depuis des lustres, les gens se voient sans se voir, se parlent sans se parler, se croisent sans se croiser, mais ne s’arrêtent pas...

« Pas étonnant qu’ils se demandent tous d’où ils viennent et où ils vont...  se dit-il un jour. Ils ne prennent pas la peine de le faire. Ils courent, toujours, se plaignent de leur sort, râlent, mais après quoi, et surtout pourquoi ? Ils ont un regard triste, une vie égoïste, même les enfants ne savent pas s’amuser. Ils passent mais ils ne SONT pas. »

 

Alors, pour qu’au moins une fois par an il y ait un jour agréable, où chacun se pose, se réunisse, retrouve paix, joie, émerveillement et partage, il inventa au fil des siècles une histoire pour les enfants et les parents. Au début ce fut un peu difficile à mettre en place, mais petit à petit, les gens prirent goût à cet évènement (et les commerçants aussi, mais ça ne fait pas partie de mon récit..). Ce jour là fut le jour de la paix, de l’amour, de la famille et de la tendresse.

Vu qu’il était seul et passait inaperçu, notre petit bonhomme se faisait un plaisir fou de se transformer alors une fois par an en un personnage féérique, et déposait quelques présents au pied d’un sapin ou d’une cheminée...

Et lui dans l’histoire ? Il y trouva son compte aussi, puisqu’enfin les enfants demandaient après lui (les adultes un peu moins, je vous le concède), et c’est ainsi que son statut fut valorisé d’années en années....

 

Sauf que là, ça fait des une éternité que son histoire existe, et notre bonhomme se demande encore combien de temps il va falloir qu’il travaille au corps le genre humain pour que les gens acceptent enfin de donner, partager, offrir, aimer TOUS LES JOURS DE L’ANNEE.... car « Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit (Calvin Coolidge) »

 

 

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /2008 07:22
Consigne de l'atelier Ecriture Créative :

Du "je vous avais bien dit que j'étais malade" au "enfin seule" lu sur la stèle d'une courtisane, les derniers messages peuvent être des clins d'œil, des pirouettes ou l'expression d'égos démesurés voire mal placés...

Après avoir brossé le portrait d'un personnage imaginaire, (ou à défaut d'un objet, dune partie de vie ou d'un rêve), écrivez les lignes de son épitaphe, en travaillant l'humour et la poésie, et surtout en privilégiant la surprise de celui qui va le lire.



 

Petit coeur de plume

 

C’était un ami précieux. Toujours là quand j’avais besoin de lui. Tout près. Tellement proche de moi qu’il m’accompagnait partout, en tout lieu, en tout temps.

Notre rencontre avait été une évidence. Et très vite, nous nous étions rendus-compte que nous étions inséparables. Chacun avait besoin de l’autre pour vivre. Et ce, depuis notre plus tendre enfance. Je crois bien que la première fois où nous sommes tombés l’un sur l’autre, c’était sur les bancs de l’école, c’est vous dire...

Fidèle, simple, tantôt soumis, tantôt rebelle. Son petit corps svelte et allongé m’était rassurant. Il portait toujours un capuchon doré, très épuré, qui donnait à son allure tubulaire une sorte de supériorité et de grandeur innée. Aussi absurde que cela puisse paraître, je ne faisais jamais rien sans lui. Compagnon de ma vie, de ma solitude, de mes douleurs comme de mes petits bonheurs, je le sortais à toutes occasions. Il était le témoin permanent de mes incompétences ou au contraire, de mes réussites. Il ne trahissait jamais mes pensées et me permettait un peu d’exister. Parfois taquin, parfois coquin, il était mon sillage. Quand, de mes mains maladroites et tremblantes, je le prenais dans mes mains, il y avait comme une fusion inexpliquée, et certainement inexplicable, entre nous. Mais tellement magique ! Il me donnait en offrande, un peu de son sang noir dont je m’abreuvais passionnément lorsque ma vie vacillait, et inutile de vous dire que c’était assez fréquent. Notre complicité était sans équivoque. Je buvais ses mots aveuglément et il traduisait mes états d’âme de façon fidèle et juste. Il était très joueur et parfois même se glissait dans ma vie sans que je ne m’en aperçoive. Je me souviens de cette nuit où j’avais du vider et recharger son réservoir au moins quatre fois d’affilée, tant il était prolixe. Il ne s’arrêtait plus. Moi non plus, forcément. Dans le silence de cette nuit j’entends encore le bruissement de sa plume sur le papier, ce murmure langoureux et infini dont tout écrivain ne se lasse jamais...  Il faut dire qu’il avait une plume si douce et si généreuse qu’elle glissait avec grâce sur le papier qu’il griffonnait. J’étais alors en extase.

Depuis quelques temps il commençait à donner des signes de fatigue, et même si je faisais semblant de l’ignorer, au fond de moi je savais que ça allait arriver... Et c’est arrivé, bien entendu. Un de ces soirs où la nuit ne tombe jamais, il a commencé par se fendiller sur toute la longueur, puis ses entrailles sont totalement sorties de son étui, laissant apparaître sa cartouche d’encre noire, son petit cœur de plume.

Mon stylo-plume, compagnon de vingt ans, m’avait lâché.

Difficile pour un écrivain de se séparer de son plus fidèle ami.

On se dit que l’on écrira plus, que l’on ne retrouvera jamais un stylo plume à la hauteur, que l’inspiration partira, et que je partirai avec aussi...

Alors, je l’ai délicatement déposé dans une boite en carton blanche, sur laquelle il m’avait écrit avec sa belle plume, ces dernières lignes d’une extrême finesse :

Tends moi la main
Je t'offrirai en
sacrifice
Des perles de pluie
Que tu feras tiennes,
Pour éteindre le feu
Et soigner les
coups
Que t'auras donné la vie
.

Voir les commentaires - Ecrire un commentaire
- Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés