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Edito


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En vers et à contre-pied

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Ce blog est mon empreinte, une trace de mon passage dans votre monde... 


 

 

 Ma dernière peinture
Ma dernière création graphique



Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 16:15

Tuer le temps qui passe à coup d'images floues

Ma vue lasse se brouille et mon cœur saigne tant

Maudits mots dits sans blason pliant sous le vent

Mon cou lâche se grippe comme un vieux verrou

 

Au royaume des sens, s'est éloignée ma vue

D'un récent passé, décent, m'a-t'on dit pourtant

A soixante-dix printemps c'est bien attristant

De sentir sa vie ainsi toute décousue !

 

Des images dégriffées  parfois se croisent

Sans jamais dans mon esprit un instant s'ancrer

Valsent, par foi, les marionnettes de papier

Si lugubres, tant voilées et discourtoises !

 

Vois au loin le crépuscule levant son nez

Et le vent fougueux hurler de sa grosse voix

Que tu as fini enfin de porter ta croix

Vois ces années fuir mais crois en ta destinée.



Nanou ©2009
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Publié dans : Ma plume perso
Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 15:25

Il fait froid. Insidieusement, l'hiver entonne sa litanie des jours mauvais. Recroquevillées sous une épaisse couche de givre, les renoncules des montagnes à fleurs blanches ne sont plus. L'été est bien loin ! Déjà on aperçoit sur les sommets des zébrures immaculées, témoins des premières froidures.  Le paysage bientôt sera enveloppé d'un épais linceul qu'un printemps timide se donnera bien du mal à découvrir.

Mais rien de tel pour se recueillir devant un décor aussi rude ! Les moines du monastère de la Grande Chartreuse, voués à une vie d'austérité ascétique, perdus dans l'immensité de ce désert de silence en savent quelque chose ! Ils ont quitté notre monde pour consacrer leur vie à la prière et à la recherche de Dieu.

Le randonneur qui se rend de ce côté du massif ressent inévitablement cette étrange atmosphère de recueillement, ce silence à la fois pesant et paisible, source de méditation et de réflexion. Devant la béance infinie, nul ne peut se dérober.  C'est un peu comme si nos yeux, tournés vers le ciel, ne cillaient plus et se perdaient dans ce désert silencieux, ou bien encore comme si le temps était lisse et ne présentait plus aucune boursouflure.

Il est des lieux magiques, tellement distants de notre monde de consommation, des lieux purs, bâtis sur des valeurs essentielles comme l'abandon et l'oubli de soi, que le simple effleurement de leurs contours vous donne la chair de poule.  Notre cœur à ce moment précis se fait l'écho d'une coque vide et notre corps, d'une vie qui tangue...

En dehors de quelques tâches quotidiennes, de travaux agricoles ou de petit artisanat, en particulier la fabrication de la liqueur, ces hommes passent leur temps à prier dans leurs cellules, loin de l'effervescente de nos villes tentaculaires où nous nous prétendons libres et maîtres de notre petite vie... Pourtant nous y recevons plus de crachats que de valeurs humaines.

Mais lorsque vous allez au Monastère de la Grande Chartreuse, vous vous demandez fatalement si ce n'est pas vous qui vivez en cellule... ne soyez pas moqueurs, allez-y et regardez-vous en face. L'espace d'un instant, vous comprendrez.

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Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 16:29

C'était, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,

La lune

Comme un point sur un i.

 

Lune, quel esprit sombre

Promène au bout d'un fil,

Dans l'ombre,

Ta face et ton profil ?

 

Es-tu l'œil du ciel borgne ?

Quel chérubin cafard

Nous lorgne

Sous ton masque blafard ?

 

N'es-tu rien qu'une boule,

Qu'un grand faucheux bien gras

Qui roule

Sans pattes et sans bras ?

 

Es-tu, je t'en soupçonne,

Le vieux cadran de fer

Qui sonne

L'heure aux damnés d'enfer ?

 

Sur ton front qui voyage,

Ce soir ont-ils compté

Quel âge

A leur éternité ?

 

Est-ce un ver qui te ronge

Quand ton disque noirci

S'allonge

En croissant rétréci ?

 

Qui t'avait éborgnée,

L'autre nuit ? T'étais-tu

Cognée

A quelque arbre pointu ?

 

Car tu vins, pâle et morne,

Coller sur mes carreaux

Ta corne

A travers les barreaux.

 

Va, lune moribonde,

Le beau corps de Phébé

La blonde

Dans la mer est tombé.

 

Tu n'en es que la face

Et déjà, tout ridé,

S'efface

Ton front dépossédé…

 

Lune, en notre mémoire,

De tes belles amours

L'histoire

T'embellira toujours

 

Et toujours rajeunie,

Tu seras du passant

Bénie,

Pleine lune ou croissant.

 

T'aimera le pilote,

Dans son grand bâtiment

Qui flotte

Sous le clair firmament.

 

Et la fillette preste

Qui passe le buisson,

Pied leste,

En chantant sa chanson…

 

Et qu'il vente ou qu'il neige,

Moi-même, chaque soir,

Que fais-je

Venant ici m'asseoir ?

 

Je viens voir à la brune,

Sur le clocher jauni,

La lune

Comme un point sur un i.

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Publié dans : Autres poètes
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