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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /2007 07:37

La-movida.gif

Vous avez tous au moins une fois dans votre vie entendu parlé de la  MOVIDA. Il s’agit en fait d’un mouvement culturel créatif, une sorte de frénésie artistique, qui a explosé à la fin de la dictature franquiste et qui touché l’ensemble de l’Espagne. Portée par le désir de renouveau de la jeunesse espagnole et l'émergence de nouveaux acteurs sur le plan artistique et culturel, elle a contribué à la modernisation et à l'intégration de la société espagnole dans l'Europe démocratique. Le mouvement initial de la Movida a démarré à Madrid, autour du quartier de Malasaña, favorisé sur le plan politique par le maire Enrique Tierno Galván (figure emblématique de la transition démocratique qui a apporté son soutien à cette contre-culture) d'où la dénomination de La movida Madrileña. Il gagne cependant rapidement d'autres villes du pays, notamment Barcelone, Bilbao et Vigo.

La movida est personnifiée par les figures de la musique, du cinéma, du design, du graphisme ou de la bande dessinée, mais elle se fait aussi sentir dans d'autres aspects de la culture, ainsi que dans les mœurs sociales.
Le réalisateur Pedro Almodóvar ou la comedienne Victoria Abril incarnent l'esprit de la Movida à travers des comédies où s'illustrent la libération des mœurs, la vitalité, la joie et l'exubérance de ces années qui marquent la fin de la dictature franquiste en Espagne. Un effet visible sur la jeunesse fut le renouveau de la vie nocturne avec le développement des lieux de rencontre culturels et festifs (bars, pubs, galeries d'art ou clubs de danse) qui permettent l'expression de jeunes créateurs.

La Movida s'inscrit dans le contexte du processus de démocratisation et libéralisation de la fin de la dictature franquiste recevant l'influence des mouvements culturels européens contemporains comme la New wave britannique ou le mouvement Punk ou bien encore de Boy George, David Bowie, Lou Reed, Brit Punk Rock, Glam, Rocky Horry...

L’Historique (à voir aussi )

Madrid, le 19 novembre 1975, le dictateur Francisco Franco meurt et avec lui s'achèvent 36 ans de répression et de censure. La transition vers la démocratie commence. Le roi Juan Carlos I facilite cette transition pour qu'elle se fasse en douceur en nommant Adolfo Suárez chef du gouvernement.

1977 : l'Espagne vote démocratiquement pour la première fois depuis 40 ans.

1978 : une nouvelle constitution est signée.

1979 : Enrique Tierno Galván est nommé maire de Madrid.

1981 : le Général franquiste Tejero se précipite dans le Parlement de Madrid. Le coup d'état est un échec.

1982 : Victoire écrasante du PSOE (parti socialiste) avec à sa tête Felipe González. Le pays se retrouve sous un gouvernement de gauche pour la première fois depuis la Seconde République (années 30).

Le déclenchement

La liberté d'expression retrouvée pour les Madrilènes les a poussé à faire tout et n'importe quoi. Hédonisme, exubérance, débauche, révolution, perversion, libertinage : quelle que soit la façon d'appeler cette période, le leitmotiv était : "pas de tabous et le plus on fait la fête mieux c'est". La Movida, ou "le Mouvement", est une nouvelle façon de boire, de se divertir, de bouger, de s'habiller, de créer, d'aimer... de vivre !

Les acteurs de La Movida se retrouvent autour de la Plaza Dos de Mayo à Malasaña, où les Madrilènes s'étaient auparavant réunis lors de la rébellion contre les lois napoléoniennes en 1808. Près de la plaza, sur la calle la Palma 14, deux artistes : Juan Carrero et Enrique Naya se sont installés dans leur studio d'art le Costus, devenue par la suite le lieu de rendez-vous de nombreux artistes de La Movida. Parmi eux, on retrouvait Alaska, Miguel Ordóñez, Fabio McNamara, Carlos Berlanga, Pedro Almodóvar et Blanca Sánchez. En dehors du Costus, la foule avaient pour habitude de se rejoindre dans les bars maintenant très célèbres El Penta (c/ Palma 4), La Vía Láctea (c/ Velarde 8) et El Sol (c/ Jardines 3).

La musique et les films marquant de la Movida :

Pour la musique, il y avait Mecano, Alaska y los Pegamoides (Alaska était de loin l’artiste qui incarnait le mieux la movida), Radio Futura, Nacha Pop, Tino Casal, Siniestro Total, Loquillo y los Intocables, Alaska y Dinarama, Los Secretos, Los Elegantes et La Modé.

Pour les films, des films comme "Arrebato" (1979) de Iván Zulueta, "Colegas" (1982) de Eloy de la Iglesia et "Ópera Prima" (1980) de Fernando Trueba étaient, aux côtés des films d'Amodóvar (découvrez ses films des années 80 pour vous plonger dans la Movida : "Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón" (1980), "¿Qué he hecho yo para merecer esto?" (1984) et "Mujeres al borde de un ataque de nervios" (1988).)

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