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D’origine provençale, je me devais de vous faire partager cette tradition qui se perpétue chez nous de mère en mère. Chaque année, en général pour
Mais au fait, d’où vient la crèche et les santons ? (un petit rappel historique ne fera pas de mal, en cette veille de Noël !)
Ce personnage insigne, le santon (du provençal "santoun", c'est-à-dire "petit saint"), est riche d'une longue histoire qui plonge ses racines au plus profond des premiers temps chrétiens. Ainsi, à Rome, dans une chapelle des catacombes de Saint-Priscille, une fresque de la première moitié du Ier siècle montre l'une des premières figurations connues de la crèche. Dans une salle contiguë, on voit l'Adoration des Mages que l'on retrouve, peinte au IIIè siècle, dans une galerie voisine. (Texte rédigé par l'Atelier Simone Jouglas)
Au IVè siècle la crèche s'enrichit de l'âne et du bœuf que l'on trouve sur un mur du cimetière romain de Saint Sébastien. Des écrits apocryphes mentionnent cet âne, ce bœuf, qui sont absents de l'Evangile. Cette crèche un peu plus complète, la voici au grand jour sur des parois de sarcophages des IVè et Vè siècles aux lieux chrétiens les plus célèbres : Rome, bien sûr, Milan, Mantoue, Ancône, Syracuse, Arles, Saint Maximin où les provençaux la chérissent. Mais plus secrète, elle orne manuscrits, miniatures, tissus, ivoires, pierres et peintures orientales.
Une opinion bien ancrée veut que la crèche soit un acte d'amour franciscain ; que ce soit François d'Assise lui-même qui, le premier, ait fait une crèche vivante à Greccio : celle que Giotto a prise comme sujet d'une de ses plus belles fresques. Comme on le sait, la mère de François était de Beaucaire (d'autres disent de Tarascon).
C'est en tout cas sur le beau Pré de foire que Pica Bernardone rencontre le marchand drapier de Lombardie qu'elle épousa. S'il est vrai, qu'héritiers de ces santibellis de plâtre que vendaient les Napolitains en Provence et en Languedoc, les santons aient déjà existé en ce XIIIè siècle, dans les provinces du Midi et sur les bords du Rhône voyageur, il est possible que la jeune épousée, suivant son marchand de mari, ait emporté son humble crèche en Lombardie, Marseille, Arles, mais aussi bien plus loin au cœur des terres provençales. C'est à dire à Brignoles, Apt, Sisteron, Riez et bien d'autres cités au long et glorieux passé, qui l'assurent parmi beaucoup d'autres légendes. C'est ainsi qu'en 1806, des santonniers de Provence ont créé la foire aux crèches de Marseille. C'est la figuration des petites gens du peuple de Provence dans l'initiation au grand mystère de Noël.
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