Les origines de l’activité papetière dans les Alpes du nord remontent au XIVe siècle, lorsque les premiers moulins à papier s’installent à
Vienne en Dauphiné et à Faverges en Savoie. L’apparition de l’imprimerie au siècle suivant et son développement favoriseront l’essor de la production. Mais c’est avec la découverte de
l’hydroélectricité et les innovations technologiques du XIXe siècle, que l'industrie papetière se transforme considérablement. Elle demeure encore aujourd’hui fortement ancrée dans le territoire.
La fabrication des pâtes, papiers et cartons emploie ainsi dans la région plus de 4000 personnes et met en œuvre des technologies de pointe permettant la création de nouveaux types de papiers. Le
département de l'Isère constitue par ailleurs le premier pôle européen de recherche et de formation en technologie papetière avec l'Ecole Française de Papeterie et des Industries Graphiques, le
Centre Technique du Papier, proches des laboratoires universitaires, et les centres de recherches privés d’Ahlstrom et d’ArjoWiggins.
S’il apparaît en Chine vers le IIIe siècle avant notre ère, s’il parcourt l’Asie centrale emporté par les caravanes de la route de la soie, le papier n’arrive en Occident qu’au Moyen Âge où il va supplanter le parchemin. Les premiers moulins à papier, qui utilisent comme matière première les chiffons de lin et de chanvre et surtout l’eau des rivières de montagne réputée pour sa pureté, voient le jour dans le sud de la France au XIIIe siècle ; de la Provence, ils gagneront vite l’Auvergne, puis le Dauphiné et la Savoie. En l’état actuel de nos connaissances, l’établissement papetier le plus ancien en Dauphiné remonte à 1403, à Vienne.
Les belles inventions
Le XVII e et le XVIII e siècles verront les premières avancées technologiques avec les fameux cylindres hollandais remplaçant les maillets d'autrefois et permettant une pâte plus raffinée et un
papier de meilleure qualité. Mais c'est surtout l'invention de la machine à « papier continu » par Louis-Nicolas Robert en 1799 qui va révolutionner l'activité papetière. La bobine supplante la
feuille et le début de la mécanisation ouvre la voie de la papeterie moderne. LesXVIIIe et XIX esiècles verront les premières concentrations industrielles et l’émergence sur de nombreux sites
alpins, des grandes dynasties papetières : les Montgolfier, les Blanchet ou les Aussedat.
L’industrie mécanique locale prendra vite le relais : Vienne et Grenoble, puis la vallée de la Fure se lanceront dans la construction des
machines à papier (Allimand est l’un des rares constructeurs de cette époque qui a su maintenir sa production, exportée aujourd’hui vers la Chine, le Mexique ou encore l’Afrique du sud).
La grande époque
De tout temps, le manque de chiffons freina la fabrication du papier. Aussi, à la fin du XIXe, des ingénieurs centraliens viennent en Dauphiné pour produire de la pâte de bois à partir des forêts environnantes : Matussière à Domène, Neyret à Rioupéroux, Fredet à Brignoud et Bergès à Lancey. Ils innoveront : mise au point de machines, installation de "râperies" de bois grâce aux premiers défibreurs et surtout utilisation de l'énergie hydraulique pour faire tourner les usines. C'est l'âge d'or de la papeterie alpine et l'Isère devient le premier département papetier de France en 1860, fort de 70 machines à papier en activité sur son territoire. Ce secteur subira au
XX esiècle crises, mutations et restructurations. Il n’en demeure pas moins que la région a toujours « la fibre papetière » !
L’ère du papier intelligent
La fabrication des pâtes, papiers et cartons emploie dans la région plus de 4000 personnes et met en œuvre des technologies de pointe permettant la création de nouveaux types de papiers. Le
département de l'Isère constitue par ailleurs le premier pôle européen de recherche et de formation en technologie papetière avec l'École Française de Papeterie et des Industries Graphiques, le
Centre Technique du Papier, proches des laboratoires universitaires, et les centres de recherches privés d’Ahlstrom et d’ArjoWiggins. Sans oublier les micro et nanotechnologies du nouveau pôle
d'innovation européen METIS dont la mission est d’imaginer les papiers du troisième millénaire, les «papiers dits intelligents»
Commentaires
Nanou
Bien amicalement.
Eric



Qu'a-t-il de si particulier ce papier dit intelligent ?
On ne pourrait pas vivre sans papier, alors avec toutes les fabriques qui ferment, où est produit le papier, comment ?