Mercredi 18 juin 2008
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Viens sur mon
cœur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré,
monstre aux airs indolents ;
Je veux
longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur
de ta crinière lourde ;
Dans tes jupons
remplis de ton parfum
Ensevelir ma
tête endolorie,
Et respirer,
comme une fleur flétrie,
Le doux relent
de mon amour défunt.
Je veux dormir !
dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil,
douteux comme la mort,
J'étalerai mes
baisers sans remord
Sur ton beau
corps poli comme le cuivre.
Pour engloutir
mes sanglots apaisés -
Rien ne me vaut
l'abîme de ta couche ;
L'oubli puissant
habite sur ta bouche,
Et le Léthé
coule dans tes baisers.
A mon destin,
désormais mon délice,
J'obéirai comme
un prédestiné ;
Martyr docile,
innocent condamné,
Dont la ferveur
attise le supplice,
Je sucerai, pour
noyer ma rancœur,
Le népenthès et
la bonne ciguë
Aux bouts
charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais
emprisonné de cœur.
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