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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /2008 07:10
Théodore Aubanel (né le 26 mars 1829 à Avignon, mort le 2 novembre 1886 à Avignon) est un imprimeur et poète d'expression provençale. Son nom en provençal est Teoudor Aubanèu.

Né dans une famille d'imprimeurs (imprimeurs « de Sa Sainteté le Pape et de l'Archevêque d'Avignon » au XVIIIe siècle quand Avignon était encore une partie des États de l'Église), Théodore Aubanel fait ses études chez les pères à Aix-en-Provence avant de revenir travailler dans l'imprimerie familiale. Très catholique, comme toute sa famille, il suit les réunions de la Société de la Foi où il rencontre Joseph Roumanille. Celui-ci lui fait rencontrer ses amis Frédéric Mistral et Anselme Mathieu. Tous se retrouvent au château de Font-Ségugne pour créer vers et chansons. C'est là qu'Aubanel rencontre en 1850 Jenny Manivet, dite Zani. Amoureux tous les deux, les jeunes gens n'arrivent pas à s'avouer leur flamme et en 1854, la jeune fille entre au couvent des Filles de la Charité. C'est l'année où les amis de Font-Ségugne fondent le Félibrige dont Aubanel sera le poète le plus profond et désespéré. En 1860, il publie La mióugrano entre duberto (La miugrano entreduberta, La grenade entr'ouverte) qui reçoit un accueil enthousiaste du monde littéraire et où il chante son amour pour Zani. Mais l'ouvrage est mis à l'index par les catholiques avignonais dont il se sent si proche et met en danger l'imprimerie familiale très liée à l'archevêché d'Avignon. Marié en 1861, il retrouve un certain bonheur de vivre mais ne publie plus toutes ses œuvres. Des malentendus avec Roumanille en 1878, au moment où le Félibrige est accusé de séparatisme par certains journaux, l'éloignent du mouvement à partir de 1880. C'est la sortie confidentielle en 1885 d'un autre recueil, ouvertement sensuel, Li fiho d'Avignoun (Li filhas d'Avinhon, Les filles d'Avignon) qui précipite sa fin : il est violemment attaqué par le milieu dévôt, blâmé par l'archevêque et meurt d'une crise d'apoplexie en octobre 1886. Il est enterré au cimetière Saint Véran d'Avignon.

 

Extrait  de « La Venus d'Avignoun », premier poème du recueil Li Fiho d'Avignoun.

Sis iue d'enfant, founs e verdau,

Si grands iue pur vous dison: Dau !

Un pau risènto, un pau mouqueto;

Tèndri, se duerbon si bouqueto;

Si dènt, pu blanco que lou la,

Brihon.... Chut ! qu'arribo : vès-la !

Tout-just s'a quinge an, la chatouno.

 

Passes plus, que me fas mouri,

O laisso-me te devouri

De poutouno !

 

Arrage, soun péu negrinèu

S'estroupo à trenello, en anèu;

Un velout cremesin l'estaco;

Fouita dóu vènt, de rouge taco

Sa caro bruno e soun còu nus :

Dirias qu'es lou sang de Venus,

Aquéu riban de la chatouno.

 

Passes plus, que me fas mouri,

O laisso-me te devouri

De poutouno !

 

Oh ! quau me levara la set

De la chato ? ... A ges de courset :

Sa raubo, fièro e sèns ple, molo

Soun jouine sen que noun tremolo

Quand marcho, mai s'arredounis

Tant ferme, que subran fernis

Voste cor davans la chatouno.

 

Passes plus, que me fas mouri,

O laisso-me te devouri

De poutouno !

 

TRADUCTION :

Ses yeux d'enfant, profonds et verts, ses grands yeux purs vous disent: Va ! Un peu souriantes, un peu boudeuses, tendres, ses lèvres s'entr'ouvrent; ses dents, plus blanches que le lait, brillent.... Chut ! elle arrive : Voyez-la ! Elle a quinze ans à peine, la jeune fille.

Ne passe plus, car tu me fais mourir, ou laisse-moi te dévorer de baisers !

Vagabonde, sa chevelure noire se retrousse en torsades, en boucles; un velours cramoisi l'attache; fouetté par le vent, il tache de rouge son visage brun et son cou nu; on dirait le sang de Vénus, ce ruban de la jeune fille.

Ne passe plus, car tu me fais mourir, ou laisse-moi te dévorer de baisers !

Oh ! qui m'ôtera la soif de la jeune fille ? ... Elle n'a point de corset : sa robe, fière et sans plis, moule son jeune sein qui ne tremble pas quand elle marche, mais s'arrondit si ferme, que soudain frémit votre cœur devant la jeune fille.

Ne passe plus, car tu me fais mourir, ou laisse-moi te dévorer de baisers !

 

Source : Wikipedia

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- Publié dans : Auteurs provençaux
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Commentaires

Merci Nanou de me faire connaître tes grands poètes provenceaux. Je me régale de tout cette curiosité , merci
Commentaire n°1 posté par aimela le 10/07/2008 à 10h58
Je suis tout à fait d'accord avec Aimela! Grand merci à toi!
Commentaire n°2 posté par Jim le 10/07/2008 à 13h30
Merci Aimela. C'est parce qu'il y a des gens comme toi, curieux de tout, que je fais ce blog. C'est un vrai plaisir pour moi de faire découvrir aux gens toutes les cultures que je connais.
Nanou
Commentaire n°3 posté par nanou le 10/07/2008 à 15h56
Merci à toi aussi, Jim.
Nanou
Commentaire n°4 posté par nanou le 10/07/2008 à 15h56
Oui, et des Théodore, on n'en a pas tant que ça !  ;~)
Commentaire n°5 posté par Oncle Dan le 10/07/2008 à 23h26
Oui, ça c'est clair, Oncle Dan !
Nanou
Commentaire n°6 posté par nanou le 11/07/2008 à 11h27
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