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La mort du poète
Quand j’irai par les landes rosées, sillonnant,
Comme une âme effarouchée au crépuscule
De ma vie, les terres arides aux quatre vents,
Des bribes de vers comme seul corpuscule,
Que je m’imbiberai de vos rêves secrets,
Oubliant que vos yeux apposés sur ces mots,
Jadis furent le cœur de mes nuits agitées,
Les percevant au loin comme un ultime écho,
Quand j’irai par les monts vallonnés, tournoyant,
Comme les feuilles pourprées, au zéphyr léger
Mon corps déjà putréfié, dans le soir naissant,
Auréolé d’un voile occulte et ramassé,
Que de mes cendres, renaitront incandescents,
Quelques vers chantant et d’autres plus ténébreux,
Dans un cortège que j’ose espérer, plaisant
Dans vos esprits sensibles et miséricordieux.
Quand j’irai...
Aurais-je tapissé suffisamment vos cœurs
D’encre ténébreuse, foisonnant de plaisir,
De vers captivants, pour qu’à jamais mon labeur
Traverse les siècles après mon dernier soupir ?
Anne, le 28.01.07
Amitiés
Nanou
Ecrire pour traverser les ténèbres, pour gagner une goutte d'éternité, pour survivre dans les coeurs, dans les mémoires, rêve et espoir de tout écrivain et pari réussi avec ce très beau poème !
amicalement chrystelyne
Nanou
Oui, j'adhère aussi aux éloges, mais avec quelques bémols (car tu sais comme moi que seule la critique est constructive et que les cris orgasmico-laudatifs n'ont d'autre finalité que de passer une crème aride sur notre désespoir).
Il y a quelques alexandrins à 11 syllabes et d'autres à 13 - le dernier par exemple. A moins que ça ne soit voulu ?
Toujours au sujet des alexandrins, pourquoi ne parvient-on pas à s'en passer pour trouver notre propre souffle singulier ? J'aimerais tant et tant écrire selon lui et non celui imposé par Boileau voilà, combien ? - Dieu ! déjà, trois siècles et demi ! Tu réussis, toi, à te détacher de ces formes vieillotes ?
Sinon, se pause aussi la question du titre. Le poète, s'il cherche l'immortalité et à être présent dans les mémoires de nos déscendants, il ne meurt jamais. Si ce n'est physiquement, mais bon.
Bref, à plus, je vais écrire de ce clik,
Séb.
Nanou
Seb,
Pour les alexandrins, je viens de m'en rendre compte, effectivement c'est bancal.... on a qu'à dire que c'est un nouveau style de poésie, comme ça on pourra facilement se détacher de ces formes viellotes comme tu dis... Ceci dit, l'alexandrin permet une certaine forme de rhytme et donc "ravive" un peu le poème. Je serai curieuse de comparer un même texte écrit en alexandrins et en vers libres... ça parait peu faisable, puisque ça ne serait pas le même texte...
Mais tout ça pour dire que les alexandrins et autres exercices de style permettent quand même de faire danser les mots et embellir la poésie.
Ta remarque est par ailleurs judicieuse pour le titre... tu as une meilleure idée ?
Nanou