Né dans une famille modeste, Bartolomé Esteban Murillo,
orphelin à l’âge de dix ans, est placé en apprentissage chez un peintre médiocre qui lui enseigne les rudiments d’une peinture d’influence italienne. Il vit de petites toiles qu’il vend lors de
foires.
Murillo rencontre vers 1640 un élève de Van Dyck, qui l’initie à la technique flamande. Son talent est remarqué et le couvent
franciscain de Séville lui commande vers 1642 un cycle de peintures sur les saints franciscains, qui lui valent la célébrité. S’y ressentent et s’y superposent les différentes influences du
peintre : les styles de Van Dyck, Ribera, Vélasquez, Titien et Rubens (dont il a pu voir des œuvres à Madrid) se mêlent pour former
le style unique de Murillo, caractérisé par des formes douces et des couleurs chaudes.
Il peint par la suite de nombreuses madones (Madone du Rosaire, 1645-1650), et des portraits d’enfant pour lesquels il devient
très populaire dans toute l’Europe. Ses peintures religieuses, destinées à la Cathédrale de Séville et à divers couvents et églises, incluent, à la manière de certaines toiles de Vélasquez, des
scènes de genre à côté de la scène religieuse proprement dite (La Cuisine des Anges, 1646). Ses scènes de genre représentent un nouveau mode de perception, plus sentimental (Le Jeune Mendiant,
1645-1650).
Devenu un peintre célèbre et riche, Murillo prend une part active dans la vie sociale de sa ville, et est l’un des fondateurs de
l’Académie des Beaux-Arts de Séville. Il meurt en 1682, des suites d’une chute d’un échafaudage sur lequel il peignait. Son œuvre influencera profondément la peinture espagnole et anticipe
largement le rococo du XVIIIe siècle.
Quelques œuvres majeures :
* Le Jeune Mendiant (1645, Paris, musée du Louvre, ill.)
* Madone du Rosaire (1645-1650, Madrid, Prado)
* La Cuisine des Anges (1646, Paris, musée du Louvre)
* Annonciation (1660-1665, Madrid, Prado)
* Immaculée Conception (1665-1670, Madrid, Prado)
* Une Jeune Fille et sa duègne (1670, Washington, National Gallery)
Francisco de Zurbarán, contemporain et ami de Diego
Velasquez, est resté jusque récemment peu connu en dehors de son pays natal. Né dans la province d’Estrémadure, il reçoit son apprentissage de peinture dans l’atelier sévillan de Pedro Diaz
de Villanueva en 1616-1617, avant de retourner dans sa province.
Installé à Séville en 1629, Zurbarán devient l’artiste le plus recherché de la ville. Il produit un grand nombre de peintures religieuses commandées par des monastères et des églises espagnoles et sud-américaines, notamment des retables et des cycles de fresques. Son œuvre comporte également un grand nombre de « portraits » de différents saints, d’un intense raffinement : les saints sont généralement représentés en pied et grandeur nature, isolés sur un fond sombre.
Son style, d’abord réaliste et sévère sur le modèle du Caravage et de Vélasquez (Christ en croix, 1627), s’adoucit et sa palette s’éclaircit sous l’influence du maniérisme italien. Ses figures massives aux contours nets (Sainte Apolline) sont peintes dans des couleurs claires, voire acides, et une pâte fine, et expriment un profond mysticisme et une solennité, qui en font le peintre idéal de la religion catholique austère qui prévaut alors en Espagne dans le contexte de la Contre-Réforme.
Son succès diminue avec l’avènement du peintre Murillo. En 1658, Zurbarán s’installe à Madrid, où il rejoint l’Ordre de Santiago. Pour subvenir à ses besoins, il devient marchand d’art, mais meurt dans la pauvreté en 1664, à l’âge de soixante-six ans.
Quelques œuvres majeures :
* Sainte Apolline (Paris, musée du Louvre, ill.)
* Christ en croix (1627, Chicago, Art Institute)
* L'Exposition du corps de saint Bonaventure (1629, Paris, musée du Louvre)
* Sainte Agathe (1630-1633, Montpellier, musée Fabre)
* L’Immaculée Conception (1630-1635, Madrid, Prado)
* Sainte Marguerite (1631, Londres, National Gallery)
Diego Velázquez da Silva, est considéré comme le plus grand peintre que l’Espagne a connu. Il est né à Séville en 1599 et fut
baptisé le 6 juin de cette même année. Il mourut à Madrid le 6 août 1660. Il est sans aucun doute , la figure la plus représentative du XVIIème siècle espagnol. Il commença sa carrière par la
peinture de caves, scènes de cuisine et tavernes pleines de réalisme.
Son père s’appelait Juan Rodríguez de Silva, originaire d’une famille portugaise qui vivait déjà à l’époque en Andalousie, depuis au moins deux générations. Sa mère s’appelait Jerónima Velázquez.
Vu que le père était d’origine portugaise, le peintre conserva en premier lieu le nom maternel et en second le paternel. Enfant, Velázquez dévoila son extraordinaire habilité pour la peinture.
Par conséquent, ses parents orientèrent son éducation vers l’art et choisirent Francisco de Herrera el Viejo pour son instruction. Ce dernier était un homme violent et de mauvais caractère, en
somme, peu adéquat pour l’éducation d’une personne sensible et bonne telle que Velázquez. Pour toutes ces raisons, à l’âge de onze ans, Velázquez partit à l’atelier de Pacheco, celui-ci se rendit
compte très vite de la capacité et du talent de son jeune élève. Pacheco commença la formation de Velázquez, lui apprenant avant tout d’observer la réalité, pour la reproduire après dans des
dessins et des couleurs. Cinq années fut le temps que Velázquez consacra à cette tâche qui, avec le temps, fut notamment fructueuse pour le peintre. Il se maria très jeune, il avait uniquement
dix-neuf ans, avec la fille d’un professeur, Jeanne Pacheco.
C’est à cette période initiale de la vie du peintre, qu’appartient la série des bodegones (natures mortes). Les Bodegones se trouvent actuellement répartis de par le monde, enrichissant de cette manière les différents musées. Citons à titre d’exemple : Vielle Femme faisant frire des œufs et Le Marchand d’eau à Séville.
Dans l’année 1622, il déménagea à Madrid, à la recherche de meilleures possibilités de travail. Ses aspirations avaient comme objectif celui de peindre dans la Cour. Malgré l’aide de ses concitoyens sévillans, il ne parvint pas à faire le portrait du roi, mais il fit celui de Don Luis de Góngora. Grâce à ce portrait, s’ouvrirent pour Velázquez les portes du comte -duc de Olivares. En 1624, il fut nommé peintre du Roi Philippe IV. Cette même année, il travailla à l’Escorial avec Rubens, ce dernier lui recommanda de voyager en Italie. En 1629, Velázquez se trouve premièrement à Rome et par la suite à Venise. Grandes furent les découvertes que l’artiste fit durant ce voyage, principalement celles qui se réfèrent à Tintoretto et Tiziano.
Velázquez emplit de lumière ses œuvres, il manipula avec une extraordinaire habilité la perspective aérienne et il parvint à
créer des espaces avec des touches moelleuses, larges et longues. Citons quelques œuvres les plus renommées: Les
Ivres, Les Fileuses, La Reddition de
Breda (connue aussi sous le nom de Les Lances) et le portrait de Philippe IV ainsi que Le Portrait de Duc de Olivares. Tous ces portraits se trouvent dans le Musée du Prado de Madrid. Le portrait de l’Infante Marie Marguerite, en
tailleur bleu, ce tableau se trouve au Kunsthistorisches Museum de Vienne. De part toutes ces œuvres, il est à signaler le tableau de Les Ménines (1656, Musée du Prado, Madrid). Cette peinture représente la famille
royale espagnole et sa parenté dans une scène de leur vie quotidienne. L’œuvre est faite de manière à inspirer une spatialité et créer une atmosphère submergée de réalisme. La lumière qui
provient du centre illumine les points périphériques du tableau. La couleur se dégrade et on voit des tons gris et beiges avec des reflets intercalés de manière magistrale. Les touches sont
rapides, libres et liquoreuses.
Source : http://www.viaartis.org
Le plus original sinon le plus savant des peintres de l’Espagne moderne , naquit le 31 mars 1746, à Fuentes de Todos, dans le royaume
d’Aragon. On a peu de détails sur les événements de sa vie : élève de Francisco Bayeu et de José Lusan, il fit, jeune encore, le voyage de Rome , et remporta en 1771 le second prix de peinture
proposé par l’ Académie de Parme. À son retour en Espagne, il futchargé de composer des modèles pour la manufacture royale de tapisseries , et ces dessins furent les premières œuvres qui
attirèrent sur lui l’attention publique . Le talent dont il y fit preuve, la rapidité incroyable avec laquelle il les exécuta, lui méritèrent les éloges de Raphael Mengs, sous la direction de qui
étaient placés ces travaux . La grâce et la naturel qu’il apportait dans la peinture des scènes populaires, genre nouveau, où il se distingua
constamment, excitèrent l’admiration des connaisseurs. C’est à cette époque qu’il peignit le tableau du maître -autel et le Christ placé à l’ entrée du ch œur de l’ église San Francisco el Grande
de Madrid . Cette belle toile valut à Goya , en 1780, sa nomination de membre de l’Académie de San-Fernando et de peintre ordinaire du roi. Après la mort de Charles III, Goya fut également
protégé par Charles IV; et les grands seigneurscour corrompue, le comte de Benavente, et surtout la duchesse d’Albe, le traitèrent avec honneur. Il devint même l’ami et le pensionnaire de la
duchesse, et bientôt il la servit dans ses rancunes et dans ses jalousies.
Peintre et caricaturiste, Goya a beaucoup produit. Il a peint à fresque la chapelel de San-Antoniola Florida, situé à une demie-lieue de Madrid, Sainte Rufine et saint Marine, dans la cathédrale
de Séville , Saint Louis de Borgia et Un Possédé, dans celle de Valence . Il y a de la main de Goya, dans les musées d’Espagne, des œuvres importantes. À Madrid, au musée del Rey, on voit les portraits équestres de Charles IV et de la reine Marie -Luisa, et le tableau intitulé de Dos de Mayo, curieuse scène de l’ invasion
française. Il faut citer aussi la Loge au Cirque des taureaux (musée national); une Maja, un Auto -da-fé, une Procession, la Course de taureaux et la Maison de fous (Académie nationale ).
Indépendamment de son portrait , peint par lui-même, le Musée du Louvre a possédé sept tableaux de Goya, que les héritiers de Louis-Philippe ont repris à la France. Il y a du sentiment et de la
verve dans son ébauche, Dernière prière d’un condamné ; Les Forgerons sont pleins de mouvement, mais l’exécution en est à peine supportable. En revanche, il y a une coquetterie charmante dans Les
Manolas au balcon. Goya peignait comme dans le délire de la fièvre . Il affecte souvent pour la forme le dédain le plus parfait; chez lui, c’est à la fois ignorance et parti pris. Et cependant ce
maître bizarre , qui semble se complaire dans la laideur, avait un vifféminine et des piquantes attitudes des belles filles de l’Espagne.
Quoi qu’il en soit, Goya, si égaré, si fou, si incomplet dans sa peinture à l’ huile, a laissé des caricatures d’un très-haut prix. Il nous reste de lui la Tauromaquia, suite de trente- trois
planches, vingt dessins sous le titre de Scènes d’invasion et enfin son chef-d’œuvre, les Capriccios, qui se composent de quatre-vingts gravures y compris le portrait de l’auteur. Ses caricatures
sont exécutées à l’aquatinta et repiquées à l’eau-forte. En combinant ces deux procédés, l’artiste est arrivé à des résultats merveilleux ; la finesse et la transparence du clair-obscur y sont
rendues avec une perfection qui fait presque songer à Rembrandt. De toute l’œuvre de Goya, la Bibliothèque impériale ne possède que les Capriccios.
Son exemplaire est précédé d’un manuscritpages , qui donne la clef de plusieurs des énigmes que renferme ce précieux volume. Goya avait épousé les intérêts et les petites passions de sa protectrice, la duchesse d’Albe. La duchesse et la reine, fort occupées toutes
deux de galanterie, s’entendaient très-bien, mais des rivalités, des jalousies, ne tardèrent pas à éclater; Goya poursuivit alors de son crayon moqueur les amants de Maria-Luisa et sa Majesté
elle-même. Plusieurs de ses caricatures ont un senspolitique qu’il nous est déjà difficile de saisir, mais que la malignité des contemporains commentait aisément. Les autres sont des peintures de
mœurs, et c’est là surtout que la fantaisie de Goya s’exerce librement. Il se plaît à représenter les manolas de Madrid dans toute leur grâce provoquante; il aime aussi les excursions dans le
monde fantastique et c’est là qu’il triomphe. Son crayon facile a créé tout un peuple de démons, dont l’étrangeté n’a pas d’égale, et qui sont souvent d’une grande hardiesse de dessin . Goya a
poussé très-loin l’expression. Ses compositionsdur génie de l’Espagne respire tout entier dans ces caricatures irritées, dans ces débauches de la pensée et de la ligne, et même dans ces poétiques
croquis , où le sourire garde toujours quelque chose de sérieux et de réfléchi. Goya mourut à Bordeaux , dans la nuit du 15 au 16 avril 1828, très-vieux, très- triste et très-
oublié.
Source : PAUL MANTZ, article « Goya », dans : William Duckett (dir.), Dictionnaire de la conversationlecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous. TomeParis, Firmin Didot, frères , fils, 1859, p. 414-415. et de la dixième.


