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Mardi 8 juillet 2008

Mallarmé peint par Manet 1876

Mallarmé, peint par Manet en 1876

 

A voir le site : http://www.direz.org/site/Main/HomePage, ponctué de toiles intéressantes et de dossiers sur ses contemporains, ses inspirateurs et ses disciples.


Il perd sa mère en 1847 et est confié à ses grands-parents. Mis en pension dès 1852, il se montra un élève médiocre, et fut renvoyé en 1855. Pensionnaire au lycée de Sens, il fut marqué par le décès de sa sœur Maria en 1857. À cette même époque, il composa ses premiers poèmes d'adolescence, recueillis dans Entre deux murs, textes encore fortement inspirés par Victor Hugo, Théodore de Banville ou encore Théophile Gautier. La découverte des Fleurs du mal de Charles Baudelaire en 1860 fut marquante et influença ses premières œuvres. Cette même année, Mallarmé entre dans la vie active en devenant surnuméraire à Sens, « premier pas dans l'abrutissement » selon lui. En 1862, quelques poèmes paraissent dans différentes revues. Il fait la connaissance d'une jeune gouvernante allemande à Sens, Maria Gerhard, née en 1835, et quitte son emploi pour s'installer à Londres avec elle, ayant l'intention de devenir professeur d'anglais.

Réformé du service militaire en 1863, Stéphane Mallarmé se marie à Londres avec Maria le 10 août et obtient en septembre son certificat d'aptitude à enseigner l'anglais. En septembre, il est nommé chargé de cours au lycée impérial de Tournon (Ardèche), où il se considère comme exilé. Il ne cesse durant cette période de composer ses poèmes, comme Les fleurs, Angoisse, «Las d'un amer repos...». Durant l'été 1864, Mallarmé fit la connaissance à Avignon des félibres, poètes de langue provençale : Théodore Aubanel, Joseph Roumanille et Frédéric Mistral, avec qui il entretint une correspondance. Sa fille Geneviève naît à Tournon le 19 novembre 1864.

L'année suivante, il compose L'Après-midi d'un faune, qu'il espère voir représenter au Théâtre-Français, mais qui fut refusée. Il se lie avec le milieu littéraire parisien, notamment avec Leconte de Lisle et José-Maria de Heredia.

L'année 1866 marqua un tournant pour Mallarmé, lors d'un séjour à Cannes chez son ami Eugène Lefébure où il fut l'objet d'une période de doute absolu qui dura jusqu'en 1869. Nommé professeur à Besançon, il débuta en novembre une correspondance avec Paul Verlaine. En 1867, nommé à Avignon, il commença la publication de ses poèmes en prose, il alla plusieurs fois chez Frédéric Mistral à Maillane. Il débuta en 1869 l'écriture de Igitur, conte poétique et philosophique, laissé inachevé, qui marque la fin de sa période d'impuissance poétique débutée en 1866. En 1870, il se met en congé de l'éducation pour raisons de santé et se réjouit de l'instauration de la République en septembre. Son fils Anatole naît le 16 juillet 1871 à Sens et, nommé à Paris au Lycée Condorcet, il s'installe rue de Moscou.

Mallarmé fait brièvement la connaissance d'un jeune poète en 1872, Arthur Rimbaud, puis, en 1873 du peintre Édouard Manet, qu'il soutint lors du refus des œuvres de celui-ci lors du Salon de 1874 et qui lui fait rencontrer Zola. Mallarmé publie la revue La dernière mode qui aura huit numéros et dont il fut le correcteur. Nouveau refus en juillet 1875 pour la publication de sa nouvelle version de L'après-midi d'un faune, qui parut tout de même l'année suivante, illustrée par Manet. Il préface la réédition du Vathek de William Beckford. Dès 1877, les réunions du mardi sont organisées chez Mallarmé. Il fait la rencontre de Victor Hugo en 1878 et publie en 1879 un ouvrage sur la mythologie Les dieux antiques. Cette année est marquée par la mort de son fils Anatole, le 8 octobre 1879.

Depuis 1874 Mallarmé de santé fragile, effectuait de fréquents séjours à Valvins près de Fontainebleau: il louait pour lui et ses proches, le premier étage d'une ancienne auberge au bord de la Seine. Il finira par l'acquérir et l'embellira de ses mains pour en faire son "home". Là, entre deux parties de pêche avec Nadar ou d'autres illustres hôtes; devant la forêt miroitant dans la Seine, les journées s'écouleront, et le poète alors de dire:«  J'honore la rivière qui laisse s'engouffrer dans son eau des journées entières sans qu'on ait l'impression de les avoir perdues. »

En 1884, Paul Verlaine fait paraître le troisième article des Poètes maudits consacré à Mallarmé ; cette même année, Joris-Karl Huysmans publie À rebours, dont le personnage principal, des Esseintes, voue une vive admiration aux poèmes de Mallarmé. Ces deux ouvrages contribuèrent à la notoriété du poète. Stéphane Mallarmé est nommé au lycée Janson-de-Sailly. En 1885, Mallarmé évoque l'explication orphique de la Terre. Son premier poème sans ponctuation paraît en 1886, M'introduire dans ton histoire. La version définitive de L'Après-midi d'un faune est publiée en 1887. En 1888, sa traduction des poèmes d'Edgar Allan Poe paraît. De nouveau atteint de rhumatisme aigu en 1891, Mallarmé est en congé et obtient une réduction de son temps de travail. Il rencontre Oscar Wilde, Paul Valéry qui devient un invité fréquent des Mardis. En 1892, à la mort du frère d'Édouard Manet, Mallarmé devient tuteur de sa fille, Julie Manet, dont la mère est la peintre Berthe Morisot. C'est à cette époque que Claude Debussy débute la composition de sa pièce Prélude à l'après-midi d'un faune, qui fut présentée en 1894. Mallarmé obtient sa mise à la retraite en novembre 1893, donne des conférences littéraires à Cambridge et Oxford en 1894. Mallarmé assiste aux obsèques de Paul Verlaine, décédé le 8 janvier 1896, il lui succède comme Prince des poètes.

En 1898, Mallarmé se range aux côtés d'Émile Zola qui publie dans le journal L'Aurore, le 13 janvier, son article J'accuse en faveur du Capitaine Alfred Dreyfus (cf. Affaire Dreyfus). Le 8 septembre 1898, Mallarmé est victime d'un spasme du larynx qui manque de l'étouffer. Il recommande dans une lettre à sa femme et à sa fille de détruire ses papiers et ses notes, déclarant : « Il n'y a pas là d'héritage littéraire... ». Le lendemain, victime du même malaise, il meurt. Il est enterré auprès de son fils Anatole au cimetière de Samoreau.

Source : Wikipedia
Samedi 10 mai 2008

 

Jules Supervielle est né le 16/01/1884 à Montévideo. Issu d'un père béarnais et d'une mère d'origine basque, ils s'étaient expatriés pour fonder une banque. Il arriva à Oloron Ste Marie à l'âge de huit mois où ses parents moururent à cause d'une eau corrompue. Il est alors élevé par sa grand-mère puis par son oncle et sa tante en Amérique du Sud où il connaît une enfance heureuse.
 

En 1894, il suit des études au lycée Janson de Sailly en France et écrit ses premiers poèmes en 1889. Malgré la distance, il garde des liens serrés avec sa famille.
 

C'est en 1900 qu'il écrit sa première plaquette de vers "Brumes du passé" puis il accomplit son service militaire qui est pour lui une mauvaise période. A la fin de son service, il obtient sa licence de lettre et étudie le droit et les langues. Dès lors il connaît sa vocation.
 

C'est à 23 ans, qu'il épousera sa femme PILAR Saavedra en Uruguay.
 

En 1910, il écrit " Comme des voiliers " puis il est mobilisé à cause des guerres. Ses poèmes sont remarqués par Gide et Valéry. Jacques Rivière le publie à la nouvelle Revue Française. Il se lie alors avec de plus en plus d'écrivains : Michaux, Arland, Etiemble.
 

Il vit une vie heureuse avec sa famille . Le 2 Août 1939, il s'embarque et la guerre le surprend en Uruguay. Il y restera jusqu'en 1946 collaborant aux revues éditées par la France Libre, à "lettres françaises" en Argentine, à " Valuns" en Egypte.
 

De retour à Paris , les honneurs lui viendront et il écrira beaucoup de poèmes. Il meurt à Paris le 17 Mai 1960.

 

Ses plus grands poèmes sont :

" Brumes du Passé" en 1900, " Comme des Voiliers" en 1910, " Les Poèmes de l'humour triste" en 1919, " Le Forçat innocent" en 1930, " Oloron Ste Marie" en 1927, " Naissance" en 1951, " Le corps tragique" en 1959.
 

Ses plus grands romans et contes sont :

" Le Survivant" en 1928, " L'Arche de Noé" en 1938," Premier pas de l'univers" en 1950,

 

Ses plus grandes pièces de théâtre sont :

" La belle au bois" en 1932, " Bolivar" en 1936.

Vendredi 2 mai 2008

Alfred de Musset appartient à une famille aisée, affectueuse et cultivée, où l'on a le goût des lettres et des arts. Son grand-père était poète, et son père était un spécialiste de Rousseau, dont il édita les œuvres. La figure de Rousseau joua en l'occurrence un rôle essentiel dans l'œuvre du poète. Il lui rendit hommage à plusieurs reprises, attaquant au contraire violemment Voltaire, l'adversaire de Rousseau. Son parrain, chez qui il passait des vacances dans la Sarthe, était l'écrivain Musset de Cogners.

 

Il entre au collège Henri-IV à 18 ans - on y trouve encore aujourd'hui une statue du poète - et y obtient en 1827 le Prix de dissertation latine au Concours général. Grâce à Paul Fouché, le beau-frère de Victor Hugo, il fréquente dès l'âge de 17 ans le Cénacle, salon de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il sympathise alors avec Sainte-Beuve et Vigny, et se refuse à aduler le «maître» Victor Hugo. Il moquera notamment les promenades nocturnes du cénacle sur les tours de Notre-Dame. Après s'être essayé à la médecine, au droit, au dessin, à l'anglais, au piano et au saxophone il fera preuve d'une grande aisance d'écriture, se comportant comme un virtuose de la jeune poésie. À 20 ans, sa notoriété littéraire naissante s'accompagne déjà d'une réputation sulfureuse alimentée par son côté dandy et ses débauches répétées dans la société des demi-mondaines parisiennes. A l'age de 22 ans Musset est anéanti par la mort de son père avec lequel il était très proche. Cet évènement va décider de la carrière littéraire que Musset va décider d'entamer

 

Musset tente sa chance au théâtre. Mais après l'échec de sa Nuit Vénitienne, l'auteur dit « adieu à la ménagerie, et pour longtemps » (Lettre à P. Calais), jusqu'en 1847. À cette époque, devenu alcoolique, il pouvait y revenir plus serein. En décembre 1832 paraît le premier Spectacle dans un fauteuil, qui se compose d'un drame, La Coupe et les Lèvres, d'une comédie, À quoi rêvent les jeunes filles ? et d'un conte oriental, Namouna. Musset exprime déjà dans ce recueil la douloureuse tension entre débauche et pureté qui domine son œuvre.

 

Il part en Italie, en compagnie de George Sand, voyage qui lui inspire Lorenzaccio, drame romantique qu'il écrira en 1834. Il publie alors les Contes d'Espagne et d'Italie. Mais Musset tombe malade et George Sand devient la maîtresse de son médecin, Pietro Pagello. Il rentre à Paris, où il fait jouer des comédies : Le Chandelier, On ne badine pas avec l'Amour, Il ne faut jurer de rien qui sont restées au répertoire du Théâtre-Français ; il écrit également des nouvelles en prose et la Confession d'un enfant du siècle, autobiographie à peine déguisée dédiée à George Sand. Il y transpose les souffrances endurées. De 1835 à 1837, Musset compose son chef d'œuvre lyrique, Les Nuits. Ces poèmes sont les Nuits de mai, de juillet, d'octobre, de décembre, autour des thèmes imbriqués de la douleur, de l'amour et de l'inspiration. Ces poésies, très sentimentales, sont aujourd'hui considérées comme l'une des œuvres les plus représentatives du romantisme français.

 

Bibliothécaire du ministère de l'Intérieur sous la Monarchie de Juillet, il est révoqué en 1848, puis devient bibliothécaire du ministère de l'Instruction publique sous le Second Empire. Il reçoit la Légion d'honneur le 24 avril 1845, en même temps que Balzac, et est élu à l'Académie française en 1852, après deux échecs en 1848 et 1850. De santé fragile (malformation cardiaque), mais surtout en proie à l'alcoolisme, à l'oisiveté et à la débauche il meurt le 2 mai 1857, quelque peu oublié.

 

Son frère aîné Paul de Musset jouera un grand rôle dans la redécouverte de l'œuvre de Musset, par la rédaction de biographies, la réédition de grand nombre de ses œuvres; comme La Mouche, Les caprices de Marianne.

 

Mercredi 19 mars 2008

undefinedCela fait longtemps que je voulais vous parler de cet homme dont les racines géographiques et sociales sont les miennes. C'est une biographie un peu longue, mais il faut dire qu'il a eu une vie bien remplie ! Encore un de ces auteurs que j'aurais aimé rencontrer !

Le 13 mai 1840 Daudet nait à Nîmes dans une famille de petits industriels. Vincent, son père, catholique et royaliste, est tisserand et négociant en soieries. Il fabriquait des foulards. Vincent épouse en 1830 Adeline Reynaud originaire d'une magnanerie ardéchoise. Alphonse Daudet est le troisième enfant des époux Daudet, mais en quinze ans, Adeline est enceinte dix-sept fois et il ne restera que quatre enfants vivants: Henri né en 1832, Ernest né en 1837, Alphonse et Anna née en 1848. Le jeune Alphonse Daudet est de santé fragile. Il est atteint d'une myopie prononcée. Il est mis en nourrice durant trois ans en Provence chez des paysans de Fons. Il y découvre et apprend la langue provençale.

Quatre ans plus tard, la famille Daudet s'installe dans la maison de Vallonge près de Saint Césaire, sur le territoire nîmois. Les Daudet possèdent un mas dans la garrigue où ils séjournent régulièrement. De 1845 à 1847 Alphonse est élève des écoles chrétiennes de Nîmes puis, en 1847, il devient externe à l'institution Canivet.  En 1848 nait Anna Daudet, sœur d'Alphonse. La révolution ruine la fabrique du père d'Alphonse Daudet. Elle périclite et doit être fermée. Vincent Daudet part seul à Lyon, capitale de la soierie, pour "se refaire". Au printemps 1849, toute sa famille le rejoint et s'exile à Lyon. Henri entre au séminaire d'Aix. Ernest et Alphonse entre à la manécanterie de l'Eglise Saint Pierre des Terraux et aident au service de la messe. En 1850 Alphonse Daudet bénéficie d'une bourse qui lui permettra de poursuivre ses études au lycée Ampère de Lyon jusqu'en 1856. Il est plutôt un bon élève, mais il traîne sa condition modeste comme un boulet. Il doit essuyer brimades et humiliations : "Eh, vous  le petit chose...", expression qu'il reprendra pour le titre du roman qu'il publiera en 1868. Il finit par sécher les cours pour aller canoter sur la Saône.  Entre 1855 et 1857 la faillite définitive contraint son père à engager ses biens au Mont-de-Piété. Il abandonne le commerce et entre comme courtier chez un marchand de vin. Ses parents se séparent. Alphonse doit interrompre ses études avant le bac. Il occupe alors un poste de surveillant au collège d'Alès. Cette expérience, plutôt décevante, ne dure que quelques mois. A la suite d'une intrigue amoureuse qui se termine par une tentative de suicide, il est renvoyé du lycée et part le premier novembre  pour Paris. En 1858 Alphonse Daudet est alors totalement désargenté. Il vit dans de modestes chambres de bonne, au sein de groupes très animés qui discutent avec fougue sur la politique, la littérature, le pouvoir, les femmes ... Il rencontre Gambetta et une femme aux amours libres, Marie Rieu. Leur liaison durera plusieurs années. Alphonse Daudet est un brillant orateur et a la plume vive. Il publie son recueil de poèmes remaniés sous le titre Les Amoureuses. Le succès est immédiat. Paris s'enthousiasme pour ce recueil aux images naïves et généreuses. Ces poèmes séduisent l'impératrice Eugénie qui lui permettra de devenir secrétaire du duc de Morny demi-frère de Napoléon III et véritable maître penseur du second empire. Sa fonction le met à l'abri des soucis matériels. Il utilisera cette expérience pour écrire le Nabab en 1877.

En 1859 Daudet publie des nouvelles et des contes sous le pseudonyme Piccolo à Paris-Journal. Il fait la connaissance de Frédéric Mistral. Il débute sa collaboration au Figaro avec Villemessant pour publier des contes fantaisistes sous le titre de chroniques rimées. En 1860 Alphonse Daudet part en voyage à Fontvieille et y retrouve Fréderic Mistral, le poète occitan qui vient de fonder le Félibrige, un mouvement littéraire qui s'est fixé comme objectif d'enrayer le déclin de la langue provençale. Lui, qui n'était "que Nîmois", se découvre une identité provençale. La Provence inspirera plusieurs de ses succès : Lettres de mon moulin, Tartarin de Tarascon... 

En 1861 Daudet et Marie Rieu habitent ensemble. Malade, Daudet part pour Maillane rencontrer Mistral avant de partir pour l'Algérie, soigner ses bronches. Il part avec son cousin Reynaud qui veut chasser le lion. Il écrit une pièce de théâtre la dernière idole en collaboration avec Ernest Lépine.

En 1862 Il publie La Dernière Idole. Elle est jouée au théâtre de l'Odéon et rencontre un succès. En novembre, Il voyage en Corse et séjourne à Ajaccio chez Paul Arène. Il y écrira avec lui quelques histoires corses publiées dans les lettres de mon Moulin. Il publie dans Le monde illustré du 27 décembre, Promenades en Afrique, la Mule de Cadi qui se poursuit dans les numéros du 3 et 10 janvier 1863.

En 1863 Daudet séjourne beaucoup en Provence, chez des cousins au château de Montauban, près de Fontvieille. Il y revoit Mistral. Il publie dans le figaro "Chapatin le tueurs de lions".

En 1864 Il publie Les Absents, une nouvelle pièce de théâtre. Ces pièces lui permettent de rejoindre le groupe des "auteur sifflés" (Flaubert, Zola, Les Frères Goncourt...), souvenir qu'il évoque dans son recueil autobiographique, Trente ans de Paris publié en 1888. Alphonse Daudet effectue plusieurs séjours en Provence. Des liens d'étroites amitiés se créent immédiatement avec les habitants de la région. Plus tard, il se plaira à dire que ses récits sont issus des histoires du berger dont il écoutait les conversations à la veillée. C'est à cette époque qu'il découvre "Le moulin Tissot", celui des lettres.

Mais en 1865 le duc de Morny décède. Daudet est sans emploi, il vit à Clamart avec un ami, Paul Arène. Pendant un an, ils vont écrire ensemble les douze premières lettres qui paraissant sous le titre de Chroniques Provençales dans l'Evénement. Ces lettres paraissent aussi dans le "Moniteur universel du soir". Ce sont les futures lettres de mon Moulin.

En 1866 il se fiance avec Julia Allard. Il fait en voyage en Bavière. Il écrit le Petit Chose dans un mas du Languedoc près de Beaucaire et l’épouse en  1867. Le voyage de noces s'effectue en Provence. Ils auront trois enfants, Léon né le 27/11/1867, Lucien et Edmée. Il assiste aux funérailles de Marie Rieu. Il participe au sein du groupe de Clamart au pamphlet contre les parnassiens intitulé le Parnassiculet contemporain. Le Vaudeville joue le frère aîné une pièce de théâtre écrite avec E. Manuel.

En 1868 Les époux Daudet achètent une maison à Champrosay, près de Paris. Ils y réunissent des amis écrivains dont François Coppée, Sully Prud'homme, Anatole France et Hérédia et des artistes peintres. Alphonse Daudet est l'un des premiers à apprécier et à prendre la défense des impressionnistes. Auguste Renoir peint un portrait de son épouse.

En 1869 La suite des Lettres parait en deux temps dans le Figaro, sous leur titre définitif, Les lettres de mon moulin. Le succès n'est pas au rendez vous mais Daudet obtient une reconnaissance littéraire et mondaine. Apparaissent également contre lui des accusations de plagiat. Il pense un temps abandonner la littérature mais sa femme s'y oppose. Il fait paraître du 9 au 19 décembre, la première partie de "Barbarin de Tarascon"  dans le petit moniteur universel du soir. 

En 1870 La deuxième partie de "Barbarin de Tarascon" paraît dans le Figaro. Pendant la guerre, Alphonse Daudet sert, malgré sa myopie, au fort de Montrouge en qualité de volontaire. Il reçoit le titre de chevalier de la Légion d'honneur.

En 1871 Daudet exprime ses sentiments contre la capitulation face à la Prusse dans lettres à un absent publiées dans l'édition de Versailles du Soir. Il quitte Paris pour une maison achetée par son beau - père à Champrosay.

En 1872 Daudet se lie avec Flaubert et Zola. Il crée "L'Arlésienne", opéra de Bizet représentée dans l'indifférence générale au Vaudeville. Victor Hugo à nouveau parisien après la chute de l'empire, lui rend de nombreuses visites.

En 1873 Alphonse Daudet rencontre les frères Goncourt. Les Contes du lundi sont publiés en trois séries dans Le Soir.

En 1875 père Vincent Daudet meurt. Alphonse se rend souvent dans le midi et finit Jack, moeurs parisiennes.

En 1876  Daudet est en période de surmenage. Il écrit Le Nabab. Il reçoit à Champrosay, Renoir et Gambetta.

En 1877  Le Nabab paraît dans le temps du 12 juillet au 21 octobre.

En 1878 Lucien Daudet nait durant l'été. Il publiera une vie d'Alphonse Daudet en 1941.

En 1879 Daudet connaît des problèmes de santé et subit une hémorragie grave. Il achève d'écrire le roman Les Rois en exil commencé l'année plus tôt. Il est contraint à des cures aux eaux d'Allevard, en Dauphiné. Il rentre en 1880 en cure estivale à Royat. Il s'installe à Paris au 3 rue de l'observatoire. Daudet écrit Numa Roumestan.

Sa mère meurt en 1882. Ernest Daudet publie "mon frère et moi, souvenirs d'enfance et de jeunesse" chez Plon. Alphonse fait une cure à Néris les Bains.

En 1883 Daudet commence l'écriture de Sapho en s'inspirant de Marie Rieu. Il blesse en duel à l'épée le journaliste Albert Delpit qui avait écrit qu'il n'avait aucune chance d'entrer à l'académie française.

En 1884 Alphonse Daudet est atteint d'une maladie qu'il sait incurable. Bientôt il ne se déplace plus qu'avec une canne et l'horrible douleur le poursuit jour et nuit. Il quitte à plusieurs reprises son domicile parisien pour faire des cures à Néris et à Lamalou les bains. Il séjourne à Chamonix puis à Aix les bains et en Suisse. Il fait partie du groupe d'écrivains dont les réunions aboutiront une vingtaine d'années plus tard soit en 1903, à la création de l'Académie Goncourt. Sapho paraît en feuilleton dans l'Echo de Paris.

En 1885 Les Daudet s'installent au 31 rue de Bellechasse. La reprise de l'Arlésienne à l'Odéon est un succès. Tartarin sur les Alpes est publié chez Calman - Lévy.

En 1886 il achète une nouvelle maison plus vaste en bord de Seine à Champosay et sa fille Edmée voit le jour. 

En 1887 Daudet était assez proche d'Emile Zola, il se voulait un romancier naturaliste, mais il voit du fait de leurs idées esthétiques et politiques divergentes ses relations de distendre avec l'auteur des Rougon-Macquart. En Août, il écrit un violent pamphlet contre La Terre. Zola minimisera cet incident. 

1888  Daudet publie:  L'immortel, moeurs parisiennes, chez Alphonse Lemerre, ce roman avait déjà paru en feuilleton dans l'Illustration en mai, juin et juillet, Trente ans de Paris, chez Marpon et Flammarion, A travers ma vie et mes livres, chez Marpon et Flammarion,Souvenirs d'un  homme de lettres, recueil de textes déjà publiés. La Doulou est un ouvrage posthume publié en 1929 dont les écrits datent de l'année 1888. Il y décrit ses douleurs physiques dues à sa maladie incurable.

En 1889 Daudet revient au théâtre avec La lutte pour la vie jouée au Théâtre du Gymnase. Il a une attaque d'hémoptysie et en 1890 Il fait jouer l'obstacle au Théâtre du Gymnase.

En 1891 Il voyage à Arles. Son fils Léon Daudet épouse Jeanne Hugo, petite fille de Victor Hugo.

En 1892 Il fait jouer au Théâtre du Gymnase, une pièce écrite en collaboration avec Léon Hennique la menteuse. Il reçoit à Paris Maupassant, Loti, Bourget, Renard et Barrès.

Enfin, en 1893 Il écrit un dernier roman, soutien de famille qui sera publié à titre posthume chez Fasquelle en 1898.

En 1895 Les Daudet font un voyage en Angleterre, La petite paroisse paraît en feuilleton. Il rend une visite à la princesse Mathilde cousine de Napoléon III. Il assiste au dîner de remise de la légion d'honneur d'Edmond Goncourt. En 1896 Il est l'exécuteur testamentaire d'Edmond Goncourt dont il a accompagné les derniers instants. Il prépare avec Léon Hennique la création de l'académie Goncourt.

Le 16 Décembre 1897, à table pour dîner, Alphonse Daudet s'éteint à Paris. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise. En pleine affaire Dreyfus et malgré les opinions qui les opposaient, Emile Zola prononce un discours ému aux obsèques de son ami à qui il consacre plusieurs articles élogieux.

 
 
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