Avec son ronron incessant
Et son cortège de flâneurs
Ses effluves longs, saisissants
Fusant des terrasses en fleur,
La rue s’étire à l’horizon
Comme une haie d’accordéons
Egrenant là, quelques flonflons
Au rythme exalté des saisons.
Avec ses fous rires d’enfants
A en craqueler les pavés
Les échoppes des commerçants
Se lovant dans les contre-allées,
La rue foisonne de labeurs,
Du pâtissier jusqu’au coiffeur
Du cordonnier jusqu’au facteur
Sans oublier le vieux traiteur.
Avec ses réverbères hautains
Se déhanchant sous tous les toits
Sous la poussée du vent lointain
Comme de puissants magnolias,
La rue revêt ses apparats
De déesse citadine,
Et dans la nuit, belle Diva
Prend des airs de libertine.
Avec ses passants du bitume
Au bistrot voisin, accoudés,
Rompus à toute solitude
Derrière un café bien corsé,
Pétulante est la rue du Mai,
Comme un essaim d’âmes à saisir
De trottoirs étroits en pavés
Ma rue, ma vie, mon devenir.
Un pas en avant,
Un pas en arrière,
Elle est au présent
Ce que sont ses chimères
Ni plus, ni moins,
Un océan étourdi
Où les vagues au lointain
Rejettent l’ennui.
Elle se perd à l’horizon
Qui se fend de douleur
Et là bas, le goémon
Recouvre ses pleurs.
Un pas en avant,
Un pas en arrière,
Elle est au présent
Ce que sont ses prières.
Ni plus, ni moins.
Les souvenirs regorgent
D’images belles et floues,
Les souvenirs qu’on forge
Au fil du temps s’ébrouent.
Il n’est point d’odeurs
Dont le passé se tait,
Il n’est point de douleurs
Définitivement passées.
Il suffit d’un mot
Gribouillé dans la nuit,
Il suffit d’un écho
Déjà qui s’enfuit,
Pour que le temps revienne
Comme s’il ne s’était jamais tu
Et que soudain se déchaînent
Des pensées à jamais perdues.
Nanou, 29.03.08
Sur le toit du monde,
Des droits malmenés,
Des tortures exercées,
Dans la pénombre.
Les hauts plateaux
Dans la souffrance
Sans complaisance
Meurent sans écho
Sur les chemins
Des exilés fuient
Dans la sombre nuit
Leurs assassins
Sur le toit du monde
Des coups de bâton
De la répression
Dans la pénombre.
Dans la pénombre
Le toit du monde
Soudain s’effondre


