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Edito

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Venez découvrir mon deuxième blog : 
En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

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Mercredi 2 avril 2008

Et la Mère, fermant le livre du devoir,

 

S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,

 

Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,

 

L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

 

 

 

Tout le jour il suait d'obéissance ; très

 

Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits

 

Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.

 

Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,

 

En passant il tirait la langue, les deux poings

 

A l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

 

Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe

 

On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,

 

Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été

 

Surtout, vaincu, stupide, il était entêté

 

A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :

 

Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.

 

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet

 

Derrière la maison, en hiver, s'illunait,

 

Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne

 

Et pour des visions écrasant son oeil darne,

 

Il écoutait grouiller les galeux espaliers.

 

Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers

 

Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,

 

Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue

 

Sous des habits puant la foire et tout vieillots,

 

Conversaient avec la douceur des idiots !

 

Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,

 

Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,

 

De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.

 

C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

 

 

 

A sept ans, il faisait des romans, sur la vie

 

Du grand désert, où luit la Liberté ravie,

 

Forêts, soleils, rives, savanes ! - Il s'aidait

 

De journaux illustrés où, rouge, il regardait

 

Des Espagnoles rire et des Italiennes.

 

Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,

 

- Huit ans - la fille des ouvriers d'à côté,

 

La petite brutale, et qu'elle avait sauté,

 

Dans un coin, sur son dos en secouant ses tresses,

 

Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,

 

Car elle ne portait jamais de pantalons ;

 

- Et, par elle meurtri des poings et des talons,

 

Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

 

 

 

Il craignait les blafards dimanches de décembre,

 

Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,

 

Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;

 

Des rêves l'oppressaient chaque nuit dans l'alcôve.

 

Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,

 

Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg

 

Où les crieurs, en trois roulements de tambour,

 

Font autour des édits rire et gronder les foules.

 

- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles

 

Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,

 

Font leur remuement calme et prennent leur essor !

 

 

 

Et comme il savourait surtout les sombres choses,

 

Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,

 

Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,

 

Il lisait son roman sans cesse médité,

 

Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,

 

De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,

 

Vertige, écroulements, déroutes et pitié !

 

- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,

 

En bas, - seul, et couché sur des pièces de toile

 

Écrue, et pressentant violemment la voile !

Mercredi 7 mars 2007
Dimanche 11 février 2007

Peinture d'Olga Sacharoff


L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose

Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,

Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le cou...

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

- Qui voyage beaucoup...

Samedi 27 mai 2006

 
 
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