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Venez découvrir mon deuxième blog : 
En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

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Mercredi 30 mai 2007

alouette.jpg


Despotique, pesant, incolore, l'Eté,

 

Comme un roi fainéant présidant un supplice,

 

S'étire par l'ardeur blanche du ciel complice

 

Et bâille. L'homme dort loin du travail quitté.

 

 

L'alouette au matin, lasse, n'a pas chanté,

 

Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse

 

Ou ride cet azur implacablement lisse

 

Où le silence bout dans l'immobilité.

 

 

L'âpre engourdissement a gagné les cigales

 

Et sur leur lit étroit de pierres inégales

 

Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.

 

 

Une rotation incessante de moires

 

Lumineuses étend ses flux et ses reflux...

 

Des guêpes, çà et là, volent, jaunes et noires.

Jeudi 5 avril 2007

Le ciel si pâle et les arbres si grêles

Semblent sourire à nos costumes clairs

Qui vont flottant légers avec des airs

De nonchalance et des mouvements d'ailes.

 

Et le vent doux ride l'humble bassin,

Et la lueur du soleil qu'atténue

L'ombre des bas tilleuls de l'avenue

Nous parvient bleue et mourante à dessein.

 

Trompeurs exquis et coquettes charmantes,

Coeurs tendres mais affranchis du serment,

Nous devisons délicieusement,

Et les amants lutinent les amantes

De qui la main imperceptible sait

Parfois donner un souffle qu'on échange

Contre un baiser sur l'extrême phalange

Du petit doigt, et comme la chose est

Immensément excessive et farouche,

On est puni par un regard très sec,

Lequel contraste, au demeurant, avec

La moue assez clémente de la bouche.

Dimanche 21 janvier 2007
J'ai presque peur, en vérité
Verlaine

Nu - Dessin aquarellé - Philippe Janin

J'ai presque peur, en vérité

J'ai presque peur, en vérité,

Tant je sens ma vie enlacée

A la radieuse pensée

Qui m'a pris l'âme l'autre été,

 

Tant votre image, à jamais chère,

Habite en ce coeur tout à vous,

Mon coeur uniquement jaloux

De vous aimer et de vous plaire ;

 

Et je tremble, pardonnez-moi

D'aussi franchement vous le dire,

A penser qu'un mot, un sourire

De vous est désormais ma loi,

 

Et qu'il vous suffirait d'un geste.

D'une parole ou d'un clin d'oeil,

Pour mettre tout mon être en deuil

De son illusion céleste.

 

Mais plutôt je ne veux vous voir,

L'avenir dût-il m'être sombre

Et fécond en peines sans nombre,

Qu'à travers un immense espoir,

Plongé dans ce bonheur suprême

De me dire encore et toujours,

En dépit des mornes retours,

Que je vous aime, que je t'aime !

Dimanche 10 décembre 2006


Clair de lune

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune,

Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et sangloter d'extase les jets d'eau,

Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

 
 
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