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Venez découvrir mon deuxième blog : 
En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

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Vendredi 4 avril 2008

 

C’est fou comme certains chemins peuvent se rencontrer.... je voulais vous faire part de cet exemple, la rencontre de Léon Daudet et de Jeanne Hugo, tous deux issus de personnalités littéraires très connues...

Léon Daudet est le fils aîné d'Alphonse Daudet. Non seulement son père est un écrivain renommé, mais c'est un homme enjoué et chaleureux qui a beaucoup d'amis et dont les jeudis attirent de nombreuses personnalités du monde de la culture. Aussi Léon fréquente-t-il dès son enfance des écrivains et des journalistes, les uns, comme Gustave Flaubert, visiteurs épisodiques, les autres, comme Edmond de Goncourt, presque membres de la famille. Maurice Barrès, Émile Zola, Edouard Drumont, Guy de Maupassant, Ernest Renan, Arthur Meyer, Gambetta, entre autres, marqueront ses souvenirs d’enfance.

En 1891, il épouse Jeanne Hugo, petite-fille du poète, ce qui lui permet d'intégrer la société républicaine et dont il divorce en 1894. Lors de son mariage civil (Victor Hugo avait défendu à sa descendance la pratique du mariage religieux), Victor Schoelcher était d'ailleurs dans l'assistance. Ce mariage, ainsi que son amitié avec Georges Hugo, lui font découvrir de l'intérieur le monde qui gravite autour du poète national : sa famille et le parti républicain. Cette séparation est le signe avant-coureur qu'un fossé se creuse entre lui et le camp républicain.

En 1896, Docteur en médecine à la faculté de Paris depuis 1895, Charcot épouse la petite-fille de Victor Hugo, Jeanne Hugo, divorcée de son ami d'études Léon Daudet. Ce mariage consommera la brouille entre les amis d’enfance Daudet et Charcot. Du reste, Charcot, démocrate convaincu et fervent humaniste n’aurait sûrement pas suivi Léon Daudet dans ses dérives politiques extrémistes qui l’ont fait s’allier aux thèses de Maurras.

Jeanne épousera successivement Léon Daudet, Jean Charcot et enfin Michel Négreponte.

Jeudi 27 mars 2008

Il ya certainement plus à dire sur la femme d’Alphonse Daudet, Julia Allard,  que sur sa maîtresse, Marie Rieu. Mais j’avais quand même envie de parler de cette femme qui a joué un rôle important dans sa vie.

En 1858, Alphonse Daudet est alors totalement désargenté. Il vit dans de modestes chambres de bonne, au sein de groupes très animés qui discutent avec fougue sur la politique, la littérature, le pouvoir, les femmes ... . C’est en fréquentant la brasserie de la rue des Martyrs, qu’Alphonse Daudet multiplie les succès amoureux avant de se lier quelques temps avec une actrice, Marie Rieu, aux amours libres. Leur liaison durera plusieurs années. Alors qu’il n’a que 18 ans, il publie « Les Amoureuses «,  un recueil de poèmes dédiés à Marie Rieu.

En 1861 Daudet et Marie Rieu habitent ensemble. Elle occupe dans sa vie une place qui l’étonne. Serait-ce une liaison qui dure ? Mais en 1867, Daudet épouse Julia Allard, riche héritière, malgré son goût pour la vie de bohème. Marie ne le perd pas sans se défendre, menacer… et c’est pour lui un soulagement lorsqu’il apprend sa mort. Mais c’est aussi avec la mort de Marie qu’il porte en terre l’insouciance de sa jeunesse.

Voilà pourquoi je voulais parler d’elle. Malheureusement je n’ai pas trouvé de photo d’elle.

Mercredi 9 janvier 2008

undefinedEn janvier 1831, Aurore Dudevant quittait Nohant pour un premier séjour à Paris, où elle allait conquérir son indépendance. Elle y retrouva Jules Sandeau, rencontré l’été précédent et fut engagée comme journaliste au Figaro par Henri de Latouche. Au bout de quelques mois elle s’installa avec Sandeau dans un appartement situé 25 quai Saint-Michel.
" Je voudrais avoir une sortie pour laisser
échapper Jules à quelque heure que ce fût, car enfin mon mari peut tomber je ne dirai pas du ciel, mais de la diligence, un beau jour à 4 h. du matin et n’ayant pas de gîte me faire l’honneur de débarquer chez moi. "
George Sand à Émile Régnault, 25 mai 1831, Correspondance , t. I, p. 875

D’Aurore Dudevant à George Sand


Ensemble ils se lièrent avec Balzac et
écrivirent Rose et Blanche, qui parut en décembre 1831 sous le pseudonyme de J. Sand. L’accueil fut honorable. Mais le 18 mai 1832, était publié un roman signé G. Sand, écrit par Aurore seule, Indiana. Pour Aurore, du jour au lendemain, c’était la célébrité. Sandeau reprit alors son nom en toutes lettres et resta propriétaire de Rose et Blanche.
En avril elle avait ramené de Nohant, avec le manuscrit d’Indiana, sa fille alors âgée de trois ans. Jules était d’accord, mais l’arrivée de Solange dérouta la petite communauté berrichonne qui gravitait autour d’eux. La naissance de George Sand les déconcerta bien d’avantage.
Quand en octobre 1832, Henri de Latouche céda à Sand son bail du 19 quai Malaquais – la célèbre “ mansarde bleue ” – Sandeau alla s’installer 7 rue de l’Université. Elle éloignaitundefined l’amant jaloux et ombrageux. La séparation s’annonçait et entraînait un refroidissement avec les camarades berrichons qui se sentaient probablement dépossédés eux aussi. Sand rompit efficacement avec le petit Jules en mars 1833.
"Mon ami, allez chez Jules, et soignez son corps. L’âme est brisée vous ne la relèveriez plus. N’essayez pas. […] Tâchez que Jules vive, ce sera horrible pour lui pendant longtemps, mais enfin il est si jeune. "
George Sand à Émile Régnault, 6 mars 1833, Correspondance , t. II, p. 272 

En 1833, la publication de Lélia déchaîna les passions et bouleversa une existence jusque-là discrète. Sollicitée, courtisée, admirée ou examinée avec curiosité, George Sand devint un personnage à la mode. Gustave Planche l’avait présentée à François Buloz, le directeur de la Revue des Deux Mondes, avec qui elle signa un contrat d’exclusivité. Ce fut le temps de la séduction et des amours brèves : Marie Dorval, Prosper Mérimée, l’époque où Sainte-Beuve fut son conseiller littéraire et le confident de sa vie amoureuse.

Tiré d'un très beau site sur G. Sand : http://www.georgesand.culture.fr/fr/index.htm
Dimanche 9 décembre 2007

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Auguste Comte et ses trois anges par Lionel Royer : Comte écrivait devant une glace et se disait "inspiré par ses trois anges" : Rosalie Boyer (sa mère), Clotilde de Vaux (son amie) et Sophie Bliaux (sa bonne).

Un très bel article, à mon sens, a été écrit sur ces deux tourtereaux : 

Qui donc était Clotilde de Vaux, inspiratrice de la "seconde carrière" d'Auguste Comte ? Clotilde de Vaux dont une encyclopédie populaire (Quid, p. 303 de l'éd. de 1988) n'hésite pas à affirmer qu'elle fut hissée par le philosophe positif au rang de "divinité centrale" dans cette étonnante Religion de l'Humanité qu'il fonda et dont il se proclama le premier grand-prêtre.

Clotilde de Vaux naquit à Paris le 3 avril 1815, du capitaine Joseph-Simon Marie, petit paysan du Loiret devenu soldat de la Révolution et de l'Empire, et d'Henriette-Joséphine de Ficquelmont, issue d'une famille noble de Lorraine et dont un frère émigré, Louis-Gabriel-Charles de Ficquelmont, devait succéder à Metternich comme premier ministre de l'empereur d'Autriche.

La famille de Clotilde n'était pas riche. Son père, après avoir quitté l'armée, avait à grand peine obtenu du gouvernement de la Restauration la perception de Méru (Oise). Pour marier sa fille Clotilde à un jeune homme de bonne famille de la région, Amédée de Vaux, il dut se résoudre à prendre une retraite anticipée et à abandonner sa perception à son futur gendre.

Clotilde épousa donc le 28 septembre 1835 le jeune Amédée de Vaux qui devint le nouveau percepteur de Méru. Quatre années plus tard un drame brisait la vie de la jeune femme : son mari, joueur, ayant puisé dans la caisse de sa perception, disparaissait à l'étranger après avoir mis le feu à ses livres de compte.

Clotilde se retrouvait donc à vingt-cinq ans sans mari, sans ressources et sans possibilité de divorcer de cet époux indigne, puisque la législation de l'époque ne le permettait pas.

Fut-elle tentée de refaire sa vie en se liant à un autre homme de manière illégitime ? Il semble bien que oui. Mais Clotilde de Vaux était ainsi faite qu'elle ne pouvait supporter l'idée d'acheter son bonheur personnel aux prix du scandale de ses contemporains. Elle préféra donc attendre un changement dans la législation, mais non pas passivement : elle entendit militer elle-même pour un tel changement, en publiant dans le National des 20 et 21 juin 1845 une nouvelle, au demeurant fort bien écrite, dont l'héroïne, Lucie, placée dans une situation analogue à celle de Clotilde, finit, faute de pouvoir s'unir en toute légalité à l'homme qu'elle aime, par mourir de chagrin, après avoir prononcé ces paroles superbes : "Il est indigne des grands coeurs de répandre le trouble qu'ils ressentent."

Hélas, le changement de législation espéré ne devait pas intervenir sitôt, et Clotilde de Vaux allait rester condamnée jusqu'à sa mort à la misère matérielle et, moralement, à un profond désespoir.

Et c'est sur ces entrefaites que la jeune femme fit la connaissance du philosophe Auguste Comte.

En quelles circonstances ? Clotilde avait un frère, Maximilien, qui avait été élève à l'Ecole polytechnique, où il avait eu pour répétiteur Auguste Comte. Le jeune homme était resté attaché à son ancien maître, qu'il invita un jour, le 16 mai 1845, chez ses parents. Et là se trouvait Clotilde !

Auguste Comte avait alors quarante-sept ans. Il s'était séparé trois ans plus tôt d'une épouse ambitieuse. Une femme fort intelligente, semble-t-il, mais au dire du philosophe tout à fait dépourvue d'affectivité. Et qui n'avait pas supporté la déception de découvrir que son mari, tout entier dévoré par sa passion de réformateur social, ne ferait décidément jamais la brillante carrière officielle à laquelle elle l'avait - avec apparence de raison - cru destiné.

Le philosophe venait de terminer son monumental Cours de philosophie positive, et s'apprêtait à entreprendre son "principal ouvrage", oeuvre de rénovation sociale et morale promise par lui dès sa jeunesse à ceux qui voulaient bien être ses lecteurs, et dont le Cours n'était à ses yeux que le préambule philosophique, le Système de politique positive.

Auguste Comte rencontre donc fortuitement Clotilde de Vaux et est aussitôt séduit par cette jeune femme d'une grande beauté et à la malheureuse et touchante destinée. Il obtient de la revoir et, surtout, d'engager avec elle une correspondance qui deviendra vite intense.

La passion du philosophe est au début tout à fait charnelle. Clotilde, elle, est certainement flattée d'avoir été remarquée par cet être d'exception, mais elle n'en est point tombée amoureuse. Elle va peu à peu, néanmoins, être profondément touchée par les sentiments que lui exprime son adorateur. Touchée au point de songer un moment à lui accorder le gage physique d'affection qu'il lui réclame instamment. Mais elle se ravise... Et Auguste Comte, frustré, va se soumettre. Et accepter, de mauvais gré au début, puis avec de plus en plus d'enthousiasme, de rendre sa passion purement spirituelle.

Auguste Comte est finalement transporté, transfiguré, par cet amour épuré, qui lui fait éprouver enfin, et vivre, ce qu'il avait découvert peu de temps auparavant de manière purement théorique en élaborant une théorie - tout à fait moderne - du cerveau : la primauté, dans la nature humaine, de l'affectivité sur l'activité et même sur l'intelligence. "L'être animé n'agit habituellement que sollicité par une affection quelconque, et ne pense que pour mieux agir" était-il arrivé à penser. "Rien ne saurait être plus efficace pour bien penser, davantage que pour bien agir, que de bien aimer." écrira-t-il désormais, sous "l'angélique inspiration" de Clotilde de Vaux. Et le misogyne qu'il était se mue en un féministe ardent, car c'est la femme, précisément, qui incarne pour nous le sentiment et donc en dernier ressort l'Humanité : "Supérieures par l'amour, mieux disposées à toujours subordonner au sentiment l'intelligence et l'activité, les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l'Humanité et les hommes."

Comte songe donc très sérieusement à associer le sexe féminin, en la personne de Clotilde, à l'oeuvre de rénovation sociale et morale qu'il lui reste à accomplir. Et Clotilde accepte cette collaboration, qu'elle envisage sous la forme d'un roman philosophique, Wilhelmine, qu'elle se met fiévreusement à écrire.

Mais l'"année sans pareille", touche à sa fin dramatique. Car, si Auguste Comte a atteint, par cette passion purifiée, une sorte de plénitude, Clotilde, elle, est plus brisée que jamais. Le désespoir de ne jamais connaître la vie de couple et la maternité auxquels elle aspirait si profondément, la honte de la gène matérielle, qui l'oblige à faire appel à la bourse du philosophe pour faire face aux besoins les plus pressants - tout cela continue plus que jamais de la hanter et de la ronger, malgré tous les espoirs de collaboration philosophique et de succès littéraire que le philosophe a pu faire naître en elle.

Le cinq avril 1846 Clotilde de Vaux s'éteint dans sa petite chambre de la rue Payenne, dans les bras d'Auguste Comte qui s'y est enfermé pour vivre seul avec elle ces ultimes instants d'"union objective". "Comte, souviens-toi que je souffre sans l'avoir mérité !". Telles furent ses dernières, et déchirantes, paroles.

Désormais, Clotilde va vivre à jamais dans l'"éternité subjective" promise par le philosophe à tous les vrais serviteurs de l'Humanité dont il vient de forger la notion et d'élaborer la science : la sociologie. "Comme principale récompense personnelle des nobles travaux qui me restent à accomplir sous ta puissante invocation, j'obtiendrai peut-être que ton nom devienne inséparable du mien dans les plus lointains souvenirs de l'humanité reconnaissante." Telles sont les paroles qu'il inscrira, au terme d'un longue dédicace à la mémoire de Clotilde, en tête de son Système de politique positive, dont le premier volume paraîtra cinq ans plus tard, en juillet 1851.

Désormais Clotilde, identifiée au sentiment, va inspirer tous les actes et toutes les pensées d'Auguste Comte. En lui, chaque jour, elle sera vivante et agissante... et même visible ! Car le prodigieux cerveau du philosophe lui permet, dans ses invocations ou "prières" journalières, de reconstituer mentalement, de manière quasi parfaite, l'image de sa bien-aimée.

Et s'il est ridicule de dire qu'Auguste Comte a fait de Clotilde de Vaux une déesse dans sa Religion de l'Humanité où précisément "l'Humanité se substitue définitivement à Dieu sans oublier ses services provisoires", il n'en est pas moins vrai que cette religion, si un jour elle prend son essor, ne cessera jamais d'associer au nom du philosophe son fondateur celui "d'une jeune dame inconnue, morte" "au commencement de sa trente-deuxième année" "dans une oppressive pauvreté."

Mars 1990, par Emmanuel Lazinier

par Nanou © 2007 publié dans : Les amants célèbres
 
 
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