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Les amants célèbres

Lundi 4 mai 2009

 

Encore tout meurtri de son échec avec Marie, Chopin reçoit la visite de Liszt et Marie d'Agoult. George Sand les accompagnait. Ce ne fut pas le coup de foudre, et après leur départ Chopin dit: " Elle est antipathique cette Sand ! Est-ce bien une femme? J'arrive à en douter. "

Chopin ne fit donc aucun effort pour se rapprocher d'elle. Elle vivait dans son petit château de Nohant pendant l'été, et l'hiver rentrait sur Paris.

 

En Janvier 1838 Balzac se rend à Nohant, il raconte sa visite en ces mots " J'ai trouvé la camarade Sand fumant le cigare après le dîner,....elle avait doublé son menton comme un chanoine, et pas un seul cheveu blanc malgré ses malheurs....elle travaille énormément...elle se couche à six heures du matin et se lève à midi....elle a été malheureuse avec Musset et elle condamne le mariage et l'amour....elle n'est pas aimable, elle est garçon, elle est artiste, grande et généreuse, dévouée, chaste....."

 

En ce printemps 1838, George Sand se rend plusieurs fois à Paris. Elle a revu Chopin. Ils ont trop souffert tous les deux, pour se lancer dans une nouvelle aventure sans méfiance. Chopin est resté silencieux sur ses déboires amoureux, mais la musique nous fait part de ses élans secrets.

 

Chez Sand, la première confidence de sa nouvelle passion se retrouve dans une lettre adressée à une amie, puis à un ami intime de Chopin à qui elle écrit:

" La grande question de l'amour est donc encore soulevée en moi ..."

Cette phrase est tirée d'une lettre de huit pages. Sand dit au Comte Grzimala à qui elle est adressée qu'il lui faudra six semaines pour la déchiffrer.

Elle ajoute aussi:

" il me fallait chérir ou mourir "...." c'est mon ultimatum"..

et elle conclut en ajoutant:

" quant au petit (Chopin) il viendra si il veut" ....

 

Le ton maternel et les qualificatifs de Sand à l'égard de Chopin ont de quoi surprendre. Sand se veut avant tout maternelle et protectrice. La nature de leur relation est donc faussée dès le début.

Leur liaison dura neuf ans, mais leur intimité, peut-être juste quelques mois. 

 

Elle est ainsi, et la santé fragile de Chopin n'y est pour rien.

Déjà quelques années plus tôt, Musset écrivait au moment de leur rupture:

 

" tu t'es crue ma maîtresse, tu n'étais que ma mère.."

Et George de répondre dans son journal intime:

" Ah ! pauvre homme vous êtes fou!

Ô mes pauvres enfants que votre mère est malheureuse! "

Elle dit encore:

" J'ai besoin de souffrir pour quelqu'un, j'ai besoin de nourrir cette maternelle sollicitude, qui s'est habituée à veiller sur un être souffrant et fatigué."

On ne change pas si vite. Chopin rêvait encore à l'ombre des jeunes filles en fleur, et cette dame avait six ans de plus que lui.

 

En arrivant à Marseille, Chopin et George reprennent espoir. Ils décident d'attendre l'été dans le midi. Au bout de quelques jours Chopin peut recommencer à marcher et à parler. Il dort beaucoup, et le reste du temps s'occupe de l'édition de ses œuvres. Au mois de mars 1839 le chanteur Nourrit se suicide à Naples. Pour honorer son ami, Chopin tient l'orgue pendant le service funèbre qui a lieu à Marseille.

 

En mai, Chopin et Sand font le voyage à Gênes. Ils visitent les palais, les jardins, les tableaux. Sand avait déjà fait le même voyage avec Musset quatre ans plus tôt, mais Chopin n'en saura rien. C'est peut-être le seul moment de réel bonheur que leur amour ait connu.

      

 Le 22 mai il quitte Marseille pour Nohant. En pleine campagne du Berry, ce petit château va permettre à Chopin de retrouver ses forces, de travailler au calme. C'est là dorénavant, qu'il composera et passera les étés.

 

Chopin n'a jamais aimé la campagne, et pourtant il va s'habituer à Nohant. La maison est confortable, on s'y trouve à l'aise. Après Majorque et Marseille c'est un plaisir d'être au large. Le docteur Papet en apprenant leur arrivée vient examiner le malade de fond en comble. Il ordonne du repos et un séjour prolongé à la campagne.

 

Chopin se fait facilement à cette nouvelle vie. Les amis viennent les visiter, lui et Sand, et dîner le soir. Il termine sa deuxième sonate, avec la marche funèbre. Le dernier mouvement de cette sonate se termine sur un court passage où les deux mains " babille à l'unisson" . Tous les soirs Chopin consacre une heure à George pour la musique.

 

Pour Sand, il semble que la passion amoureuse a déjà disparu. Elle vit avec lui et l'observe. Pour l'amateur d'émotions qu'elle est, il est une source d'inspiration. Elle ouvre un cahier et prend des notes pendant qu'il joue du piano.

 

Vers la fin de l'été ils regagnent Paris. Ils cherchent tous deux un appartement séparé, mais pas trop loin l'un de l'autre. Une fois l'appartement trouvé, Chopin s'inquiète maintenant de son habillement.

Il semble qu'après toutes les épreuves qu'il a traversées il reprenne goût aux choses les plus futiles. En octobre 1839, Chopin et George s'installent à Paris chacun dans leur appartement. Rapidement Chopin abandonne son logement et vient vivre chez George. Les après-midi sont consacrés au travail des deux artistes. Chopin perfectionnait ses œuvres dont l'idée avait souvent jailli pendant l'été. Il s'enfermait, marchant, pleurant, brisant sa plume, changeant cent fois une mesure...

 

En Octobre 1839, le roi Louis-Philippe invita Chopin à venir jouer pour lui. Chopin électrisa son auditoire. Il eut droit aux compliments royaux..

L'année 1839 s'achevait mieux qu'elle n'avait commencé. Elle restera l'année des préludes, les chefs-d'œuvre de Chopin.

En 1840 et 1841 Chopin compose assez peu, quelques valses et la fantaisie en fa mineur.

Au printemps 1841 il consent à jouer en public chez Pleyel. C'est Franz Liszt qui nous donne le compte rendu dans la gazette musicale:

" Ce n'était pas un virtuose que l'on entendait, que l'on voulait voir, ni un pianiste expert dans l'art de faire des notes, c'était Chopin."

 

 

A l'été 1841, ils repartent pour Nohant avec la ferme intention de travailler.

Chopin et Sand reçoivent la visite de Pauline Viardot, mais Delacroix décline l'invitation.

       

Pendant l'hiver 1841, Chopin donne deux concerts, un aux Tuileries et le second dans les salons Pleyel. Le succès du concert salle Pleyel, en février 1842 est considérable.

 

Le 5 mai 1842 Chopin et Sand quitte paris pour Nohant où ils vont passer leur vacances.  Peu à peu ayant des personnalités différentes, Chopin et Sand s'accrochent sur des détails. Chopin très délicat ne supporte pas les beuveries et les éclats de rire grossiers des amis de George, il préfère la compagnie d'Eugène Delacroix, et Sand trouve les emportements de Chopin, maladifs. Il boude, s'enferme dans sa chambre et n'en ressort que pour dîner.

Cette fois il semble bien que l'amour a totalement disparu de leur liaison. Sand écrit:

" L'amitié de Chopin..." ou bien " notre histoire à nous, n'avait rien d'un roman".

Elle s'inquiète surtout de sa santé, toujours son coté maternel.

Et maintenant "le petit souffreteux», "le cher cadavre", comme le nommait sa maternelle maîtresse, se sent seul.

 

Durant l'automne 1842, Chopin et Sand quitte la rue Pigalle et vont s'installer Square d'Orléans.

En cette fin d'année 1842, la vie de Chopin commence à baisser d'un ton.

L'année 1843 se passe sans événement majeur. L'hiver fut rigoureux, et Chopin tomba malade plusieurs fois.

 

L'année suivante, le 3 mai 1844, son père mourait à Varsovie. Chopin fut anéanti pendant plusieurs semaines. George écrit à la sœur de Chopin pour les inviter à Nohant:

" Vous allez trouver mon cher enfant bien chétif "..

La joie de revoir sa sœur lui redonna des forces.

 

Pendant l'été 1845, il compose trois nouvelles mazurkas et ébauche la barcarolle. 

C'est à cette époque que les difficultés surgissent entre Chopin et George Sand. George a toujours eu un faible pour son fils Maurice alors que Chopin a prit le parti de Solange, la fille de George.

 

Plusieurs disputes éclatent entre Maurice et Frédéric, suivies de réconciliations souvent difficiles. Les relations entre George et Frédéric deviennent très tendues.

L'été 1846 sera le dernier que Chopin passera à Nohant. Maurice est devenu adulte et il s'accroche constamment avec Chopin.

Solange est une fille bizarre, froide d'esprit, brillante, vive, mais probablement fausse et sournoise. Il y a longtemps que Chopin est attiré par le mystère Solange.

Elle tente de charmer Chopin, par de petits jeux pas toujours innocents.

De tout cela c'est Chopin qui souffre le plus. La nervosité augmente entre Sand et Chopin, les mésententes également. Cette fin d'été 1846 est orageux.

Maintenant George s'est mis en tête de marier Solange.

A la suite d'une dispute impitoyable entre Chopin et Maurice, ce dernier menace de quitter la maison et sa mère se range de son coté.

 

Alors c'est Chopin qui part.

Personne ne le retient. Dès novembre enveloppé dans des couvertures, il monte dans sa calèche, fait un signe de la main en guise d'adieu. Personne n'en comprit le sens, lui non plus.   

 

Source : http://www.coindumusicien.com/Fredchop/rencontr.html

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Vendredi 14 novembre 2008

Muse de Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin (née le 31 octobre 1885 de père inconnu) a commencé de peindre dès 1902, bien avant sa rencontre avec le poète en 1907. Elle fréquente très tôt les habitués du Bateau-Lavoir. Peintres, poètes, critiques, amateurs d’art, marchands de tableaux. Parmi les plus célèbres d’entre eux, Vlaminck, Derain, Picasso, Braque, Matisse, Max Jacob, André Salmon, Gertrude et Léo Stein, Kahnweiler. Tous artistes d’avant-garde. Tout comme Guillaume Apollinaire dans le domaine de l’écriture. Un monde essentiellement masculin dans lequel Marie Laurencin parvient à trouver sa place. Et à charmer. Elle forme avec le poète d’Alcools, ardent défenseur de la peinture « cubiste » et de la « modernité », le couple légendaire du Montmartre d’avant-guerre.

 

    La peinture de Marie Laurencin, toute de poésie et d’élégance vaporeuse, s’attache davantage à la nuance qu’à l’expression. Marie Laurencin consacre son art à exécuter les portraits de ceux qui l’entourent. Essentiellement ses amis, parmi lesquels figurent Sonia et Robert Delaunay.

 

    À la mort de Guillaume Apollinaire, dont elle s’était séparée cette même année 1912, le chagrin de Marie Laurencin est immense. Le 8 juin 1956, elle meurt. Elle emporte dans sa tombe une lettre d’amour écrite par Guillaume Apollinaire : La Chanson du Mal-Aimé.

 

 

 

Pour en savoir plus, et plus en détail : http://www.henripigaillem.com/article-2185464.html

 

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Dimanche 14 septembre 2008

En 1901 et 1902 il est précepteur de français dans une famille allemande auprès de la fille de la vicomtesse de Milhau. Il tombe amoureux de la gouvernante anglaise Annie Playden, qui,  effrayée par la fougue de Guillaume Apollinaire ne cessera de l'éconduire et finira par le rejeter. C'est la période « Rhénane » dont ses recueils portent la trace (La Lorelei, Schinderhannes). De retour à Paris en août 1902, il garde le contact avec Annie et se rend auprès d'elle à deux reprises. En Novembre 1903 et en mai 1904 il part donc à Londres pour revoir Annie Playden, mais en vain. Annie Playden le repousse, il souffre de son refus. En 1904, il rompra définitivement avec elle. En 1905, elle part pour l'Amérique. Le poète célébrera sa relation avec Annie et la douleur de la rupture dans de nombreux poèmes dont Annie et La Chanson du mal-aimé.

La période 1901-1903 restera la féconde période des Rhénanes (près de la moitié des poèmes d’Alcools sont composés en 1901-1902) et de l’amour pour Annie Playden : "Les colchiques", La synagogue, "Rhénanes d’automne", "Les femmes", "Le vent nocturne", "Les sapins", "Clair de lune".

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Mercredi 30 juillet 2008

Au début de la guerre de 14, Guillaume Apollinaire fait une demande d'engagement restée sans suite. Apollinaire rencontre Louise de Coligny-Chatillon (celle qui sera Lou dans son oeuvre "Calligrammes"). Elle le rejette. Il tente de nouveau une démarche pour s'engager. Fructueuse cette fois, le 5 décembre 1914 il rejoint les casernements du 38e d'artillerie de campagne situés route d'Uzès à Nîmes ; il y demeura jusqu'à Pâques 1915.

Deux jours après son incorporation Louise arrivera à Nîmes, impatient il fera le mur pour la rejoindre, ils deviennent amant dans une chambre de l'hôtel du Midi, situé au square de la Couronne.

La guerre lui inspire de nombreux poèmes, certains devinrent célèbres. Ces lettres, parmi les plus belles jamais publiées sur l’amour fou, seront écrites à Nîmes.

 

Le Tour Magne tournait sur sa colline laurée

et dansait lentement lentement s'obombrait

et j'aime de t'y aimer cette Nîmes la Romaine

où les soldats français remplacent l'armée prétorienne

 

Certaines seront écrites au coin d'une table, dans sa chambre, à la buvette du camp de Massillan, au réfectoire de la caserne, au grand café situé alors sur l'Esplanade, en début d'année 1915 c'est au café Tortoni (actuellement Monoprix) qu'il se complaira à écrire.

 

Le Tortoni d'ici fait à Paris la nique

Il est très bien je l'aime et c'est assez je crois

Au nom du Canudo le signe de la croix

Est fait par les garçons comme par la patronne...

 

Ce café situé en face de l'hôtel du Midi lui permettait d'apercevoir la fenêtre de la chambre qui avait abrité leur amour.

Rapidement, Louise s'éloigne, peut-être lassée par cet amoureux trop lyrique et bavard, plus cérébral que fougueux. Elle partira pour Nice le 15 décembre. Désespéré Apollinaire lui écrira un poème.

 

Je pense à toi mon Lou ton coeur et ma caserne

Mes sens sont tes chevaux, ton souvenir est ma luzerne...

Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps...

 

En permission à Nice pour 48 heures, Guillaume s'aperçoit que Lou s'est détachée de lui, il la soupçonne infidèle. Dans le train, de retour vers Nîmes, il fait une rencontre,Madeleine Pagès, après une longue correspondance amoureuse, ils se fianceront l'été suivant.

Envoyé sur le front, le 4 avril 1915, il sera affecté en novembre au 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant. En 1916, blessé à la tempe par un éclat d'obus, il doit subir une trépanation. En janvier 1918, il est atteint de congestion pulmonaire ; ensuite il contractera la grippe espagnole qui sévit en Europe. Affaibli par sa blessure et ses récentes maladies, il meurt le 9 novembre 1918, deux jours avant l'armistice. Sa tombe se trouve au cimetière du Père-Lachaise.

À l'occasion du 80e anniversaire de sa mort, la ville de Nîmes rendra hommage au poète. Une plaque sera apposée, en souvenir, sur la façade de l'ancien Grand hôtel du Midi et de la poste situé au square de la Couronne, elle sera dévoilée le 14 novembre 1998, par le Député Maire Alain Clary.

Guillaume, Albert, Vladimir, Apollinaire de Kostrowitzky, plus connu sous son pseudonyme, Guillaume Apollinaire était né à Rome le 26 août 1880, d'une mère issue de la noblesse polonaise et de père inconnu. Considéré, comme apatride son engagement lui permettra d'acquérir la nationalité française.

 

Extrait de Nîmes au XXe siècle de Georges Mathon, octobre 2007

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