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Edito

 
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En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)


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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 07:35
Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent !
2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 07:24

Et la Mère, fermant le livre du devoir,

 

S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,

 

Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,

 

L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

 

 

 

Tout le jour il suait d'obéissance ; très

 

Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits

 

Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.

 

Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,

 

En passant il tirait la langue, les deux poings

 

A l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

 

Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe

 

On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,

 

Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été

 

Surtout, vaincu, stupide, il était entêté

 

A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :

 

Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.

 

Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet

 

Derrière la maison, en hiver, s'illunait,

 

Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne

 

Et pour des visions écrasant son oeil darne,

 

Il écoutait grouiller les galeux espaliers.

 

Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers

 

Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,

 

Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue

 

Sous des habits puant la foire et tout vieillots,

 

Conversaient avec la douceur des idiots !

 

Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,

 

Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,

 

De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.

 

C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

 

 

 

A sept ans, il faisait des romans, sur la vie

 

Du grand désert, où luit la Liberté ravie,

 

Forêts, soleils, rives, savanes ! - Il s'aidait

 

De journaux illustrés où, rouge, il regardait

 

Des Espagnoles rire et des Italiennes.

 

Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,

 

- Huit ans - la fille des ouvriers d'à côté,

 

La petite brutale, et qu'elle avait sauté,

 

Dans un coin, sur son dos en secouant ses tresses,

 

Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,

 

Car elle ne portait jamais de pantalons ;

 

- Et, par elle meurtri des poings et des talons,

 

Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

 

 

 

Il craignait les blafards dimanches de décembre,

 

Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,

 

Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;

 

Des rêves l'oppressaient chaque nuit dans l'alcôve.

 

Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,

 

Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg

 

Où les crieurs, en trois roulements de tambour,

 

Font autour des édits rire et gronder les foules.

 

- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles

 

Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,

 

Font leur remuement calme et prennent leur essor !

 

 

 

Et comme il savourait surtout les sombres choses,

 

Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,

 

Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,

 

Il lisait son roman sans cesse médité,

 

Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,

 

De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,

 

Vertige, écroulements, déroutes et pitié !

 

- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,

 

En bas, - seul, et couché sur des pièces de toile

 

Écrue, et pressentant violemment la voile !