Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
Je vous avais promis, il y a quelques temps, une nouvelle.. Elle est finie, je dois encore l'améliorer, mais le plus gros est fait. Elle m'est venue à l'idée lorsque, toujours dans mon atelier d'écriture, il fallait écrire un texte sur une photo de porte choisie au hasard (voir article : La porte bleue de la Calle Tejadillo, Cuba) et je voudrais vous en donner un extrait, histoire de voir si je peux envisager le prochain Goncourt !!!!! Non, je plaisante... bien sûr.. quoique !!
Alors, voici un extrait, et j'attends vos commentaires avec impatience :
"J’avais maintenant 25 ans, je finissais mes études littéraires... et je commençais à prendre mon indépendance. La rue Tejadillo était bien loin et pourtant je ne l’avais jamais oubliée. Souvent, pendant ces 13 années d’exil, j’eus envie d’y retourner, mais une espèce de peur incontrôlable m’en empêchait. J’étais toujours célibataire, les filles de mon âge et de mon rang ne m’intéressaient guère. Iyaemi était toujours en moi et secrètement je l’attendais. J’avais passé toutes ces années à m’instruire sur les origines précolombiennes et particulièrement sur les indiens Guanajuatabeye. Derrière tous ces récits, toute cette histoire, je crois bien aussi que j’apprenais à me reconstruire pour être plus proche de Iyaemi le jour où je la retrouverais. Cloitré dans la grand bibliothèque de
Un jour, alors que je m’engageais dans une de ces magnifiques rues aux couleurs ocres que j’empruntais pour me rendre une fois de plus à la bibliothèque, je me rappelais alors la conversation que j’avais eu avec maman quelques années plus tôt à propos de nos origines et m’offusquais une nouvelle fois à l’idée que
Alors que je me trouvais sur
Au hasard d’une rue, elle se dressait là... derrière un vieux banc en chêne, vêtue de blanc, ses cheveux lisses et raides somnolant sur ses épaules frêles.. une onde parcourut mon corps sur toute sa longueur comme le choc d’une rencontre entre l’Ancien et le Nouveau Monde.. Je ne savais plus à quel monde j’appartenais, je naviguais depuis mes 12 ans entre deux mondes, d’une ruelle à l’autre, mon esprit déchiré à jamais entre deux continents, les Indiens précolombiens et les Espagnols conquérants. Je me sentais alors coupable et j’étais convaincu de porter sur mes épaules toute l’histoire d’un peuple écartelé."
Extrait de "Portes obscures", écrit par Anne Fabregoul - Copyright 2005.