Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
je les vois,
vifs et alertes, impatients de se coucher
sur le lit douillet, parfois feutré
de notre histoire,
se courbant, se recourbant,
enjoués comme des enfants
sur l’horizon orangé
de nos souvenirs
je les vois,
légers, dociles et dérisoires,
traces écorchées d’un instant
où l’horizon n’a de limites
que ce que notre esprit ne peut voir,
étranges traits liés, déliés
barrés et raturés, falsifiés
enrobés de sentiments enfouis
je les vois,
à la façon d’un peintre
grandir, et puis vivre
sur l’espace d’une vie
résistants au temps,
pas comme nous...
pas comme vous...
pauvres mortels que nous sommes
je les vois
sourire et parfois se taire
sous les larmes d’un enfant
devant l’impassible cruauté
d’un monde à la dérive
et même souffrir,
de ne voir l’œuvre achevée
d’un écrivain maudit
je les sens,
me caresser la gorge
et s’écraser sur le papier
dans un silence de plomb
je les vis,
dans le labyrinthe de mon cœur
se frottant aux parois
se vidant de pleurs
je les entends
rugir dans mes entrailles
dans un brouhaha incessant
prêts à renaître
sur le papier,
leur refuge,
le mien
A jamais.