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Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

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L'artiste et sa feuille (conte)

Le discours de l’artiste avec sa feuille.. ou comment retrouver l’inspiration.. Petit conte sans prétention. (Texte de 2005 remanié, à l'occasion d'un exercice de la Communauté Ecriture Ludique sur le thème de la page blanche).


 

Des mots gisent à terre au milieu de copeaux de crayons, de la poussière les recouvre de son épaisse fourrure, quand soudain une page vierge, blême et fade, décide de se rebeller :

« Gribouille sur le papier, fouille dans tes entrailles, cueille ta chair, débroussaille ton âme, tu as tant à raconter ! Va au fond, puise dans ton sang, bois le breuvage noir des ténèbres et déverse-le sur moi » lance une petite voix à son maître, un écrivain maudit.

« Pas ce soir, il fait trop noir, les mots se font grisaille, et le pinceau trempe dans une palette sans teint... » Pensais-je, à bout de force.

« Gribouille, je te dis, prend le pinceau, et ton stylo, l’un des deux te répondra... « poursuit la petite voix.

J’esquisse un trait...

« Allez, encore un autre..., fais toi violence, crève le silence, fait éclater ce qui bouillonne en toi »...

Un autre, sans grande conviction...

Un mot, puis un autre, je manque de temps.  Mes méninges sont lentes, mes gestes lourds et le temps s’affole. Mon cœur caracole. Il n’y a rien au fond de moi qui ne veuille sortir. Tout est bien enfoui, bien au chaud, un petit volcan dont l’activité a cessé depuis bien longtemps...

« Justement, crache ce feu, répand le sur moi, je me ferai buvard de tes douleurs ! » s’écrit encore la feuille.

Je postillonne enfin quelques « je t’aime moi non plus » qui viennent s’écraser sur les premiers traits gribouillés.. « Avec ça, je n’irai pas loin.. », me dis-je intérieurement.

« Prend ton pinceau maintenant, trempe le dans l’orange, mélange, assaisonne de quelques gouttes noires et blanches et regarde ! »

Tiens, faut voir... ça me rappelle... 

Oui, ça y est, ça vient, mes doigts tremblent, mon cœur accélère, je vibre, la feuille se remplit, au goutte à goutte de mes froideurs intérieures... Mon corps tout entier entre en transe, ça y est, elle arrive, l’inspiration !

Et la feuille de se pavaner :

« Allez, maintenant, gicle moi tout ce qui grince en toi, souille moi de tes laves, fais moi un corps neuf et vivant, un corps de feuille tout simplement. »

 

 

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N
Continue à avoir l'esprit militant, Pseudo, ça te va bien !Nanou
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P
C'est génial! Franchement? J'adore! Enfin quelqu'un qui a su écrire avec des mots justes et vrais ce qu'est le dur métier d'artiste!(J'ai l'esprit militant cet après-midi...)
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F
j'adore : "des mots gisent à terre au milieux de copeau de crayons"waow! big bisous
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N
Merci Fab, pour ce message. J'avoue que je suis très fière de cette trouvaille !Nanou
V
Un corps à corps auquel je n'aurai pas pensé....je te tire mon chapeau!!!virginie
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N
Merci Virginie, j'aime bien cette idée de relation physique avec la feuille, effectivement; Nanou
S
nos deux propositions ne dont pas identiques (heureusement !!!) mais ne sont pas sans point en commun... j-ai bien aimé te lire... J'attends ton avi @ bientot
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N
Sam, je viens de te laisser un com chez toi à ce sujet. Beau blog; Beaux écrits.Nanou