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Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

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Eugène Delacroix, par Baudelaire

 Une nouvelle fois, dans son "Salon de 1845", Baudelaire se fait critique de quelques oeuvres dont celle-ci, "La Madeleine dans le désert", l'une des oeuvres de Delacroix qui avait fortement intrigué Baudelaire. Et le commentaire qui lui consacre souligne avec beaucoup de justesse le caractère insolite de la composition, où le visage énigmatique de cette femme resplendit d'une lumière venue d'ailleurs. Il faut dire que c'est l'une des plus exceptionnelles des oeuvres de Delacroix lors de sa période d'inspiration religieuse. Elle figura parmi les oeuvres choisies par Delacroix pour être présentée à l'expositoin universelle de 1855.
Voici donc la critique de cette oeuvre, vu par Charles Baudelaire :

   "C'est une tête de femme renversée dans un cadre très étroit. A droite dans le haut, un petit bout de ciel ou de rocher - quelque chose de bleu; - les yeux de la Madeleine sont fermés, la bouche est molle et languissante, les cheveux épars. Nul, à moins de la voir, ne peut imaginer ce que l'artiste a mis de poésie intime, mystérieuse et romantique dans cette simple tête. Elle est peinte presque par hachures comme beaucoup de peintures de M. Delacroix; les tons, loin d'être éclatants ou intenses, sont très doux et très modérés; l'aspect est presque gris, mais d'une harmonie parfaite. Ce tableau nous démontre une vérité soupçonnée depuis longtemps et plus claire encore dans un autre tableau dont nous parlerons tout à l'heure; c'est que M. Delacroix est plus fort que jamais, et dans une voie de progrès sans cesse renaissante, c'est-à-dire qu'il est plus que jamais harmoniste."

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