Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

La vie du romancier connaît un second souffle avec l'arrivée de Jeanne Rozerot, une lingère de vingt et un ans embauchée par sa femme Alexandrine en 1888, dont Zola tombe éperdument amoureux. La jeune femme suit le couple à Royan pour l'été et Zola, qui souffre secrètement de la stérilité d'Alexandrine, sent renaître en lui des ardeurs d'adolescent. Il perd du poids, fait de longues randonnées avec Jeanne et, déjà passionné par la photographie, prend inlassablement des clichés de celle qui deviendra la mère de ses deux enfants. De retour à Paris, il l'installe au 66 de la rue Saint-Lazare, se partageant désormais entre ses deux foyers. La naissance de Denise, le 20 septembre 1889, puis celle de Jacques, le 25 septembre 1891, consolident les liens des deux amants et donne une nouvelle douceur à l'oeuvre littéraire, déjà sensible dans Le Rêve. La dédicace à Jeanne dans Le Docteur Pascal témoignera du profond engagement de Zola : "A ma bien-aimée Jeanne, - à ma Clotilde, qui m'a donné le royal festin de sa jeunesse et qui m'a rendu mes trente ans, en me faisant le cadeau de ma Denise et de mon Jacques, les deux chers enfants pour qui j'ai écrit ce livre, afin qu'ils sachent, en le lisant un jour, combien j'ai adoré leur mère et de quelle respectueuse tendresse ils devront lui payer plus tard le bonheur dont elle m'a consolé, dans mes grands chagrins."
Zola est en effet déchiré entre ses deux couples ; en apprenant la liaison de son mari, Alexandrine a cru devenir folle, et les Zola, qui résident désormais dans un hôtel particulier, au 21 bis, rue de Bruxelles, vivent un enfer ; cependant, malgré les tensions et les difficultés de sa double vie, l'écrivain poursuit la rédaction des Rougon-Macquart avec