Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
Je vous en avais parlé dans un précédent article, voici un complément : 
Picasso peignant "Guernica"
"Avec près de 250 œuvres issues de collections publiques et privées, le Musée Picasso restitue à travers l'exposition " Picasso-Dora Maar. 1935-1945." cette relation passionnelle et déchirante qui unit le peintre à la photographe. C'est l'occasion de découvrir l'influence qu'exerça cette femme sur les peintures de l'artiste durant leur idylle qui s'étend de La jeune femme joua un rôle important dans la création de l'artiste comme en attestent les nombreux portraits tels que "Femmes assises" ou "'Femmes au chapeau".
Une rencontre sous le signe du surréalisme
Dora Maar, de son vrai nom Henriette Markovitch, est connue pour ses travaux de photographe de mode et de publicité ainsi que pour ses portraits mondains et ses photoreportages. Elle côtoie de nombreux artistes tels que Henri-Cartier Bresson, Man Ray ou encore André Breton et fréquente les mouvements d'extrême gauche. C'est en 1935 qu'elle fait la connaissance de Picasso. Leurs affinités avec les milieux surréalistes, une culture hispanique et les mêmes engagements politiques les rapprochent. Or, cette relation est une aubaine pour le peintre enclin à de nombreux doutes. Ce passage à vide le conduit vers la voie de l'écriture poétique tout en suivant toutefois les protocoles de création surréaliste. Sur les conseils de Dora, il renoue avec la vie artistique de l'avant-garde. Elle lui fait tout d'abord découvrir la photographie, avant de le ramener à ses premières amours, la peinture.
Dora à l'image d'une période sombre
C'est une véritable muse pour Picasso. Il la peint de mémoire car la photographe ne posa jamais comme modèle. Ses œuvres sont le reflet des sentiments du peintre. Sa vie personnelle mais également les faits marquants de l'époque s'entremêlent. Les prémisses de la guerre constituent la toile de fond des œuvres de la période 1939-41 et dans ses portraits, la mort et la vie s'entrecroisent. Or, ces années marquées par la guerre civile espagnole, la guerre et l'occupation nazie sont des plus sombres. Des événements intimes ou historiques se superposent à sa création. Dans les représentations qu'il fait de sa dulcinée, elle apparaît très souvent en train de pleurer. Il s'agit des larmes du peintre et de celles de milliers de morts, de victimes et de femmes touchés par ces combats. Cette relation très fusionnelle a des conséquences également sur le travail de la photographe. Ainsi elle réalisa une série de photographies du peintre lors de la création de "Guernica" constituant un témoignage rarissime de l'exécution de la réalisation d'une œuvre. En montrant pour la première fois un artiste en train de créer, Dora Maar invente le "process de travail". Fascination, admiration et rivalité sont l'aboutissement d'une telle complicité qui se ressent dans leurs travaux. Cette attirance réciproque s'achèvera lors de leur rupture en 1943. "L'Histoire naturelle" symbolise la fin de cet amour passionnel. Dora y est représentée sous la forme d'une sphinge et Picasso en Minotaure.
Des centaines d'œuvres majeures du peintre mélangées à des toiles, des photographies et des documents inédits provenant du fonds Dora Maar reconstituent la chronique de cette tragique époque et de cet amour jusqu'alors très peu dévoilé au public. Le peintre s'est nourri de cette passion qui a su le transcender et le ramener vers la peinture."
A retrouver sur : Dora Maar, la sphinge larmoyante de Picasso,
Voir les oeuvres là.