Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
Pour faire suite à l'article précédent, je voudrais ici vous donner quelques textes écrits par Picasso :
14 août 1935
"je ne peindrai plus la flèche qui se regarde dans la goutte d'eau qui tremble au matin quand siffle dans le vent l'heure écrite que la balançoire emporte avec son rire"
Ecrit dans le train en allant à Dieppe
Paris, 11 août 1935 (I)
"avec les castagnettes je ne peux pas faire bon ménage si elles n'apportent pas le miroir caché entre les jupes et leur chaleur enveloppée dans la feuille de vigne mais que voulez-vous ainsi va le monde et les poètes succombent avec joie aux souffrances car il faut écouter ce que dans l'oeil du faucon peint la lumière qui n'est qu'une corde de guitarre avec toutes ses raisons mais écoute ne cache pas sous ton voile ma récolte de blé car le pigneon pris au piège chante desormais sa tristesse amoreux qui d'un dimanche à l'autre la semaine qui danse il la tient par les mains le tambour a pondu un oeuf la cheminée dépend du bleu les martinets l'égratignent et l'heure qui arrive ne veut par réveiller l'ivrogine sur le caresse efface en bleu et carillonne des réponses aux questions d'idiot bouteille de la nuit bientôt sera pleine"
30 octobre 1935
"c'est du bouillon de poule l'heure choisie pour la feuille de l'arbre qui se berçant si joiliment entre tant de petits baisers tombe sur l'herbe et reste endormie"
17 septembre 1935
"je donne arrache tords et tue je traverse incendie et brûle - je caresse mèche embrasse et regarde _ je fais sonner à toute volée les cloches jusqu'à ce qu'elles saignent - j'effraie les pigneons et je les fais voler autour du colombier jusqu'à ce qu'ils tombent par terre déjà morts de fatigue - je boucherai toutes les fenêtres et les portes avec de la terre - et avec tes cheveux je penderai tous les oiseaux qui chantent - et je couperai toutes les fleurs - je bercerai dans mes bras l'agneau et je lui donnaerai à dévorer ma poitrine - je le laverai avec mes larmes de plaisir et de peine - et je l'endormirai avec le chant de ma solitude par de soleares - et je graverai à l'eau-forte les chapms de blé et d'avoine et je les verrai mourir couchés face au soleil - et je l'envelopperai les fleuves dans du papier journal et je les jetterai par la fenêtre au ruisseau qui repenti mais avec tous ses péchés sur le dos s'en va content et riant malgré tout faire son nid dans la cloaque - et je briserai la musique du bois contre les rochers des vagues de la mer - et morderai le lion à la jou - et je ferai pleurer le loup de tendresse devant un portrait de l'eau qui dans la baignoire laisse tomber son bras. "
13 avril 1937
"divinement mis à sécher sur le plat de lentilles de l'auvent de toit aux figures de Barbarie de la langue glacée qui l'accompagne de sa croix sur le dos le vieux chiffon de la peau sèche mitée et sans dents mange rageur l'épée qui l'étrangle et lui crache aux yeux
figure géométrique fondue dans l'acide corrosif qui la tient prise à la gorge entre ses ongles le mépris qui la torée de près ne séche pas le drap qu'agite le cri qui s'enflamme au sirop qui baigne la passe de cape de larmes du cuir étendu à rire face au soleil"



