Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
"Pour tracer une ligne vivante et ne pas trembler de la savoir en danger de mort sur tous les points de sa route, il me faut dormir d’une sorte de sommeil, laisser descendre sans réserve les sources de ma vie dans ma main, et que cette main finisse par travailler seule, par voler en rêve, par se mouvoir sans se soucier de moi." Cocteau - Baiser Cocteau - Le Patineur Cocteau - Oeil en coin Cocteau - Personnage Cocteau - Visage Cocteau - Le chevalier
Les poètes ne dessinent pas. Ils dénouent l’écriture et la renouent ensuite autrement. C’est ainsi qu’en 1924, dans la dédicace à Picasso de son album Dessins, Jean Cocteau marque le caractère essentiellement linéaire de sa poésie graphique qui n’a recours ni au clair-obscur, ni à la tache (comme celle d’Hugo), et s’exprime complètement par la pureté du trait, la justesse du cerne.
Toute sa vie, le poète a pourtant dessiné autant qu'il a écrit, son graphisme est connu dans le monde entier : dessins, décors de théâtre, lithographies, gravures, sculptures, fresques... Cette œuvre est considérable.
Les recherches de Cocteau sont souvent proches de celles des surréalistes quoiqu’il se soit et qu’ils l’aient - toujours tenu à l’écart de leur groupe. De l’exploration par le poète des domaines de la nuit intérieure et du mystère résultent maints dessins, et spécialement ceux de l’exposition de février-mars 1937 sur le thème : mandragores et mains chevalines. "Les dessins que j’expose à la galerie les Quatre Chemins ont été faits cet été à Fourques, où je voyais des lézards verts plus rapides que la foudre, des chevaux de campagne gesticulant comme une belle main, et en pensant aux mandragores que les indigènes élèvent dans une île proche de Singapour."
Cocteau dessinateur, transcripteur exact de sa mythologie, est aussi l’idéal illustrateur de ses livres.
Le graphisme de Cocteau n’évolue qu’insensiblement. Dans les années 20, le trait présente d’abord ce léger tremblement défini par Paul Fierens à propos de Dessins : (Cocteau) rêve en même temps qu’il voit, flottant entre la conscience claire et l’inconscience. (..) De là ce tremblé de la main, de la ligne ». Il semble, très curieusement, qu’à chaque pas l’équilibriste hésite et que sa marche, sa démarche, d’un bout à l’autre du parcours, soit parfaitement assurées. Dans les années 30, le trait s’affermit, puis s’émancipe jusqu’à retrouver la liberté et la rapidité de L’esquisse dans Portraits Souvenir et dans les illustrations des Enfants terribles ou des Chevaliers de
Vers 1944, la sûreté, la vigueur et l’aisance auxquelles atteint le dessinateur témoignent d’une maîtrise qui donne lieu à trois réussites majeures : le portrait de Colette, d’une acuité digne de Lautrec, les lithographies d’Orphée et les dessins sur le thème de la licorne (1947), où triomphe le mouvement lyrique de la ligne. Le traitement déjà pictural du portrait de Colette et de plusieurs lithographies d’Orphée annonce les prochaines expériences plastiques.
Pour le plaisir, quelqu'uns de ses dessins :




