Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
Né le 30 mars 1844, Paul Verlaine était d'origine ardennaise mais vécut à Paris. Élève au lycée Bonaparte, il embrassa par la suite une carrière d'employé de bureau à la mairie de Paris. Il commença à fréquenter les milieux littéraires, menant une vie répréhensible aux yeux des siens, entre les cafés, où il abusait de l'absinthe, et les amours faciles et décevantes.
Ses premiers recueils de poèmes, Poèmes saturniens (1866) et les Fêtes galantes (1869), sont marqués par l'influence de la poésie parnassienne, même si l'on voit déjà s'y dessiner des traits indéniablement personnels - sensualité, mélancolie, etc. - et tout à fait propres à la poétique verlainienne telle qu'il la décrira ultérieurement dans l'Art poétique (écrit en 1874, publié dans Jadis et Naguère en 1884).
Après sa période d'errance amoureuse, il rencontra une jeune fille, Mathilde Mauté, qu'il célébra dans les poèmes de
Il était cependant devenu l'un des écrivains les plus admirés de sa génération, et son influence sur les jeunes poètes, notamment les premiers symbolistes, était déjà grande. On doit encore à Verlaine un important recueil d'études critiques sur Rimbaud, Mallarmé et Tristan Corbière, les Poètes maudits (1884), des recueils sensuels comme Parallèlement (1889) ainsi que, vers la fin de son existence, des œuvres autobiographiques en prose, Mes hôpitaux (1892), Mes prisons (1893) et des Confessions (1895). Il mourut le 8 janvier 1896.
Œuvre
Dans le recueil des Fêtes galantes, Verlaine composa des vers d'une préciosité gracieuse qui pastichent d'un trait léger les hyperboles, les oxymores et les complexités de la rhétorique amoureuse des siècles passés : «!Que je meure, Mesdames, si!/!Je ne vous décroche une étoile!!!», écrit-il dans «!Sur l'herbe!», ou encore, dans un autre poème, «!Là, je me tue à vos genoux!! Car ma détresse est infinie!/!Et la tigresse épouvantable d'Hyrcanie!/!est une agnelle au prix de vous.!» («!Dans la grotte!».)
Les poèmes de
C'est dans Jadis et Naguère que figure l'Art poétique (écrit en 1874), qui fit de Verlaine le chef de file des symbolistes et qui expose, en vers, les principes de la poétique verlainienne : l'Art poétique prône l'usage des vers courts et des vers impairs, jugés plus musicaux et plus légers. On trouve d'ailleurs, dans tous les recueils de Verlaine, des Fêtes galantes à Sagesse, des vers de onze syllabes ainsi que des heptasyllabes, des jeux d'allitérations et d'assonances («!Et si la sottise l'amuse!/!Elle serait, étant la muse […]!»), un usage fréquent de l'ellipse, qui confèrent aux vers verlainiens leur légèreté : «!Houblons et vignes!/!Feuilles et fleurs!/!Tentes insignes!/!des francs buveurs.!» («!Paysages belges!» in Romances sans paroles).
Ce qu'on appelle la musicalité du vers de Verlaine procède de l'instauration de rapports nouveaux entre les sonorités, qui sont répétées à loisir pour produire l'impression d'une incantation, comme c'est le cas dans «!Ariettes oubliées!» (in Romances sans paroles) : «!Il pleure dans mon cœur!/!comme il pleut sur la ville!/!Quelle est cette langueur!/!qui pénètre mon cœur!? Il pleure sans raison!/!dans ce cœur qui s'écœure!». Ces jeux trouvent certaines de leurs réussites les plus exquises dans les poèmes qui empruntent la forme de la chanson, comme «!À Clymène!», dans les Fêtes galantes, ou «!Ariettes oubliées!», «!Streets!» et «!Aquarelles!», dans les Romances sans paroles. Dans ces poèmes, une strophe ou un vers sert de refrain : «!Dansons la gigue!/!J'aimais surtout ses jolis yeux!/!plus clairs que l'étoile des cieux!/!J'aimais ses yeux malicieux!/!Dansons la gigue!», («!Streets!», in Romances sans paroles). Enfin, dans tous les recueils, on trouve des vers courts, liés à une prosodie qui disloque la syntaxe de la phrase en la répartissant sur plusieurs vers, notamment en multipliant les rejets : «!L'étang reflète!/!profond miroir!/!la silhouette!/!du saule noir!/!où le vent pleure.!» «!Dans l'interminable!/!ennui de la plaine!/!La neige incertaine!/!Luit comme du sable!» (
Encyclopédie Encarta (c) Microsoft