Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
La poésie au XVIIème siècle
En poésie plus encore que dans les autres genres, baroque et classicisme, traversés et travaillés chacun par des courants divers, ne sont pas des périodes homogènes ni chronologiques, mais représentent plutôt les deux pôles entre lesquels chaque poète est à la recherche d'un équilibre propre : dérèglement ou maîtrise, originalité ou régularité, jeu ou sérieux, richesse ou simplicité. Jusqu'en 1660, toutefois, la tendance est plutôt baroque, même si les deux poètes qui dominent le début du siècle, Malherbe et Régnier, préfigurent en partie le classicisme. A partir de 1620 un nouveau climat s'installe et Théophile de Viau occupe le devant de la scène. La génération de 1625 est particulièrement riche et diverse : gaité baroque (Saint-Amant), courant burlesque (Paul Scarron), mélancolie maniériste (Tristan), courant pastoral (les Illustres Bergers), raffinements de la poésie mondaine (Vincent Voiture).
Les thèmes baroques du tragique de l'existence et de l'écoulement du temps trouvent leur expression la plus aboutie dans une poésie qui fait une large part au jeu, mais qui est toujours à mi-chemin entre le rire et le désespoir. La poésie baroque cherche à séduire les sens et l'esprit (par la virtuosité, la surprise, l'énigme). Ses ressources stylistiques de prédilection sont l'hyperbole, la pointe ou concetto (paradoxe, surprise finale), l'antithèse, la métaphore (de préférence filée), la périphrase, la personnification, l'hypotypose et l'ekphrasis (qui donnent à voir). La préciosité et le burlesque sont de subtils contrepoints à une esthétique baroque qui est également travaillée de l'intérieur par le maniérisme et la poésie concettiste des marinistes.
La poésie classique, dont l'avènement, à partir de
La génération des poètes nés dans les années 1620-1640 se retrempe aux sources de l'antiquité, mais la poésie semble s'épuiser, victime d'une certaine désaffection que le XVIIIe siècle confirmera. Deux grands noms subsistent et marquent le triomphe du classicisme : Nicolas Boileau, son législateur, et