Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne
Cette créature du mal ressemblait à première vue à une énorme masse sombre sortie du fin fond des ténèbres. Mais en regardant de plus près, l’Enchanteur des Terres se rendit compte qu’il s’agissait là d’un immense cavalier affublé d’une longue tunique noire descendant jusqu’au dessous des genoux, le tout rehaussé d’une broigne faite de toile et d’un casque conique cachant une partie son visage. Malgré cette apparence grotesque, il devinait les traits fins de ses sourcils et des ses yeux.
L’Enchanteur comprit immédiatement qu’il s’agissait là d’une créature du Mal qui avait, comme lui, traversé les siècles en menaçant l’équilibre fragile des hommes. Malheureusement, il avait déjà entendu parler de ses horribles exploits, mais c’était la toute première fois qu’ils se rencontraient.
Derrière lui, l’Enchanteur aperçut également une petite tête, toute triste et l’air totalement désemparé, dont le visage ne lui était pas inconnu.
- Que me veux-tu, Créature du Mal ? lui lança l’Enchanteur d’un ton sec et autoritaire.
- Enfin je t’ai trouvé... depuis des siècles que je suis à ta recherche ! Son destin dépend de toi, Enchanteur... Il parait que tu à plus d’un tour de magie dans ton sac, alors c’est le moment de me le prouver !
- Que me veux-tu, et que fait cet enfant avec toi ? Il n’a pas l’air d’être là de son plein gré, rajouta l’Enchanteur.
- Te souviens-tu de cet enfant qui observait paisiblement une grenouille au bord de la berge... allons, ne me dis pas que tu l’as oublié, je vous ai épié tous les deux à ce moment-là... et tu connaissais déjà au fond de toi sa destinée... Je t’offre aujourd’hui le moyen de le sauver...
L’Enchanteur des terres comprit immédiatement qu’il s’agissait de Vern, cet enfant qu’il avait rencontré dans une autre époque et dont il avait lu l’histoire dans les eaux scintillantes de l’étang. Il s’approcha de lui.
- Vern, reprit-il, c’est toi n’est-ce pas ? Rappelle-toi, je t’avais promis que nos chemins se retrouveraient et que je pourrais te libérer. Alors n’aies pas peur, fais moi confiance.
- Créature du Mal, dit-il en s’adressant au cavalier, annonce la couleur de tes intentions.
- Rien de plus simple : je t’offre la vie de cet enfant et de sa famille que je retiens prisonnière dans un cachot de l’Ile au diable depuis quelques siècles déjà, contre tes pouvoirs.
- Mes pouvoirs ne peuvent te servir, ils ne servent qu’à faire le bien. Ils ne peuvent être dignes de toi, renchérit-il.
- Foutaises ! Allons, réfléchis un peu. Tu es fatigué, tu erres depuis des siècles sur
- Pour te laisser faire le mal sur ce monde ? Jamais...
Une larme coula sur le visage de Vern.
- Malheureusement tu n’as pas beaucoup de choix, Enchanteur... Pourrais-tu abandonner cet enfant ?
- Abandonner, non, mais.....
L’Enchanteur récita une phrase incompréhensible et soudain, d’une voix forte et moqueuse, il rajouta...
- Que ferais-tu d’une grenouille, Créature du Mal ?
Le Cavalier se retourna et vit une petite forme verte s’enfuir à la vitesse de la lumière..
- Tu m’as bien eu, Enchanteur, mais n’oublie pas, nos destins sont liés, et je la prochaine fois que je te réapparaîtrais, mes forces se seront tellement amplifiées au cours des siècles, qu’il te sera impossible de lutter contre moi.
A ces mots, l’Enchanteur partit rejoindre la petite grenouille verte, à qui il rendit son apparence de petit garçon, et tous deux s’enfuirent à travers les âges afin de retrouver les parents de l’enfant sur l’Ile au Diable.