
Le peintre des mots là, recueille
Les cendres de nos âmes, sur l’écueil
Où nos vies s’échouent sans couleur,
Pitance lumineuse de son labeur.
Le peintre des mots nourrit sa toile
Des fissures du temps dont l’émail,
Ingrédient sacré de ses pigments,
Lui confère une texture veloutée d’antan
A coup de pinceau le peintre des mots
Se rebelle
Et martèle
La citadelle
Charnelle
Démentielle
De son aquarelle
Et sa révolte contre l’inconstance des maux.
Sur sa toile,
Il étale
La morale
Ancestrale
Gutturale
De son vocable
Et le murmure de nos lèvres à demi-mot
Ainsi chemine le peintre des mots,
Qui sillonne par mont et par vaux
Vos pensées closes de moult maux
Et les dépose, révolté, sur son tableau