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Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

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Dora Maar, Artiste

Dora Maar, photographe et peintre

A lire : Moi Dora Maar, N. Avril
A voir : les gouaches de Dora Maar
A voir encore, d'autres oeuvres de Dora Maar
A voir aussi : ses photographies

 

 

Séduite puis abandonnée par Picasso, Henriette Theodora Marcovitch, ou Marcovich, dite Dora Maar, fait partie de cette longue liste d'inconnues célèbres dont la vie et l'oeuvre ont été oblitérées par celle du Grand Homme. 

D
ora Maar, telle qu'en elle-même, fut successivement photographe et peintre. Trop souvent attribuée à Man Ray, auprès de qui la jeune femme travailla initialement, son oeuvre photographique n'a bénéficié que tardivement de la reconnaissance attendue. Le style de Dora Maar est pourtant d'une originalité profonde. Il reste, aujourd'hui encore, insolite, dérangeant. 

A
rrivée de Buenos Aires en 1920, Dora Maar est la fille d'un architecte croate qui a signé nombre d'édifices de la capitale argentine, autre autres l'immeuble Mihanovich, conçu à la demande du puissant armateur du même nom. Grandie à l'ombre des coupoles (cupulas) qui surplombent la ville de Buenos Aires, Dora Maar dédie son oeuvre photographique à l'expression d'une verticalité angoissante dans laquelle, par effet de contre-plongée, elle recrée, en même temps qu'elle en condense et déplace les indices, la muette commination des cupulas. 

Arrivée en France en 1920, Dora Maar va et vient entre Paris et l'Amérique du Sud jusqu'en 1930. Elle dédie nombre de photos aux navires, qui font la navette entre les deux rives, tentent de conjurer le devisement du monde, la disposition en vis-à-vis du sujet et de l'objet, du Moi et du Soi. 

D
'abord assistante de Man Ray, Dora Maar crée en 1935 son propre studio, 29, rue d'Astorg. Elle travaille avec un appareil de marque Rolleiflex. Certains de ses clichés, qu'on oublie de lui attribuer, sont devenus des icônes de la légende surréaliste. 

Après avoir réalisé des photos de mode sous la direction de Harry Ossip Meerson - portraitiste de Marlène Dietrich puis du tout Hollywwod - et des photos de nus pour les revues de charme, Dora Maar à partir de 1932 se consacre à son oeuvre personnelle. On constate toutefois la présence d'invariants stylistiques qui signent d'emblée l'ensemble de ses travaux. 

Ombres, déviations, torsions, effets de plongée, de contre-plongée, de suspension, de renversement, de chute, liés à l'angoisse de la verticalité, dramatisent, dans l'oeuvre de Dora Maar, la vision du réel. Les critiques, à propos de cette dernière, parlent de gauchissement du regard, caractéristique d'une sorte de baroquisme tragique. Ce gauchissement affecte, non seulement la vision de la ville, oblique, pentue, abyssale, mais aussi celle des êtres qui la hantent. 

Condensant et déplaçant à Barcelone, puis à l'Orangerie du château de Versailles l'inquiétante étrangeté de sa vision du réel, Dora Maar réalise, de 1932 à 1936, une série de variations sur le thème obsédant du corps qui s'arque à l'envers. Déjà illustré en 1932 par une photo prise à Barcelone - photo représentant un gamin contorsionniste qui, arc-boutant ses jambes contre la base du mur, semble, vu de face, se maintenir en équilibre sur la tête -, puis en 1935 par la photo ci-dessus, prise sans doute 29, rue d'Astorg, ou par la photo dite du Simulateur, un garçon qui s'arque à l'envers, les yeux blancs, entre des voûtes inversées, le thème du corps renversé trouve son expression la plus mystérieuse sur la photo intitulée Silence (1935-1936). 

A partir de 1936, date où elle débute sa liaison avec Picasso, Dora Maar cesse progressivement toute activité photographique. Lee Miller, autre pionnière de la photographie au féminin, réalise en revanche nombre de portraits de Dora. 

D
ora Maar commence dès lors à peindre, d'abord sous l'inflence de Picasso, puis, de façon de plus en plus résolue, sous la dictée de la nécessité intérieure. Intitulée Cubist Still Life, une huile sur toile témoigne du style de cette période. On retrouve, de façon plus discrète, la déviation des lignes verticales. 

Après la catastrophe psychique de 1945, la cure d'électrochocs à Sainte-Anne, l'officialisation de la rupture avec Picasso, Dora Maar change de style. Elle peint essentiellement des vues du bord de Seine ainsi que des paysages du Lubéron

A partir de 1950, Dora Maar s'enferme chez elle, rue des Grands-Augustins. On ne sait plus rien de son travail de peintre. On a longtemps cru qu'elle l'avait abandonné. On le présumait de toute façon médiocre, voire d'ordre purement thérapeutique. 

A
près la mort de Dora Maar en juillet 1997, la surprise est venue, en 1998-1999, de la dispersion des biens accumulés dans l'appartement de la rue des Grands-Augustins. On découvre alors la richesse de l'oeuvre ultérieure à 1950. 

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M
Hé Nanou, je viens de voir ton commentaire d\\\'aujourd\\\'hui sur mon blog ; ça m\\\'intrigue, car finalement j\\\'ai retrouvé ce que tu cherchais hier soir et je te l\\\'ai envoyé par mail illico (sur ton adresse club internet). Es-tu allée consulter tes mails ? Si oui, dis moi si tu n\\\'as rien reçu, je te referai passer tout ça. Bises.Morena
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