Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

Publicité

La crèche et les santons (1)

D’origine provençale, je me devais de vous faire partager cette tradition qui se perpétue chez nous de mère en mère. Chaque année, en général pour la St Nicolas , nous faisons la crèche provençale. Mais cette crèche relève du grand art (je mettrai une photo en ligne après les fêtes). D’abord, il y a le fameux papier Rocher peint à la main qui sert de base au décor, lui-même minutieusement fabriqué avec des brindilles ou autres pour les arbres, des pierres pour les montagnes, etc... Nous mettons des livres sous le papier pour faire le relief. Une fois cette opération terminée, il faut ajouter les santons, qui sont transmis de générations en générations, et je peux vous dire que nous en avons une centaine à faire figurer et certains sont très anciens !

Mais au fait, d’où vient la crèche et les santons ? (un petit rappel historique ne fera pas de mal, en cette veille de Noël !)

Ce personnage insigne, le santon (du provençal "santoun", c'est-à-dire "petit saint"), est riche d'une longue histoire qui plonge ses racines au plus profond des premiers temps chrétiens. Ainsi, à Rome, dans une chapelle des catacombes de Saint-Priscille, une fresque de la première moitié du Ier siècle montre l'une des premières figurations connues de la crèche. Dans une salle contiguë, on voit l'Adoration des Mages que l'on retrouve, peinte au IIIè siècle, dans une galerie voisine. 
Au IVè siècle la crèche s'enrichit de l'âne et du bœuf que l'on trouve sur un mur du cimetière romain de Saint Sébastien. Des écrits apocryphes mentionnent cet âne, ce bœuf, qui sont absents de l'Evangile. Cette crèche un peu plus complète, la voici au grand jour sur des parois de sarcophages des IVè et Vè siècles aux lieux chrétiens les plus célèbres : Rome, bien sûr, Milan, Mantoue, Ancône, Syracuse, Arles, Saint Maximin où les provençaux la chérissent. Mais plus secrète, elle orne manuscrits, miniatures, tissus, ivoires, pierres et peintures orientales. 
Une opinion bien ancrée veut que la crèche soit un acte d'amour franciscain ; que ce soit François d'Assise lui-même qui, le premier, ait fait une crèche vivante à Greccio : celle que Giotto a prise comme sujet d'une de ses plus belles fresques. Comme on le sait, la mère de François était de Beaucaire (d'autres disent de Tarascon). 
C'est en tout cas sur le beau Pré de foire que Pica Bernardone rencontre le marchand drapier de Lombardie qu'elle épousa. S'il est vrai, qu'héritiers de ces santibellis de plâtre que vendaient les Napolitains en Provence et en Languedoc, les santons aient déjà existé en ce XIIIè siècle, dans les provinces du Midi et sur les bords du Rhône voyageur, il est possible que la jeune épousée, suivant son marchand de mari, ait emporté son humble crèche en Lombardie, Marseille, Arles, mais aussi bien plus loin au cœur des terres provençales. C'est à dire à Brignoles, Apt, Sisteron, Riez et bien d'autres cités au long et glorieux passé, qui l'assurent parmi beaucoup d'autres légendes. C'est ainsi qu'en 1806, des santonniers de Provence ont créé la foire aux crèches de Marseille. C'est la figuration des petites gens du peuple de Provence dans l'initiation au grand mystère de Noël.

(Texte rédigé par l'Atelier Simone Jouglas)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article