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Vierge en crinoline,
Vierge de la Soledad,
épanouie comme une immense tulipe.
Dans ta barque de lumières
tu vas
sur la marée haute
de la ville,
parmi les saetas troubles
et des étoiles de cristal.
Vierge en crinoline,
tu vas
sur le fleuve de la rue
jusqu'à la mer!
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VIRGEN con miriñaque
virgen de la soledad,
abierta como un inmenso Tulipán.
En tu barco de luces
vas
por la alta marea
de la ciudad
entre saetas turbias
y estrellas de cristal.
Virgen con miriñaque
tú vas
por el río de la calle,
¡hasta el mar!
Sonnet
La barque s'enfuyait sur l'onde fugitive ;
La nuit se prolongeant comme un paisible soir
A la lune du ciel pâle, méditative,
Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;
Dans le lointain brumeux une cloche plaintive
Soupire un son pieux au clocher du manoir ;
Le saint bruit vient passer à l'oreille attentive,
Comme une ombre que l'œil croit parfois entrevoir ;
A la pieuse voix la nacelle docile
Sur l'onde qui frémit s'arrête, puis vacille,
Et sur le flot dormant, sans l'éveiller, s'endort ;
Le nautonier ému d'une main rude et digne
Courbe son front ridé, dévotement se signe...
Et la barque reprend sa marche vers le port.
En 1894, il suit des études au lycée Janson de Sailly en France et écrit ses premiers poèmes en 1889. Malgré la distance,
il garde des liens serrés avec sa famille.
C'est en 1900 qu'il écrit sa première plaquette de vers "Brumes du passé" puis il accomplit son service militaire qui est
pour lui une mauvaise période. A la fin de son service, il obtient sa licence de lettre et étudie le droit et les langues. Dès lors il connaît sa vocation.
C'est à 23 ans, qu'il épousera sa femme PILAR Saavedra en Uruguay.
En 1910, il écrit " Comme des voiliers " puis il est mobilisé à cause des guerres. Ses poèmes sont remarqués par Gide et
Valéry. Jacques Rivière le publie à la nouvelle Revue Française. Il se lie alors avec de plus en plus d'écrivains : Michaux, Arland, Etiemble.
Il vit une vie heureuse avec sa famille . Le 2 Août 1939, il s'embarque et la guerre le surprend en Uruguay. Il y restera
jusqu'en 1946 collaborant aux revues éditées par la France Libre, à "lettres françaises" en Argentine, à " Valuns" en Egypte.
De retour à Paris , les honneurs lui viendront et il écrira beaucoup de poèmes. Il meurt à Paris le 17 Mai 1960.
Jules Supervielle à 20 ans
Ses plus grands poèmes sont :
" Brumes du Passé" en 1900, " Comme des Voiliers" en 1910, " Les Poèmes de l'humour triste" en 1919, " Le Forçat innocent"
en 1930, " Oloron Ste Marie" en 1927, " Naissance" en 1951, " Le corps tragique" en 1959.
Ses plus grands romans et contes sont :
" Le Survivant" en 1928, " L'Arche de Noé" en 1938," Premier pas de l'univers" en 1950,
Ses plus grandes pièces de théâtre sont :
" La belle au bois" en 1932, " Bolivar" en 1936.




