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Edito


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En vers et à contre-pied

(espace de création littéraire)

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 Ma dernière peinture
Ma dernière création graphique



Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 20:47

 

Quand le matin se lève sur la mer

Et blanchit le rivage d’ondes bleues,

Ses longues paupières diaphanes

Cernées de minuscules halos bruns,

Sont flétries par l’écume des flots,

Et gonflées de mille perles d’argent.

Ses cheveux blancs dépeignés

Tourmentés par un vent gémissant

Flottent sur des épaules courbées

Ou se fondent dans l’écume du temps.

Le meilleur des instants éphémères

Est accroché pour toujours à ses haillons,

Et ses amours, comme une liqueur sucrée

La vieille les savoure toujours avec délice.

Il n’est point de souvenir amer

Qui ne se reflète dans les vagues,

Ni de regret résigné ou inavoué

Qui ne se brise contre les rochers.

Demain elle arborera le même sourire

Sur ses lèvres tremblantes et ridées

Et dans la lumière bleuâtre du jour

Où des mouettes suspendent leur vol

Une vieille femme attend la dernière vague,

Une larme au coin de l’œil.

 

Nanou, Novembre 2011
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Publié dans : Ma plume perso
Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 17:03

Texte écrit selon la consigne de la proposition 65 d'Ecriture Créative

 

 


 

DES MOTS VERMEILS

 

Assis sur sa vieille table, dans la tourelle qui lui sert de pièce de travail, le dos légèrement vouté, Martin se livre à son exercice matinal préféré : l’écriture.

Mais aujourd’hui comme tous les autres matins depuis des mois, les mots ne viennent pas. Pire, ils fuient sous sa plume dorée. Alors Martin s’énerve. Il insiste, griffonne un mot, puis deux. Péniblement viennent le troisième et le quatrième. Il n’est pas satisfait, sa phrase est bancale. Pour couronner le tout, sa cartouche d’encre s’essouffle. Il la change en grommelant quelques mots que lui seul peut comprendre, se concentre à nouveau sur sa copie, puis lève la tête au plafond pour chercher l’inspiration. Un frisson parcourt alors ses bras émaciés et sa frêle silhouette toute entière semble soudain se tordre dans tous les sens. Son stylo plume vole en éclat. Les deux mains sur le visage à présent, il se met à pleurnicher.

Une fois de plus, l’inspiration lui a échappé. Martin ne comprend pas. En effet, lorsqu’il se couche le soir, Martin écrit dans sa tête. Beaucoup. Dans cet état de torpeur et de somnolence, les mots lui viennent spontanément au fil et à mesure que ses yeux se ferment. Il les tord dans tous les sens, les coud entre eux, en joue comme un jongleur, tisse des histoires, et se dit qu’il faudra qu’il couche tout ça sur papier le lendemain matin. Et chaque matin, il n’échappe pas au joug de la déchéance que pour y retomber.

Il a même essayé plusieurs fois le soir de briser cette inspiration grouillante en se réveillant de son demi-sommeil pour prendre quelques notes. En vain. Dès lors que Martin devient totalement conscient, les mots dans sa tête s’effeuillent pour ne devenir que cendre sur le papier. Dans ses jeunes années, Martin a été accro à la cocaïne. Il se dit alors que sa cervelle doit être bourrée de larves impures qui le menacent jusque dans son intellect.

Ce matin plus que les autres, Martin semble s’alanguir, morose et lent dans chacun de ses gestes, dans une atmosphère de dégoût et un panache de poussière. Par le fenestron, il aperçoit la fontaine sur la place du marché. Le village semble être encore assoupi. A côté des vieilles latrines publiques, se dandine un vieux chat gris. Seul le boulanger est debout depuis quelques heures. Le soleil embrase timidement les montagnes environnantes, prêt à pénétrer le sein de la terre. Martin s’approche de l’ouverture, prend une profonde respiration, ferme les yeux et ne pense plus à rien. Il essaie de retrouver le fil de l’histoire qu’il a écrit dans sa tête la nuit précédente. Mais il a mal jusque dans sa chair. Aucun souvenir, quelques images ni plus ni moins, aucun mot. Pourtant il pensait avoir trouvé l’idée pour un roman, une bonne idée qui tenait la route, une histoire palpitante qui tiendrait le lecteur en haleine jusqu’au bout, le roman du siècle et non pas une imitation servile des autres Levy, Muso ou Gavalda. Il se voit déjà passer dans les grandes émissions littéraires et dédicacer ses livres sous le regard envieux de toutes les personnes qui l’ont fuit. Il recule, se prend les pieds dans un jouet brisé trainant sur le sol. Une vieille poupée. Celle de sa fille. Retour à la réalité. La vie ne l’a pas épargné. Il se replie à nouveau sur son existence vaseuse, aperçoit son stylo plume parterre, le récupère. Puis d’un geste irréfléchi, se plante la plume en plein cœur. Avant de tomber, il couchera enfin quelques mots sur la feuille de papier qui se teintera peu à peu d’un ton vermeil.   

 

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Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 16:52

Texte écrit selon la consigne d'Ecriture Créative, "Ecriture sur image"

 

http://www.mupinc.net/blog/wp-content/gallery/jacekyerka/jacek_yerka_twilightinthecupboard.jpg

 

Peinture de Jacek Yerka

 

 


 

Des breloques et des histoires

 

 

J’ai sorti du tiroir

Des breloques et des histoires,

Et de mes mains burinées

Sur un calendrier, les ai collées.

Un escargot passant par hasard

Et sorti de nulle part

Dépoussiéra le tout

Puis de sa bave, partout

Aspergea ces souvenirs

D’un délicieux élixir.

 

J’ai sorti du tiroir

Des breloques et des histoires,

Une tasse ébréchée,

Un morceau de pain oublié,

Une lampe de poche

A l’allure fantoche,

Un moulin à café

Une cuillère décomposée,

Des traces de vie,

Des morceaux choisis.

 

J’ai sorti du tiroir

Des breloques et des histoires,

Et de mes mains maladroites,

En ai fait une sonate.

Sur le vieux buffet une poire

Au milieu d’autres fruits illusoires

Se débattait dans le coulis

De mes ténébreuses nuits.

Puis j’ai pris mes clés

Et je m'en suis allée.

 

 Nanou, juillet 2010

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Publié dans : Courts récits (atelier d'écriture)
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