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Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

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Baudelaire et Mme Sabatier

Apollonie Sabatier (son vrai nom est en fait Aglaé Savatier), née de père inconnu et fille d’une lingère, démontre de nombreux talents, de miniaturiste, de cantatrice, mais s’élève surtout en tant que muse de nombreux artistes, par sa beauté exceptionnelle et fascinante. De 1844 à 1846, elle est le modèle du sculpteur Jean-Baptiste Clésinger, qui expose en 1847 un moulage de son corps, La Femme Piquée par un Serpent. Installée dans un appartement rue Frochot, elle reçoit chaque dimanche des artistes de renom. Parmi eux, les peintres Ernest Meissonnier, Charles Jalabert, Gustave Ricard, le sculpteur Auguste Préault, et les écrivains Gustave Flaubert, Maxime du Camp, Arsène Houssaye, Ernest Feydeau, Gérard de Nerval, Théophile Gautier… Ce dernier lui consacre sa Lettre à la Présidente en 1850, écrit mémorable de littérature érotique. 

   Si ces artistes et homme de lettres s’agitaient par des flatteries et mots « galants » autour de cette prestigieuse présidente, Baudelaire lui voue une admiration autrement plus spirituelle. Quand il lui adresse ses lettres, le poète choisit de garder l’anonymat. Ainsi, à partir de 1852 et jusqu’en1857, Madame Sabatier reçoit des poèmes d’un adorateur mystérieux, qui se révèlera être l’auteur des Fleurs du Mal. Au sein du recueil, on distingue un cycle « Madame Sabatier », dont les poèmes Tout entière, Que diras-tu ce soir, Le Flambeau Vivant, Réversibilité, Confession, L’Aube Spirituelle, Harmonie du Soir. 

  Dans le poème A Celle qui est trop Gaie, Baudelaire suggère à sa muse de lui infuser son venin… La pièce sera condamnée pour outrage aux bonnes mœurs lors du procès des Fleurs du Mal le 20 août 1857. Accablé par le « Cerbère Justice », le poète se dévoile enfin : 
   « Voilà la première fois que je vous écris avec ma vraie écriture. Si je n'étais pas accablé d'affaires et de lettres (c'est après-demain l'audience), je profiterais de cette occasion pour vous demander pardon de tant de folies et d’enfantillages [...] Tous les vers compris entre la page 84 et la page 105 vous appartiennent. » 
   Puis le 30 août 1857, ils deviennent amants pour une nuit. Et le poète se désintéresse peu à peu de son « ange plein de gaîté » : «  Il y a quelques jours, tu étais une divinité, ce qui est si commode, ce qui est si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant... »

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N
Jubelle, merci pour ce commentaire éclairé !<br /> Nanou
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N
Valentine, Baudelaire a nourri mes soirées d'ado, alors j'ai du mal à m'en séparer ! Mais c'est vrai que c'était un sacré énergumène !Nanou
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J
les poètes ses amis étaient meilleurs artistes que les peintres et sculpteurs.<br /> La conclusion de leur liaison par Baudelaire est un enseignement, on adore la Muse, on est vite désabusé de la femme ....à méditer<br /> <br /> Il était cependant bon poète bien que piètre amant<br />
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V
Comme quoi les juges n'avaient pas tout à fait tort... Même grand poète, Baudelaire était un drôle de coco, et j'avoue qu'il ne fait pas partie de mes "préférés"...
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