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La mort du poète
Quand j’irai par les landes rosées, sillonnant,
Comme une âme effarouchée au crépuscule
De ma vie, les terres arides aux quatre vents,
Des bribes de vers comme seul corpuscule,
Que je m’imbiberai de vos rêves secrets,
Oubliant que vos yeux apposés sur ces mots,
Jadis furent le cœur de mes nuits agitées,
Les percevant au loin comme un ultime écho,
Quand j’irai par les monts vallonnés, tournoyant,
Comme les feuilles pourprées, au zéphyr léger
Mon corps déjà putréfié, dans le soir naissant,
Auréolé d’un voile occulte et ramassé,
Que de mes cendres, renaitront incandescents,
Quelques vers chantant et d’autres plus ténébreux,
Dans un cortège que j’ose espérer, plaisant
Dans vos esprits sensibles et miséricordieux.
Quand j’irai...
Aurais-je tapissé suffisamment vos cœurs
D’encre ténébreuse, foisonnant de plaisir,
De vers captivants, pour qu’à jamais mon labeur
Traverse les siècles après mon dernier soupir ?
Anne, le 28.01.07
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