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Petit blog sans prétention sur mes centres d'intérêt, en particulier la littérature, la poésie, le dessin et l'Espagne

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Les amours de Pierre (de Ronsard)

Les Amours de Ronsard...

A en juger par les différents portraits trouvés ça et là sur le net, on ne peut pas dire que cet homme là était très attirant.. (j'ai pourtant choisi la photo qui me semblait la moins pire..) et malgré cela, il a eu trois grands amours.. qui l'ont fortement inspiré..
Cet article est donc la petite histoire des amours de Ronsard,
"Le prince des poètes, le poète des princes".


Cassandre

En avril 1545, RONSARD a 20 ans et rencontre à Blois, au cours d’un bal donné à la cour,  Cassandre SALVIATI, fille d’un banquier italien, qui a 13 ans. Le lendemain elle quitte la cour et Ronsard en garde un beau souvenir. Aussitôt rencontrée, aussitôt disparue, la jeune Cassandre va devenir l'être "inaccessible". Elle se marie l'année suivante avec le seigneur de Pré dont Ronsard était le cousin éloigné. Elle lui inspire "Les Amours", recueil de poèmes à la louange de sa bien aimée. (Étrange coïncidence, une autre Cassandre de la descendance de Cassandre SALVIATTI, se mariera à Guillaume de MUSSET, de la famille du poète Alfred de MUSSET). Son premier recueil "Les Odes" (1550) est imité de PINDARE. "Les Amours" lui font suite de 1552 à 1555, dans un style plus personnel et moins savant.

La première partie des "Amours" de RONSARD est dédiée à Cassandre. La fraîcheur de l’amour naissant côtoie la nostalgie du temps fugace dans une atmosphère champêtre comme par exemple dans ce poème :


"Prends cette rose, aimable comme toi
Qui sers de rose aux roses les plus belles,
Qui sert de fleur aux fleurs les plus nouvelles,
Dont la senteur me ravit tout de moi.
Prends cette rose, et ensemble reçois
Dedans ton sein mon cœur qui n’a point d’ailes,
Il est constant, et cent plaies cruelles
N’ont empêché qu’il ne gardât sa foi.
La rose et moi différons d’une chose
Un soleil voit naître et mourir la rose,
Mille soleils ont vu naître m’amour.
Ah ! je voudrais que telle amour éclose
Dedans mon cœur qui jamais ne repose,
Comme une fleur, ne m’eût duré qu’un jour."


Marie
En 1555, il renconte, lors d’une partie de chasse, Marie DUPIN, une jeune paysane de Bourgueil. Il est alors abbé commendataire de Bourgueil. Elle lui inspire le second livre des Amours, dont des sonnets à Marie. Voici un extrait de ce livre :


"Marie, levez-vous, vous êtes paresseuse,
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné
Dessus l’épine assis sa complainte amoureuse.
Sus debout ! allons voir l’herbelette perleuse.
Et sur votre beau rosier de boutons couronné,
Et vos œillets mignons auxquels aviez donné
Hier au soir de l’eau d’une main si soigneuse.
Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeux
D’être plus tôt que moi ce matin éveillée :
Mais le dormir que l’Aube aux filles gracieux
Vous tient d’un doux sommeil encor les yeux sillée,
Ça, ça ! que je les baise et votre beau tetin
Cent fois pour vous apprendre à vous lever matin."


Hélène

En 1565, il reçoit le prieuré de Saint Cosme, à La Riche , près de Tours. En 1570, il rencontre Hélène de Surgères, une des filles de la Cour de Catherine de Médicis pour qui il écrira 130 sonnets lui déclarant son amour. Elle vient de perdre dans la guerre civile , Jacques de La Rivière , capitaine, dont elle était éprise. La reine Catherine de Médicis invite le poète à la consoler. Entre elle et RONSARD s’installe une douce amitié amoureuse. Il écrit ses admirables sonnets à Hélène. Elle contribue à faire apprécier ses poèmes à la Cour. Voici l’un des plus connus :

"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, devisant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant,
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.
Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain :
Vivez, si m’en croyez, n’attendez pas demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie."

 

 

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